Les déplacés internes, victimes silencieuses de la pandémie de coronavirus

Près de 51 millions de déplacés internes dans le monde, à cause des conflits et des catastrophes. C’est du jamais-vu selon l’Observatoire pour les situations de déplacement interne. La majorité se trouve en Syrie, en Colombie, en RDC, au Yémen et en Afghanistan.

Suspension des campagnes de vaccination, ralentissement des livraisons de matériel et de nourriture. L’Observatoire pour les situations de déplacement interne (IDMC) s’inquiète que ces populations soient les victimes silencieuses de la pandémie de coronavirus, notamment à cause de la réduction de l’aide humanitaire.

La pandémie de Covid-19 a déjà créée une crise de l’aide humanitaire. La directrice de cet observatoire, Alexandra Bilak, redoute par exemple les conséquences de la fermeture des écoles dans les camps de déplacés.

« Encore une fois, nous, on s’inquiète de nos enfants qui ne vont pas à l’école en ce moment. Imaginez des enfants qui ont été déscolarisés systématiquement à cause d’années de guerre et qui maintenant vont être déscolarisés à cause du Covid, ça a des effets boule de neige » , constate-t-elle.

Camps de réfugiés

Et c’est bien le danger à long terme. En plus du risque de voir le virus se déclarer dans des camps surpeuplés comme en Syrie et au Bangladesh. Si les humanitaires n’avaient plus les moyens de maintenir leurs programmes auprès des déplacés, ces derniers pourraient bien devenir totalement invisibles aux yeux du reste du monde.

« Si nos partenaires ne sont plus capables de faire ce travail aujourd’hui, il n’y aura plus de statistiques l’année prochaine. Donc, la situation risque d’évoluer pour le pire dans les prochains mois. Et pourtant, notre capacité là-dessus aura diminué, et ça me fait peur », poursuit Alexandra Bilak.

Et des ONG comme Médecins sans frontières (MSF) ont déjà dû revoir à la baisse leurs missions auprès des déplacés au Nigeria et en RDC. La pandémie a même fait augmenter le nombre de déplacés dans des régions en conflit, comme au Sahel, où les fermetures de frontière pour raison sanitaire ont empêché des personnes de se réfugier dans les pays voisins.

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