Coronavirus: la Russie, la Chine et Cuba au chevet de l’Italie

Alors que le nombre de décès ne cesse d’augmenter en Italie, le pays peut compter sur l’aide internationale venue aider le personnel soignant, épuisé par la crise du Covid-19.

Ce week-end, la Russie et Cuba ont envoyé des équipes médicales pour prêter main forte au personnel soignant en Italie. Le pays, fortement touché par le coronavirus, connaît une saturation des capacités de soins avec une contagion qui paraît hors de contrôle dans certaines régions. Au total, 5 476 personnes sont mortes du coronavirus dans le pays.

L’aide militaire russe

La Russie a annoncé dimanche  l’envoi d’une centaine de virologues militaires « expérimentés » en Italie. Un premier avion de l’armée russe est actuellement en route pour Rome. Ces spécialistes des épidémies et infirmières sont originaires de trois bases militaires russes.

Les communiqués du ministère russe de la Défense ne cessent de tomber dans les boîtes mail des correspondants à Moscou. La Russie apporte son aide militaire à l’Italie pour lutter contre le coronavirus et le Kremlin veut le faire savoir.

L’aide a été acceptée tard dans la soirée de samedi par l’Italie, lors d’une discussion téléphonique entre les ministres de la Défense des deux pays. La Russie va envoyer neuf avions et 100 militaires et spécialistes sur le sol italien. Le premier avion était attendu dans l’après-midi sur la base militaire de Pratica de Mare au sud de Rome.

La carte diplomatique du Kremlin

Le ministère de la Défense a communiqué sur les impressionnants CV des spécialistes envoyés dans la péninsule. Ils ont participé à l’élimination des pestes porcines en Afrique. Ils ont également travaillé à l’élaboration de vaccins contre Ebola et la peste. Aux cerveaux s’ajoutent du matériel médical, notamment des équipements permettant la désinfection des véhicules.

L’aide russe comme chinoise envers l’Italie n’ont rien d’anodines. En Russie, les autorités considèrent que la crise est sous contrôle, alors que les chiffres officiels sont remis en cause par de nombreux médecins. Mais face à une Europe en état d’urgence et à un Donald Trump qui peine à gérer la situation, le Kremlin joue une carte tout aussi diplomatique qu’humanitaire.

Le renfort venu de Cuba

Une brigade de médecins cubains vient d’arriver en Lombardie pour prêter main forte au corps médical italien surchargé face à l’épidémie de coronavirus. Fait rare pour être souligné, Cuba envoie dans le monde entier des médecins en mission solidaire, mais aussi afin de récupérer des devises étrangères, et en situation d’urgence, il s’agit de la première fois qu’un pays d’Europe, l’Italie, fait appel à ces médecins cubains.

Ils sont 52, uniquement des hommes, 49 ans de moyenne d’âge, à avoir quitté la Havane samedi pour rejoindre la Lombardie. Ces médecins et infirmiers, dont le départ pour cette mission est volontaire, resteront au moins trois mois en Italie et travailleront auprès de leurs homologues chinois et italiens dans le nouvel hôpital de Bergame.

Ces professionnels de santé cubains ont l’avantage de l’expérience, la plupart ont lutté contre l’épidémie d’Ebola en Afrique. Ce qui les motive ? Un profond sentiment de solidarité, assurent-ils. « Nous avons tous peur bien sûr, mais nous devons accomplir notre mission révolutionnaire, la peur nous la mettons de côté, nous nous ne sommes pas des super-héros dénués de peur, nous sommes des médecins de la Révolution », confie l’un d’entre eux.

L’Italie est le premier pays européen à demander l’aide médicale cubaine en temps de crise, et Cuba a également déjà envoyé plus de 300 professionnels de santé dans cinq pays des Caraïbes et d’Amérique centrale.

Sur place, certains Cubains s’interrogent : qui les soignera quand le nouveau coronavirus aura contaminé la population ? Pour l’heure, le ministère de la Santé fait état de 35 porteurs confirmés du Covid-19, un touriste italien décédé et 950 cas suspectés, en observation à l’hôpital.

