En Haïti, les usines textiles rouvrent malgré le coronavirus

Aucune mesure contraignante de confinement n’est en vigueur dans le pays de la Caraïbe où l’épidémie n’en est qu’à ses débuts. L’État n’a pas les moyens d’indemniser ses habitants dont la majorité survit déjà dans une extrême pauvreté. Fermées pour un mois, les entreprises textiles ont d’ailleurs été autorisées à reprendre leurs activités, en limitant néanmoins leur personnel présent dans les bâtiments.

La musique peine à se faire entendre sous le bruit des machines à coudre. Ghislaine est revenue travailler dans l’entrepôt de la société MBI, par pure nécessité économique. « Comme le président l’avait demandé, on est resté chez nous et on a vécu avec le peu d’économies qu’on avait. À cause de la maladie, je ne voulais pas trop revenir mais on est bien obligé », regrette-t-elle.

Le Premier ministre Joseph Jouthe a annoncé la réouverture des usines de textile, fermées depuis le 19 mars, à compter du lundi 19 avril. Mais tous les employés n’ont pas pu reprendre le travail, comme l’explique Yves Estival, le directeur des ressources humaines. « Ces espaces vides, nous avons des employés pour eux normalement, mais on ne peut les remplir car le Premier ministre ne l’a pas autorisé : il a dit seulement 30% du personnel », rappelle-t-il.

Une distanciation sociale difficile à respecter

Garder ses distances avec les autres personnes, c’est possible dans l’usine mais peine perdue dès la barrière du parc industriel franchie, comme dans les transports en commun, témoigne Evelyne Saintilien. « Je ne peux pas être seule à dire qu’il y a trop de monde dans le bus. Et si on exige d’être moins nombreux, le propriétaire du véhicule veut qu’on paie pour tous les passagers qu’il ne peut pas prendre. On n’a pas les moyens pour ça donc on est d’accord pour s’assoir collés aux autres », explique-t-elle.

Les mesures barrière de confinement et de distanciation sociale sont un luxe que ne peuvent se permettre la majorité des Haïtiens qui essaient néanmoins de se protéger : le port du masque commence à se répandre dans la capitale. Le pays a recensé mardi un quatrième décès causé par le coronavirus.

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