La justice américaine avait annoncé la libération, jeudi 7 septembre, de l’ancien officier de police Guy Philippe. Connu pour son rôle dans le coup d’État, qui a renversé l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, Guy Philippe a purgé l’essentiel de sa peine pour blanchiment d’argent lié au trafic de drogue aux États-Unis. Il pourrait désormais être expulsé vers Haïti, où on redoute son retour.
Son arrestation par les autorités américaines en Haïti en 2017, peu après son élection comme sénateur, avait fait grand bruit. Elle avait stoppé net son rêve d’ascension. Cet ex-soldat devenu cadre de la police a écrit une partie de l’histoire violente d’Haïti.
Suspecté de trafic de stupéfiants alors qu’il était officier de police, il s’en prend aux autorités. Accusé d’attaque contre l’Académie de Police et de tentative de coup d’État en 2001, jusqu’au renversement de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide en 2004.
À chaque fois, il sème la police haïtienne, et ce, jusqu’en 2017. La même année, il est condamné à neuf ans de prison aux États-Unis pour blanchiment d’argent provenant du trafic de drogues. L’ancien sénateur en a finalement purgé cinq ans et neuf mois. La libération anticipée de Guy Philippe inquiète.
L’homme a multiplié les messages sur les réseaux sociaux depuis sa prison, où il assurait vouloir revenir à la politique. Un diplomate américain en poste en Haïti au moment où Guy Philippe sévissait redoute ses ambitions à l’heure où Haïti connaît un regain de violences. « Il a encore de l’influence, des armes et rêve d’être un dictateur », assure ce diplomate dans le journal Miami Herald.
Crédits-Photos: Outre-mer la 1ère-France Info et Haïti-Reference.