Au Chili, les manifestants continuent de mettre la pression sur le gouvernement

Des milliers de personnes étaient de nouveau réunies mardi soir pour protester contre les inégalités et demander de meilleurs services publics. Les manifestants ne sont pas satisfaits du nouveau gouvernement présenté lundi par le président Sebastian Piñera.

De nouveaux heurts ont éclaté dans les rues mardi soir, et la police a plusieurs fois empêché les manifestants de se déplacer sur la principale avenue de la capitale. Rendez-vous avait été donné près du palais présidentiel de la Moneda, mais le quartier était bouclé par la police. Sous les tirs de gaz lacrymogènes, les manifestants se replient vers Plaza Italia, traditionnel point de départ des manifestations.

Tatiana Bravo, 52 ans, est venue manifester avec ses enfants. Les yeux rougis par le gaz, elle repart déçue et en colère : « Je me sens terriblement impuissante parce qu’on n’a pas pu manifester tranquillement ou rejoindre le cortège. On a été réprimés avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau », rapporte-t-elle.

Blessé par des tirs au plomb

Quelques minutes plus tard, un observateur de l’Institut chilien des droits de l’homme, un organisme public indépendant, reçoit des tirs au plomb de la part des forces de l’ordre. Son pronostic vital n’est pas engagé, mais il doit être admis aux urgences.

Ces tirs sont « intolérables » selon le directeur de l’institut des droits de l’homme, Sergio Micco : « Souvent, dans des manifestations au cours desquelles il n’y a pas de débordements, il y a des tirs et dans ce cas il y a eu des tirs nourris contre un observateur de l’Institut des droits de l’homme qui évidemment n’était en train de commettre aucun acte de violence », confirme-t-il.

Selon lui, depuis le début des manifestations il y a deux semaines, au moins 1 200 personnes ont été blessées, notamment par des armes à feu ou des billes de plomb tirées par les forces de l’ordre.

Crise en Bolivie: le gouvernement propose un audit électoral à Carlos Mesa

Depuis une semaine, la contestation prend de l’ampleur après la réélection controversée du président Evo Morales. L’opposition demande l’annulation du scrutin et manifeste dans plusieurs villes du pays. 

Blocages, manifestations et altercations… Le conflit, qui divise la société bolivienne entre soutiens du président au pouvoir depuis 2006 et l’opposition, s’amplifiait mardi, après la journée de lundi qui a enregistré plus d’une trentaine de blessés dans trois villes du pays, Santa Cruz, Cochabamba et La Paz.

Après avoir gagné lundi la capitale du pays, les tensions se sont déplacées mardi vers Cochabamba, dans le centre, bastion électoral du chef de l’État. Les affrontements entre mineurs acquis à la cause du président socialiste et opposants à Evo Morales ont fait de nombreux blessés, selon des médias locaux.

L’ONU appelle à la pacification

Les Nations unies ont réagi mardi, appelant à la « pacification immédiate » et exprimant leur « profonde préoccupation après les actes graves de violence en divers endroits du pays et(…) les affrontements entre civils ».

Mardi 29 octobre au matin, le vice-président Alvaro Garcia Linera a invité Carlos Mesa à participer à un « audit » électoral mené par l’Organisation des États américains (OEA) afin d’ « éclaircir les doutes » sur « une supposée fraude » et ainsi calmer le jeu.

Carlos Mesa invité à prendre part à un audit électoral

« De la manière la plus transparente, la plus sûre et la plus confiante possible en la souveraineté du peuple, nous avons demandé un audit international. Nous avons invité l’Organisation des États américains et nos pays frères, afin de lever le moindre doute propagé par la campagne malintentionnée du candidat malheureux à l’élection, du candidat d’opposition perdant, qui refuse d’accepter la décision souveraine du peuple bolivien. Et pour donner corps dans les prochaines heures, les prochains jours, à cet audit international, nous souhaitons aujourd’hui demander à M. Carlos Mesa, le candidat perdant, qu’il participe à l’audit que va mener l’OEA, accompagnée du Mexique, du Paraguay, du Pérou et d’autres pays frères », a déclaré Alvaro Garcia Linera.

L’opposition, qui dénonce « une fraude électorale » et réclame l’annulation du scrutin, a décrété une grève générale débutée mercredi qui paralyse au moins deux villes, Potosi et Santa Cruz, capitale économique et bastion de l’opposition.

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