Aux Pays-Bas, le coronavirus attaque les visons

Inquiétudes aux Pays-Bas après la découverte de visons malades dans deux fermes d’élevage du sud du pays. Plusieurs animaux souffraient notamment de difficultés respiratoires. Pour les autorités néerlandaises, il s’agit du covid19. Par précaution, elles interdisent les transports d’animaux et de fumier depuis les étables concernées et ont bouclé les alentours aux passants.

Sur une petite route de campagne, un homme vêtu d’un gilet fluorescent vient de faire faire demi-tour à deux filles en rollers. « La mairie nous a envoyés ici pour bloquer le passage aux cyclistes et aux marcheurs en raison de la contamination des visons, un peu plus loin derrière moi. »

Derrière lui, se trouve en fait une immense étable. À l’intérieur, pas moins de 7 500 visons élevés pour leur fourrure. Selon les autorités sanitaires, plusieurs bêtes souffrent du Covid-19. Par précaution, un périmètre de 400 mètres a été bouclé autour de cette exploitation de Beek en Donk dans le Limbourg.

Pas de preuve d’une transmission du vison à l’homme

Sur son vélo, Alfons, 80 ans, s’est lui aussi vu refuser le passage. Il habite juste à côté. « Il y a trop d’animaux dans cette ferme. Ce n’est pas bien, ce n’est pas leur place. J’habite près d’ici et je me fais du souci. »

Une autre ferme de visons quelques kilomètres plus loin est, elle aussi, touchée. Pour l’instant, les autorités néerlandaises se veulent rassurantes. Rien n’indiquerait encore que les contaminations du bétail participent à la propagation du virus chez l’homme. Mais ici, dans le sud des Pays-Bas, l’inquiétude est bien réelle.

Le coronavirus affecte sérieusement les abattoirs de porcs et de bovins aux États-unis. Plusieurs sites d’abatages ont suspendu leurs activités en raison de la contamination de salariés. Une situation qui pénalise également les éleveurs.

Des géants américains de la viande comme Tyson Foods ou Smithfields ont mis à l’arrêt une partie de leurs abattoirs, d’autres travaillent au ralenti. Selon le syndicat qui représente les salariés du secteur, l’UFCW, treize sites de transformation de viande où travaillent 24 500 personnes ont suspendu leurs activités ces dernières semaines.

On constate globalement une baisse de 25 % des capacités d’abatage de porc et de 10 % pour les bovins sur le territoire américain. La principale raison de ces fermetures est la contamination ou suspicion de contamination au Covid-19 de nombreux salariés. Selon ce syndicat, 13 personnes travaillant dans les chaînes de transformation de viande sont mortes du Covid-19 et 5 000 autres seraient porteurs du virus.

Des répercussions multiples

Cette situation est lourde de conséquences pour les éleveurs américains qui ne peuvent plus vendre leur bétail. Elle inquiète aussi les éleveurs de porcs canadiens qui exportent leur cheptel vers les États-Unis. Face à une demande moindre des abattoirs, les éleveurs nord-américains de porcs commencent à baisser les prix ce qui pénalise leurs revenus et fragilise leur exploitation.

Des répercussions pourraient arriver en France. En effet, la filière française de transformation de porc s’inquiète. La Chine, la plus grande importatrice mondiale de viande de porc, pourrait faire pression sur les producteurs européens pour qu’ils baissent les prix en faisant jouer la concurrence américaine.

Autre inquiétude, selon les experts, si la liste des abattoirs américains en arrêt d’activité se prolonge et si cette situation continue au-delà du mois d’avril alors cela pourrait provoquer une pénurie de viande dans les magasins aux États-Unis. Ce n’est pas encore le cas du fait des stocks existants.

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