Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a tenu une réunion de crise au Maroc, mercredi 5 août, avec de hauts responsables de l’organisation. Cette rencontre s’est déroulée à huis clos, loin de la presse. Gianni Infantino, candidat à sa réélection, est sous le feu des critiques après son projet d’ouvrir la Fifa aux investisseurs privés – projet auquel il a finalement renoncé face à la fronde du monde du football. Des révélations de la presse britannique sur cette réunion enfoncent le clou. Selon les informations du quotidien britannique The Times, Gianni Infantino a promis au Maroc d’accueillir la finale du Mondial 2030 en échange de son soutien lors d’une réunion de crise avec de hauts responsables de la Fifa ce mercredi au siège pour l’Afrique de la Fifa, près de Rabat.
Pour rappel, cette Coupe du monde 2030 doit se jouer dans trois pays : Maroc, Espagne et Portugal. Trois pays sont en concurrence pour accueillir la finale de cette compétition.
Gianni Infantino est pour l’instant seul candidat à sa réélection à la tête de la Fifa, mais il est largement discrédité depuis la polémique autour de son projet – abandonné depuis – d’ouverture de la Coupe du monde à des fonds privés.
Mais pour l’heure, il nage à contre-courant. Nombreux sont ceux qui ont pris leurs distances, à commencer par son conseiller principal, qui a démissionné vendredi, disant s’opposer « catégoriquement » aux projets de Gianni Infantino.
La puissante UEFA a, elle aussi, directement critiqué le président de la Fifa. Dans une tribune publiée par le Daily Mail ce mercredi, la légende du football portugais Luis Figo a asséné : « Infantino doit partir. »
Truth Social: Donald Trump au cœur d’une controverse après le lancement d’un abonnement payant à son réseau social Le président américain Donald Trump est à nouveau accusé de corruption après avoir lancé, via son réseau social Truth Social, un service payant donnant à certains investisseurs un accès anticipé à ses publications. Or, le chef de l’État utilise désormais cette plateforme comme un canal de communication officiel pour annoncer des décisions diplomatiques, militaires ou économiques susceptibles de faire Lancé samedi 1ᵉʳ août par Trump Media, dont Donald Trump est le principal actionnaire, le service baptisé Truth API (« Application Programming Interface »), annoncé mi-juillet, est destiné aux entreprises spécialisées dans le traitement automatisé des données.
Disponible sur abonnement – le site Axios évoque un tarif mensuel allant de 60 000 à 100 000 dollars (entre 52 000 et 87 000 euros) –, il promet un accès quasiment instantané aux publications de Donald Trump sur son réseau social, juste avant que le grand public n’en prenne connaissance. Selon le Wall Street Journal, cinq entreprises financières avaient souscrit à Truth API peu après son lancement.
Pour les sociétés spécialisées dans les transactions ultrarapides, recevoir ce type d’information un instant avant le reste du marché permet, en théorie, d’anticiper la réaction du marché et de gagner des millions, voire des dizaines de millions de dollars, en vendant ou en achetant des actions ou des matières premières. L’idée est de « donner aux investisseurs les plus rapides et aux algorithmes un avantage qui se mesure en fractions de seconde », explique Art Hogan, analyste pour le gestionnaire de fortune B. Riley Wealth Management, interrogé par l’Agence France-Presse (AFP).
Connu surtout comme un journaliste chevronné dans la communauté haïtienne de Montréal, éditorialiste de l’émission Konbit Flamboyant pendant 18 ans, Roger fut également écrivain. Il publie son premier roman, Les chevaux de bois, en 2005, dont les thèmes centraux (l’enfance, la famille, la société villageoise et ses multiples aspects) sont récurrents dans ses autres romans, Les Enfants de la Terre brûlée (2008), Amer Café (2013) et Le Dit de l’aïeul (2023).L’écriture d’Edmond s’inscrit dans une tentative d’explorer la réalité sociale haïtienne dans toute sa richesse culturelle. L’écrivain s’évertue à faire découvrir à la lectrice et au lecteur, dans une langue claire, un style ciselé, une réalité prégnante, constitutive d’une inconscience collective :
« Cette terre, ce pays recèle d’immenses trésors enfouis dans les méandres d’un imaginaire aux confins insondables, qui influe d’une manière ou d’une autre sur la vie de chaque jour dans ces villages baignés par la mer et fouettés par les grands vents de la mystérieuse Caraïbe. Ici tout est mélange confus : Dieu, les lwa, les saints, le commerce, l’amour, la jalousie, le pouvoir, la politique et le reste ».