Aucune mesure de confinement n’est prise pour le moment à Cuba : écoles, commerces et restaurants restent ouverts. Seules les frontières sont désormais fermées aux touristes, 60 000 sont actuellement évacués de l’île.

Des masques de protections envoyés par la Chine

Après avoir envoyé neuf experts médicaux et plusieurs tonnes de matériel le 12 mars dernier, la Chine continue elle aussi à venir en aide à l’Italie avec l’envoi de plusieurs centaines de milliers de masques de protection. Des masques chinois au cœur d’une polémique entre la péninsule et la République Tchèque.

Selon les médias italiens, 680 000 masques auraient été détournés par les Tchèques sous couvert d’une opération des douanes contre des trafiquants. Les autorités tchèques évoquent une méprise et assurent qu’il n’y aura aucune perte pour son voisin italien.

Coronavirus: l’Asie affronte une deuxième vague de contaminations

Des plages australiennes aux rues de New Delhi, à travers toute l’Asie, les autorités ont intensifié ce week-end leurs efforts pour ralentir le coronavirus. Une seconde vague de contaminations est enregistrée dans des régions qui pensaient l’épidémie sous contrôle.

Le coronavirus a coupé l’Asie en deux. D’un côté, les pays d’Extrême-Orient et d’Océanie, qui ont connu les bilans les plus lourds. De l’autre, l’Asie du Sud-Est et le sous-continent indien, qui voient leur nombre de cas augmenter de façon inquiétante. Au total, l’Asie a dépassé ce dimanche les 95 000 personnes contaminées, soit un tiers des cas de Covid-19 enregistrés dans le monde, selon un décompte de l’Agence France-Presse.

En dehors de la Chine, où plus de 80 000 personnes ont été contaminées après l’apparition en décembre du premier cas de nouveau coronavirus à Wuhan, la Corée du Sud est le pays d’Asie le plus touché avec plus de 8 500 cas.

D’où viennent les nouveaux cas ?

Dans les pays où l’épidémie semblait maîtrisée comme la Chine, les autorités font désormais face à une deuxième phase de contaminations, notamment liée aux personnes rentrant de l’étranger. Mais selon certains observateurs, le retour au travail de millions d’employés présente un autre risque.

À Hong Kong, où le pire semblait passé, le nombre de personnes contaminées a presque doublé la semaine dernière, de nombreuses personnes revenant dans le centre financier.

Singapour a interdit aux visiteurs de courte durée de se rendre dans cette cité-État densément peuplée, après une vague de cas importés qui a fait grimper à 432 le nombre total de personnes contaminées.

Après avoir fermé ses frontières aux non-résidents et aux étrangers, l’Australie, qui compte 1 300 cas, a demandé aux habitants d’annuler leurs déplacements à l’intérieur du pays.

Effondrement potentiel de systèmes de santé déjà fragiles

Alors que le nombre de personnes porteuses du Covid-19 en Chine n’a cessé de baisser ces dernières semaines, d’autres pays voient les bilans s’alourdir. La Thaïlande a enregistré ce dimanche une soudaine hausse, avec 188 nouveaux cas. Ce qui laisse planer des doutes sur les chiffres recensés par ses deux voisins, la Birmanie et le Laos, qui, eux, ne font état d’aucun cas.

Des mesures visant à restreindre les déplacements ont été prises dans différents pays comme la Malaisie, où l’armée a été déployée pour imposer le confinement.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé l’Asie du Sud-Est à mener une lutte « violente » contre cette épidémie, redoutant qu’elle ne conduise à l’effondrement de systèmes de santé déjà fragiles.

Bombe à retardement sanitaire

Plus encore, l’Asie du Sud est pour certains une bombe à retardement. Le Pakistan, où 300 personnes seraient porteuses du coronavirus, a suspendu tous les vols internationaux.

