Gonave sur la carte

La Gonâve est une île située entre deux bras de mer qui se rejoignent dans la baie de Port-au-Prince, à l’est de l’île : le « canal de Saint-Marc » sur sa côte septentrionale, et le « Canal de la Gonâve » (ou «Canal du Sud ») sur sa côte méridionale.

Géographie

D’une superficie de 689,62 km², elle s’étend sur une longueur de 60 km pour 15 km de largeur.
Son relief est montagneux avec :

  • – d’une part, une chaîne principale, sud-orientale, culminant au morne la Pierre à 778 m d’altitude, le point le haut de l’île ;
  • – d’autre part, une série de plateaux superposés au Nord-Ouest, culminant à 370 m ;
  • – entre les deux, une plaine baptisée « Deux Baleines » accidentée de collines.

La chaîne principale, orientée parallèlement dans l’axe principale de l’île, c’est-à-dire direction Est-Sud-Est et Ouest-Nord-Ouest. Celle-ci est dissymétrique avec un large flanc Nord formé de plateaux emboîtés sillonnés par des ravines, tandis que le flanc Sud plonge rapidement vers la mer. Le point culminant de l’île se trouve dans la partie sud-est de l’île.
Les côtes de l’île, d’une longueur de 170 km sont formées pour moitié par une mangrove s’établissant sur une côte plate formée d’alluvions délimitant parfois des lagunes. L’autre moitié est constituée soit de plages sableuses fin et de galets (65 km), soit de côtes rocheuses avec des falaises (35 km).

Démographie

La Gonâve est peuplée de 79 188 habitants (recensement par estimation de 2009), dont la moitié est localisé dans la seule « ville de l’Anse-à-Galets », principale agglomération de l’île avec 39 783 habitants (le territoire communal de cette dernière comptant 56 890 habitants selon le même recensement, soit plus de 70 {4dc923cd63e751b42aa703ccc2cfc295a40edc50c57eadfcd3f2310cf389fcf9} de la population insulaire).

Population totale : 79 188 habitants
Nombre d’hommes : 40 075 hommes
Nombre de femmes : 39 113 femmes
Nombre de ménages : N.A.
Population de 18 ans et plus : 42 173 habitants
Population totale en 1982 : N.A.
Densité : 114,83 habitants/km²
Nombre moyen de personnes par ménage : N.A.
{4dc923cd63e751b42aa703ccc2cfc295a40edc50c57eadfcd3f2310cf389fcf9} de la population ayant 18 ans et plus : 53,26 {4dc923cd63e751b42aa703ccc2cfc295a40edc50c57eadfcd3f2310cf389fcf9}
Évolution de la population : N.A.

Organisation administrative

La Gonâve constitue un arrondissement du département de l’Ouest, et est composé de deux communes :
Anse-à-Galets
Pointe-à-Raquette.

Histoire

L’île de la Gonâve a été le dernier refuge des amérindiens taïnos en Haïti. C’est à la suite du massacre de la reine Anacaona par les conquistadors que les rescapés de sa cour viennent se réfugier sur l’île et la baptisent Gonavo.
Au cours de la deuxième moitié du xixe siècle, l’île commence à attirer des pêcheurs, puis peu de temps après, l’agriculture commence à apparaître.
À l’époque de l’occupation d’Haïti par les États-Unis, La Gonâve était divisée en sociétés Congo travaillant et vivant ensemble. C’est un officier américain, Faustin Wirkus qui fut choisi comme roi de l’île par la population dans les années 1920. Il a raconté son histoire dans un ouvrage très contesté : « Le roi blanc de la Gonâve ».
En 1976, un cyclone ravage le sud d’Haïti et de nombreux survivants viennent s’installer sur l’île comme agriculteurs.
Le 8 septembre 1997, l’embarcation « Fierté Gonavienne » effectuant la traversée entre Anse-à-Galets et les environs de Cabaret coule, avec à son bord plus de 500 passagers. L’accident est considéré comme le plus grand désastre maritime d’Haïti depuis celui du « Neptune » en 1993 qui avait fait 276 morts et 800 disparus.
En 2004, les gonâviens descendent dans la rue pour demander leur sécession de la république d’Haïti. Le mouvement a été étouffé dans l’œuf par les membres du gouvernement du président Jean-Bertrand Aristide.
Le séisme du 12 janvier 2010 qui a ravagé Port-au-Prince a provoqué l’afflux de plus de 40 000 personnes venues de la capitale.

Économie

L’île souffre d’un retard de développement par rapport au reste du pays, notamment du fait que La Gonâve manque d’infrastructure dans tous les domaines.
Ainsi, cette grande île ne possède qu’un port rudimentaire dénommé Zetwa situé au nord-ouest, tandis que celui de Anse-à-Galets est également mal équipé.
L’état de délabrement des routes est criant, puisque celles-ci sont le plus souvent en terre battue et en mauvais état. Cela se répercute sur le coût du transport, aggravant ainsi les effets de la cherté de la vie, même pour les produits locaux. Les prix des produits de première nécessité accusent une différence significative par rapport à ceux pratiqués dans la capitale haïtienne.
De plus, l’île fait face à une importante pénurie d’eau, puisque dans les régions reculées, il n’existe que les sources qui, à la saison sèche (de décembre à mai), viennent parfois à se tarir. Le service public d’eau potable (SNEP) est absent de La Gonâve. Les habitants des bourgs d’Anse-à-Galets et de Pointe-à-Raquette ont seuls le privilège de pouvoir s’approvisionner en eau grâce à des fontaines publiques.
Les équipements et les services sont également embryonnaires, soit inexistants : Pour 120 000 habitants, l’île ne dispose que d’un seul médecin en santé publique, et trois centres de santé non équipés (l’un à Pointe-à-Raquette, l’autre uniquement à vocation hospitalière est implanté à Anse-à-Galets, tandis le dernier à Palma ne dispose d’aucunes structures). Il n’y pas d’université, aucune usine d’électricité, et encore moins d’infrastructures de télécommunication.
Les besoins en matière de justice et de sécurité sont également importants : Pourtant La Gonâve ne manque pas d’atout pour amorcer son développement : Outre un gisement de pétrole découvert il y a quelques années dans les sédiments marins entre 6000 à 7000 mètres de profondeur dans le Canal de la Gonâve et spécifiquement dans la baie de Rochelois, l’île dispose d’un potentiel touristique important.