Les élues démocrates Rashida Tlaib et Ilhan Omar sont interdites d’entrée en Israël. Leur emploi du temps stipulait leur intention de se rendre exclusivement dans les Territoires palestiniens. La décision israélienne a visiblement été influencée par un appel du président américain et elle pourrait avoir des conséquences sur les relations entre Israël et le parti démocrate américain.

C’est le ministère israélien de l’Intérieur qui a officiellement indiqué que les deux parlementaires américaines ne pourront pas entrer en Israël. Une décision qui fait suite à plusieurs jours de débats sur cette visite des deux élues de la Chambre des représentantsIlhan Omar et Rashida Tlaib.

Jusqu’à présent une vingtaine de militants du mouvement de boycott BDS ont été interdits d’entrée en Israël. Mais c’est la première fois qu’il s’agit de membres du Congrès américain.

« Que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sous la pression de Donald Trump, refuse l’entrée [en Israël et dans les Territoires palestiniens] de deux représentantes de l’Etat américain, représente un affront », a rétorqué Ilhan Omar.

De son côté, le lobby pro-israélien Aipac, d’ordinaire proche de l’administration Trump, s’est distancié de cette décision : « Tout membre du Congrès devrait être en mesure de se rendre chez notre allié démocratique Israël pour le découvrir en personne. »

Cette décision, estime la majorité des commentateurs, aura des répercussions sur les relations entre Israël et les démocrates américains. Mais elle ne peut que jouer en faveur de Netanyahu dans le cadre de la campagne électorale pour les législatives du mois prochain.

« Comportement indigne d’un président »

Interrogé cette nuit sur son intervention contre Ilhan Omar et Rachida Tlaib, Donald Trump assume. « Si c’était une autre époque, ou d’autres personnes, elles auraient été condamnées pour leurs propos, a soutenu le président américain. Elles ont dit les pires choses que j’ai jamais entendues sur Israël. Comment Israël pourrait les accueillir ? »

Un peu plus tôt, le président américain appelait Benjamin Netanyahu à agir ajoutant que ce serait « un signe de faiblesse d’accepter la venue des deux élues démocrates ».

Côté démocrate, Nancy Pelosi a dit regretter la position d’Israël. La présidente de la Chambre des Représentants a aussi critiqué le rôle joué par Donald Trump, parlant d’un « comportement indigne de la part d’un président ».

Des critiques se sont fait également entendre chez certains élus républicains et même au sein des organisations et lobbys pro-israéliens, qui y voient une erreur.

Pour certains commentateurs, Donald Trump vient là de franchir une nouvelle ligne rouge. Aucun président américain n’avait encore poussé un pays allié à agir contre les membres de son propre Congrès.

Farouches critiques de Donald Trump au Congrès, connues pour leur positions pro-palestiniennes, en faveur du boycott d’Israël, les deux élues devaient se rendre en Israël ce dimanche 18 août pour une tournée dans les Territoires palestiniens.

La diplomatie israélienne avait recommandé d’autoriser la visite. La volte-face fait suite un appel lancé par le président américain Donald Trump. Nous sommes ouverts aux critiques, a souligné le Premier ministre Benyamin Netanyahu, mais pas au boycott.

« Il y a une chose que la loi ne nous permet pas de faire. Nous ne sommes pas prêts à recevoir dans notre pays des gens qui appellent à boycotter Israël, qui œuvrent en fait à délégitimer l’État juif », a déclaré le chef du gouvernement israélien.

Des forces chinoises rassemblées près de Hong Kong

Pékin a laissé planer ces derniers jours le spectre d’une intervention pour rétablir l’ordre à Hong Kong, après deux mois de manifestations. 

Des forces chinoises, appartenant apparemment à la police militaire, étaient rassemblées jeudi dans un stade de Shenzhen, la métropole située aux portes du territoire autonome de Hong Kong, a constaté un journaliste de l’AFP. 

Les hommes en treillis, qui pourraient être plusieurs milliers, étaient entourés de camions et de blindés de transport de troupes. Le journaliste de l’AFP a vu les hommes défiler en rangs serrés et s’entraîner à la course à pieds, alors que d’autres circulaient à moto à l’extérieur du stade, situé à moins de 7 km de la frontière hongkongaise. La raison de leur présence au stade n’était pas connue.

La Chine accuse Hong Kong d’actes « quasi-terroristes »

Après deux mois de manifestations à Hong Kong en faveur de la démocratie, Pékin a laissé planer ces derniers jours le spectre d’une intervention pour rétablir l’ordre dans l’ex-colonie britannique. Des vidéos de convois militaires se dirigeant vers Shenzhen ont été diffusées par les médias d’État.