En Inde, des millions de personnes ont été soumises ce dimanche 22 mars à un couvre-feu national et « volontaire » à titre expérimental dans la lutte contre cette pandémie qui a déjà fait plus de 13 000 morts dans le monde. Le nombre de tests de dépistage a été augmenté dans ce pays d’1,3 milliard d’habitants, où 320 cas ont été recensés.

Un chiffre qui serait largement sous-estimé avec un nombre limité de personnes testées, explique ce Français installé à Calcutta: « Ici, la grande inconnue, ce sont les chiffres que l’on nous donne. Il y a ceux qui disent que l’épidémie parvient à être contenu en Inde, car le gouvernement a agi vite. Ça,  on ne peut pas le nier avec la fermeture rapide des écoles, des hôpitaux et des frontières. Mais il y a ceux qui disent que les chiffres sont très largement sous-estimés car il n’y aurait que 72 centres de dépistage en Inde pour une population d’1,3 milliard d’habitants. »

« Il y a beaucoup de rumeurs, mais il semblerait quand même que pour le moment l’épidémie a l’air d’être contenue », poursuit ce Français installé en Inde.

Coronavirus: l’Italie ferme les entreprises «non essentielles»

Pour tenter de mieux endiguer la propagation du Covid-19, le président du conseil italien Giuseppe Conte a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche 22 mars l’arrêt de « toute activité de production » qui ne serait pas indispensable pour garantir l’approvisionnement de biens essentiels à la population.

Gisueppe Conte l’a reconnu : c’est une « décision pas facile ». Son gouvernement a effectué un « pas supplémentaire » dans les mesures restrictives pour tenter d’endiguer la pandémie provoquée par le coronavirus. « On ne peut pas cacher la réalité qui est chaque jour sous nos yeux. C’est la crise la plus grave traversée par le pays depuis la Deuxième Guerre mondiale. »

Le président du Conseil n’a pas précisé la liste des activités considérées comme essentielles. Mais il a expliqué avoir « travaillé avec les syndicats pour faire une liste détaillée des filières les plus nécessaires au fonctionnement de l’État dans cette phase d’urgence ».

Cependant, Guiseppe Conte a tenu à rassurer : « on ralentit le moteur productif du pays, mais on ne l’arrête pas ». Ainsi, les pharmacies, les supermarchés et magasins d’alimentation, les services postaux, financiers et d’assurance, les transports continueront de fonctionner.

« Protéger les travailleurs »

Ces nouvelles annonces interviennent après de nombreux appels de responsables du nord du pays et de médecins pour lui demander de renforcer encore les restrictions imposées aux Italiens. « Le gouvernement a fait un choix très dur mais nécessaire pour protéger les travailleurs », a réagi le maire de Bergame Giorgio Gori, dont la province est la plus touchée en Italie avec celle de Brescia.

L’Italie paye un tribut effroyable à la pandémie, le plus lourd dans le monde, avec près de 5 000 morts, selon un bilan annoncé ce samedi soir. Près de 3 000 personnes restent en soins intensifs dans le pays.

Coronavirus: plus de 1000 morts en Espagne, où «les pires jours sont encore à venir»

La barre symbolique des 1 000 décès dus au coronavirus a été franchie en Espagne ce vendredi. Le nombre de personnes infectées s’approche des 20 000, soit près de 3 000 cas supplémentaires en une journée. Le nombre de morts a décuplé en sept jours. Pays parmi les plus touchés d’Europe, l’Espagne se prépare à affronter « les jours les plus durs » de la pandémie.

La majorité des malades se trouve à Madrid, viennent ensuite la Catalogne et le Pays basque. La moitié des personnes infectées a été hospitalisée. 1 sur 10 est en réanimation. Pour faire face à l’explosion des cas, des milliers d’étudiants en médecine et des médecins ou infirmiers à la retraite ont été appelés en renforts.

Mais les professionnels de la santé dénoncent un manque de moyens, de masques chirurgicaux notamment. L’Ordre des médecins évoque une la situation « insoutenable » pour les soignants. Le ministre de la Santé a promis quelque 300 000 masques très rapidement. Ils doivent arriver d’Allemagne. Les autorités ont aussi reconnu que l’Espagne manquait de kits pour effectuer des tests de dépistage du Coronavirus. 

