Partout dans le monde les fabricants d’éthanol subissent de plein fouet l’effondrement de la demande pétrolière, lié au confinement, face au coronavirus. La consommation accrue de gel hydroalcoolique est très loin de compenser les pertes du secteur.

Les fabricants d’éthanol à base de sucre ou de céréales ont réorienté leur production pour aider les hôpitaux et les pharmacies à se fournir en gel hydroalcoolique, une denrée devenue rare depuis l’apparition du Covid-19. En France, un changement express de la réglementation a permis aux géants du sucre Tereos et Cristal Union de produire de l’alcool de qualité pharmaceutique à partir de leur sirop de sucre. Aux États-Unis les fabricants d’éthanol à base de maïs s’y sont mis à leur tour. Ils fournissent les usines de gel hydroalcoolique, dont la consommation a triplé dans le pays.

Les gels hydroalcooliques : 1 % seulement du marché de l’éthanol

Mais les quantités d’éthanol écoulées vers ce marché pharmaceutique sont négligeables par rapport à celui des biocarburants, qui lui, s’effondre. Les gels hydroalcooliques pèsent moins de 1 % sur le marché de l’éthanol. Ils n’empêchent donc pas le secteur de subir de plein fouet la quasi-disparition du trafic routier, face à l’épidémie.

Le trafic routier à l’arrêt pèse beaucoup plus

Étant donné que l’on a un minimum de 10 % d’éthanol dans l’essence selon les pays, on observe une chute de la consommation d’éthanol de 30 % en Europe, de 50 % au Brésil, de 65 % aux États-Unis, où le prix de l’éthanol est passé de 1,4 dollar le gallon à moins de 0,9 dollar en quelques semaines. Les stocks américains d’éthanol sont à leur plus haut niveau de l’histoire, l’équivalent de 25 millions de barils.

Fermetures probablement définitives d’usines

Le conflit commercial entre Washington et Pékin avait déjà porté un coup à ce secteur, avec la fin des exportations d’éthanol vers la Chine. La rupture de l’alliance entre l’Opep et la Russie avait ensuite entraîné le prix des carburants vers le bas. Le coronavirus provoque désormais la fermeture d’usines d’éthanol qui ne se relèveront pas.

Les cours du maïs en baisse contrairement aux autres céréales

À noter qu’en amont, les producteurs de maïs, la matière première de l’éthanol aux États-Unis sont les seuls à voir le cours de leur céréale piquer du nez à la bourse de Chicago, alors que les cours du blé et du soja redressent la tête face à une demande alimentaire mondiale en hausse.



14 semaines de rotations, 600 millions de masques, le colossal pont aérien entre la France et la Chine

La France va importer en urgence 600 millions de masques depuis la Chine dans un pont aérien inédit entre les deux pays. Le premier avion-cargo doit décoller le 29 mars.

Le 29 mars prochain un avion-cargo va décoller de la région de Shenzhen dans le sud de la Chine en direction de la France. Sa cargaison de ne sera pas constituée de produits électroniques comme c’est souvent le cas pour les vols en provenance de cette région chinoise, mais de masques chirurgicaux et FFP2, comme l’indique Le Monde. Au total, ce premier vol transportera 10 millions de ces masques dont la France manque cruellement dans cette pandémie de coronavirus. Un autre vol est prévu le 31 mars avec la même cargaison. Puis des dizaines d’autres. Au total, la France va ainsi faire venir de Chine pas moins de 600 millions de masques et de nombreux appareils respiratoires.

« Nous avons prévu des avions-cargos qui iront en Chine chercher les masques. Ils sont prévus, ils sont affrétés, on peut évoquer l’image du pont aérien. De fait, c’est ce qui va se passer », assurait ainsi ce mercredi au Sénat le Premier ministre Edouard Philippe. L’Etat a ainsi passé en urgence des marchés d’affrètement pour lesquels elle il va payer 1,5 millions d’euros le vol aller-retour.

Et le plus dur n’a pas été de trouver l’argent mais les avions en cette période où une grande partie de la flotte mondiale est clouée au sol. Comme l’explique Le Monde,  la Direction des achats de l’État qui gère cette opération a chargé la société Geodis de trouver les avions. Et c’est l’agence nationale de Santé publique qui s du trouver les fournisseurs chinois de matériel médical. 


L’économie mondiale en terra incognita

L’épidémie de Coronavirus frappe les centres économiques vitaux de tous les pays. Après la Chine, après l’Europe, ce sont les États-Unis qui sont en première. Bientôt, ce seront les pays africains.

Face au ralentissement, pour ne pas dire à l’arrêt de l’économie pour cause de confinement généralisé, les gouvernements qui en ont les moyens multiplient les plans de soutien à l’économie. Le dernier plan en date est américain, 2 000 milliards de dollars. De leur côté, les banques centrales en Europe, en Inde, aux États-Unis, en Afrique utilisent les moyens qui sont les leurs pour soutenir l’activité.