Ce « mélange », ou plus précisément, cet entrelacement, entre des thèmes qui, en apparence, n’ont aucun point en commun, ne relève-t-il pas, en réalité, de ce courant littéraire que Jacques Stephen Alexis nommait à juste titre « le réalisme merveilleux » ?
Pour Alexis, « la culture est une communauté de psychisme, de goûts, de tendances, de concepts, s’exprimant dans tous les domaines de l’activité humaine, une communauté historiquement formée, plus ou moins nette, plus ou moins stable, une communauté résultant d’un héritage psychique et s’extériorisant par des œuvres de beauté et de raison » (Du réalisme merveilleux des Haïtiens).
L’œuvre romanesque d’Edmond puise sa richesse dans ce « psychisme collectif », qui prend forme dans une réalité complexe, où se fusionnent différents types de singularités : les « esprits », les « saints », les « lwa » sont des entités dont les « agissements » sont constitutifs de « l’amour », la « jalousie », le « pouvoir », la « politique », etc.
Cette fusion, si elle peut constituer un « obstacle » à la compréhension de la structure sociale, dans la mesure où elle crée un « nous collectif » imaginaire, faisant de la société haïtienne un bloc homogène, il n’en demeure pas moins qu’elle constitue une potentielle richesse culturelle.
L’œuvre littéraire d’Edmond émerge de cette matrice. Elle donne voix à des individus qui, historiquement, se trouvent à la marge de la société. La prise de parole n’est pas garante d’une possible conscience sociale, mais les interactions entre les personnages la rendent possible. L’œuvre d’Edmond rejoint, en ce sens, celle de Jacques Roumain et d’Edris Saint-Amand, bien que la langue soit nettement différente.
Chez Edmond, il y a également le souci « d’explorer » le « pays en dehors », plus précisément, ces villes et villages, baignés par la mer et plongés dans la vie agreste et rustique. Dans cet espace, s’entrecroisent différents personnages : Dieuveut, l’ami Pierrot, Boss Paul, messieurs Celin et Robès, tanneurs de leur état. Des personnages, qui sont situés à l’intérieur d’un ordre social qui assigne à chacun sa place.
Dans son dernier roman, Le Dit de l’aïeul, qui est, sans doute, le plus autobiographique de l’auteur, la femme joue un rôle central dans la construction du foyer et la reproduction de la vie :
« Ô mère courage ! Ô femme de conviction et de persévérance ! Que de fois je t’ai vue retrousser tes manches fragiles et affronter la nuit … Ma mère était une femme d’une grande foi et mon père était d’une grande espérance. La foi et l’espérance ont guidé leurs actions durant toute leur vie ».
L’aïeul incarne ici la mémoire nostalgique d’une enfance, non pas nécessairement joyeuse, mais témoin d’une vie familiale et villageoise marquée certes par la rigidité et le conformisme social, mais aussi imprégnée de mythes, d’histoires burlesques, le tout baigné dans une nature tropicale enchanteresse.
Toutefois, la mémoire n’est pas uniquement nostalgique, elle est également porteuse de traumatismes de l’époque de la dictature, celle de François Duvalier, époque que l’auteur prend soin de nous décrire dans plusieurs passages du roman.
Bien qu’il fît son entrée dans la littérature tardivement (il publie son premier roman en 2005 [2]), Roger Edmond, par le langage, la thématique, fait sans doute partie des écrivaines et écrivains de l’exil des années 1960, écrivaines et écrivains pour qui la mémoire du pays joue un rôle central dans la construction de l’œuvre littéraire.
Cette « posture » ne reflète pas une volonté de non-intégration dans la « société d’accueil », qui a sa propre réalité, mais plutôt de la nécessité d’une écriture, qui ne peut se constituer que par la mémoire incontournable d’un passé, qui continue de conditionner le présent.
D’autres auteures et auteurs, écrivaines et écrivains, et poètes, comme Joël Des Rosiers, Robert Berrouët-Oriol, Lenous Suprice, etc. inscrivent leurs œuvres littéraires (caractérisées par un symbolisme manifeste) dans une certaine continuité mémorielle de la réalité du pays d’origine, mais insistent sur la nécessité d’un dépassement s’inspirant de valeurs universalistes (voir, Joël Des Rosiers, Théories caraïbes).
Roger Edmond est resté toute sa vie un intellectuel engagé. Ses prises de position et son combat, en tant que journaliste dans la lutte pour la justice sociale et pour qu’advienne un État de droit en Haïti, se manifestent également dans ses romans, une œuvre qui s’inscrit donc dans les grands courant littéraires haïtiens qui, depuis le 19e siècle, ne cessent pomt d’interroger la réalité sociale du pays natal.