Certains services d’urgences étant saturés, la Société espagnole de médecine intensive a recommandé de « prioriser » les patients ayant « la plus grande espérance de vie ».  « Les pires jours sont encore à venir », a prévenu le ministre de la Santé Salvador Illa. 

L’armée est mobilisée à Madrid pour transporter les corps des victimes, chaque jour plus nombreuses. Dans la capitale espagnole, les pavillons de la Foire commerciale vont accueillir 5 500 lits supplémentaires. A Barcelone, elle, un pavillon de sa foire commerciale et des appartements touristiques serviront à loger ses sans-abri.

Coronavirus: Cuba ferme ses frontières aux non-résidents

Cuba a annoncé vendredi 20 mars la fermeture de ses frontières aux non-résidents en raison de la pandémie de coronavirus, après avoir tenté ces derniers jours de préserver au maximum son activité touristique, moteur de l’île. «Nous allons réguler l’entrée aux frontières du pays, en n’autorisant que l’entrée des résidents à Cuba», a annoncé à la télévision le président Miguel Diaz-Canel, après avoir fait état d’un nouveau bilan de la maladie sur l’île, avec 21 cas dont un décès, celui d’un touriste italien.


Coronavirus: la Roumanie poursuit en justice ceux qui ne respectent pas la quarantaine

15 ans de prison, c’est ce que le gouvernement roumain prévoit pour toute personne dont le comportement incivique aura causé la mort d’une tierce personne dans le contexte du coronavirus. Les autorités redoutent que le virus ne se propage avec le retour de la diaspora au pays.

Il y a relativement peu de cas de coronavirus pour le moment en Roumanie. Seules 277 personnes ont été contaminées, pour zéro décès. Ce qui n’empêche pas les autorités de durcir le ton et de prévenir les comportements inciviques durant la pandémie.

Une ordonnance d’urgence prévoit désormais que toute personne se sachant contaminée et ne respectant pas les mesures sanitaires officielles encourt 15 ans de prison s’il s’avère que son comportement a provoqué un décès. Des peines lourdes sont également prévues pour ceux qui cacheraient le fait d’avoir le virus ou ne respecteraient pas l’obligation de se mettre en quarantaine.

Le texte, à l’effet immédiat, fait suite à de nombreux cas de personnes n’ayant pas respecté les recommandations de mises en quarantaine. C’est le cas d’un sénateur de la majorité qui a contaminé plusieurs de ses collègues lors d’une réunion de son parti. L’individu se voit ainsi poursuivi au pénal.

La crainte du retour d’Italie pour Pâques

Malgré le peu de cas dans le pays, beaucoup redoutent une forte propagation du virus dans les semaines à venir. Plus d’un million de Roumains vivent en Italie et ils sont nombreux à être rentrés à la va-vite au pays depuis le déclenchement de la crise.

Peu d’entre eux ont été testés ou ont respecté une quarantaine. Inquiet, le président Klaus Iohannis a appelé la diaspora, 4 millions de personnes au total, à ne pas tenter de rentrer au pays dans les prochaines semaines, notamment pour fêter la Pâque orthodoxe le 19 avril prochain.

Coronavirus: le Brésil interdit l’entrée aux Européens et Asiatiques

Le Brésil a annoncé jeudi la fermeture à partir de lundi de ses frontières aux ressortissants venus d’Europe, d’Australie et de plusieurs pays asiatiques, pour lutter contre l’épidémie de coronavirus.

Coronavirus: aucun nouveau cas d’origine locale en Chine, 34 importés de l’étranger

La Chine n’a rapporté jeudi aucune nouvelle contamination d’origine locale au coronavirus, une première depuis le début de l’épidémie, mais les autorités sanitaires ont fait état de 34 cas importés supplémentaires, le plus souvent de Chinois rentrant de pays particulièrement touchés.

Coronavirus: 4 095 amendes mercredi en France pour non-respect des règles du confinement (Christophe Castaner)

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