Alors que certaines manifestations ont pris un tour violent, le régime communiste a accusé mercredi des contestataires honkgongais de commettre des actes « quasi-terroristes ». Hong Kong a été restitué à la Chine en 1997 mais le territoire de 7 millions d’habitants conserve un statut spécial, avec un gouvernement en principe autonome et une monnaie différente du yuan chinois.

L’armée chinoise, qui dispose d’une garnison de plusieurs milliers d’hommes à Hong Kong, n’est pas censée se mêler des affaires du territoire mais elle peut être amenée à le faire sur demande des autorités locales.

Donald Trump lie les discussions commerciales avec la Chine à la crise à Hong Kong. Le président américain a lié mercredi les négociations commerciales entre Washington et Pékin à la résolution de la crise qui secoue Hong Kong. « En Chine, des millions d’emplois disparaissent pour aller dans des pays qui ne sont pas sujets aux taxes douanières. Des milliers d’entreprises quittent le pays. Bien sûr que la Chine veut passer un accord (avec les États-Unis, ndlr). Qu’ils travaillent avec humanité avec Hong Kong d’abord! », a-t-il écrit.

États-Unis : six policiers blessés lors d’une fusillade à Philadelphie

Au moins six policiers ont été blessés mercredi dans une fusillade à Philadelphie. Le suspect n’a toujours pas été interpellé. 

Six policiers ont été blessés par balle mercredi à Philadelphie, aux États-Unis, et un tireur restait retranché dans un immeuble après plusieurs heures d’affrontements avec les forces de l’ordre. Le commissaire de la police de Philadelphie, Richard Ross, a précisé lors d’une conférence de presse que la vie d’aucun des policiers blessés n’était en danger.

Deux policiers qui à un moment étaient bloqués dans un immeuble où se trouvait le tireur ont finalement été libérés. L’incident avait commencé comme une affaire de drogue, a précisé Richard Ross. Initialement, le suspect tirait par une fenêtre et les policiers ripostaient.

Le maire appelle à « enlever les armes de la rue »

Vers 22 heures mercredi (4 heures en France jeudi), les policiers s’efforçaient de convaincre le tireur de sortir sans violence du bâtiment, et le commissaire Ross a indiqué que l’homme semblait avoir cessé de tirer.

Le maire de Philadelphie, Jim Kenney, a fait l’éloge de la police de la ville, mais il a mis en cause les responsables politiques pour l’absence de mesures tendant à limiter la violence par armes à feu. « Les autorités, aussi bien au niveau fédéral qu’au niveau de l’État, ne veulent pas faire quoi que ce soit pour enlever les armes de la rue », a-t-il déclaré à la presse.

Canada : Trudeau a enfreint la loi sur les conflits d’intérêts et « assume la responsabilité » de ses « erreurs »

Le commissaire à l’éthique canadien a affirmé mercredi que le Premier ministre du pays, Justin Trudeau, avait enfreint la loi sur les conflits d’intérêts dans l’affaire SNC-Lavalin. Il a dit « assumer la responsabilité » de ses « erreurs ».

S’il a toujours nié avoir mal agi, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a enfreint la loi sur les conflits d’intérêts dans l’affaire SNC-Lavalin, selon le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Mario Dion, qui publie ce rapport à quelques mois des élections législatives.

« J’assume la responsabilité des erreurs que j’ai faites », a déclaré Justin Trudeau lors d’une conférence de presse. « Même si je suis en désaccord avec certaines de ses conclusions, j’accepte pleinement ce rapport et assume la responsabilité de ce qui s’est passé ».

La polémique relancée autour de Trudeau ?

Selon ce rapport, Justin Trudeau a tenté de faire pression sur son ex-ministre de la Justice dans une procédure judiciaire visant la société SNC-Lavalin. Ce rapport, rédigé par un haut-fonctionnaire indépendant relevant du Parlement, risque de relancer la polémique sur ce scandale qui a secoué le gouvernement libéral de Justin Trudeau en début d’année.

Le Premier ministre canadien et son entourage avaient été accusés par l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould, qui est également procureure générale, d’avoir exercé sur elle des pressions « inappropriées » pour éviter un procès criminel au géant de l’ingénierie SNC-Lavalin, ce qu’elle a refusé de faire.

Un comportement « à l’encontre des principes constitutionnels »

« La position d’autorité dont bénéficient le Premier ministre et son Cabinet ont servi à contourner, à miner et finalement à tenter de discréditer la décision de la directrice des poursuites pénales ainsi que l’autorité de Jody Wilson-Raybould », a estimé dans un communiqué Mario Dion, commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique.

L’entourage de Justin Trudeau a ainsi « demandé de façon irrégulière à la procureure générale de tenir compte d’intérêts politiques partisans dans cette affaire, ce qui va à l’encontre des principes constitutionnels bien établis encadrant l’indépendance du poursuivant et la primauté du droit », précise le communiqué.