Coronavirus: lourdes pertes économiques pour l’Italie

L’Italie, un des pays européens le plus atteint par l’épidémie du coronavirus, devrait connaître les pires difficultés économiques depuis la Seconde Guerre mondiale.

Pour l’agence de notation Cerved, la propagation du coronavirus constituerait le pire choc de l’économie italienne depuis la Seconde Guerre mondiale. Le chiffre d’affaires des entreprises italiennes pourrait tomber en moyenne de 17%. Le tourisme et l’automobile sont les secteurs les plus touchés.

Situation catastrophique pour les PME

D’un autre côté, le commerce en ligne, les livraisons de nourriture à domicile ainsi que le commerce de gros de produits pharmaceutiques augmentent, eux, considérablement leurs ventes.

Mais pour la grosse majorité de quelques 750 000 petites et moyennes entreprises (PME) italiennes, la situation est catastrophique. Si la crise sanitaire se prolongeait jusqu’à la fin de l’année, elles pourraient perdre jusqu’à 650 milliards d’euros.

Une quatrième récession ?

Même si le gouvernement italien arrive à enrayer cette crise avant le mois de mai, les pertes pourraient tout de même s’élever à 220 milliards d’euros, cette année, et 55 milliards supplémentaires, en 2021.

Pour aider les ménages et les entreprises, le gouvernement italien a mis sur la table 25 milliards d’euros d’aides. Une somme qui semble insuffisante. L’Italie risque de vivre sa quatrième récession en douze ans.

Des milliardaires au chevet du pays

L’ex-Premier ministre et milliardaire italien Silvio Berlusconi annonce vouloir donner dix millions d’euros à la région de Lombardie, la plus touchée du pays par le coronavirus, pour créer des places dans les services de soins intensifs. « Silvio Berlusconi a décidé de mettre à disposition de la région Lombardie, à travers une donation, la somme de dix millions d’euros, nécessaire pour la réalisation d’un service de 400 lits en soins intensifs », peut-on lire dans un communiqué de Forza Italia (droite), publié sur Twitter.

La famille Agnelli, qui contrôle entre autres le groupe Fiat Chrysler et la Juventus Turin, a, à son tour annoncé des donations équivalentes. Le groupe s’est ainsi engagé à donner dix millions d’euros en faveur de la Protection civile et de la fondation La Stampa – Specchio dei tempi, engagée dans des actions sociales et sanitaires à Turin et dans le Piémont. Exor, la holding familiale, veut acheter à l’étranger 150 respirateurs artificiels à destination des hôpitaux italiens, a précisé la Juventus dans un communiqué. Le club de football a lancé il y a quelques jours une récolte de fonds en faveur des infrastructures sanitaires du Piémont, qui avait permis de lever mardi 17 mars plus de 400 000 euros.

Un pétrole à 30 dollars accroît le risque géopolitique dans le Golfe

La progression du coronavirus en Europe et les mauvais chiffres de l’économie chinoise pèsent de nouveau sur les prix du baril, qui se rapprochent des 30 dollars. Et cela accroît les tensions dans le Golfe.

Le pétrole subit le contrecoup des mesures de confinement en Europe, qui ralentissent la consommation de brut. Lundi, la chute de l’activité industrielle chinoise, la plus grave depuis 30 ans sur les deux premiers mois de l’année, a également pesé sur les cours du baril passés sous les 30 dollars aux États-Unis. Les mesures de soutien des banques centrales sont pour l’instant impuissantes à inverser la tendance.

L’Iran multiplie les attaques contre les militaires américains

Cette chute des prix du pétrole amplifie un autre risque : le risque géopolitique dans le Golfe. Alors qu’un véritable tsunami de pétrole saoudien s’apprête à déferler sur les marchés le mois prochain, l’Iran, durement frappé par les sanctions américaines, est à cran. Ses revenus, déjà très amputés, fondent à vue d’œil alors même que Téhéran doit affronter une grave épidémie de coronavirus. Ce n’est pas un hasard, souligne le cabinet Petromatrix, si les attaques des milices pro-iraniennes contre les militaires américains connaissent une recrudescence en Irak.

L’Arabie Saoudite expédie ses barils hors de la région

On voit les États-Unis renforcer leur dispositif militaire dans le Golfe. Ils ont déjà riposté par des frappes aériennes contre les milices iraniennes et ils pourraient frapper plus fort. Ils ne craignent plus une flambée des cours du pétrole étant donné le contexte de demande faible et d’offre pléthorique. L’Arabie Saoudite a déjà montré qu’elle pouvait remettre très vite en état ses infrastructures pétrolières si elles étaient touchées, et Riyad prend soin de déstocker le pétrole saoudien loin des troubles de la région.

Les États-Unis reconstituent leurs réserves stratégiques

Si les États-Unis veulent frapper les installations pétrolières iraniennes, c’est maintenant, conclut Petromatrix. Washington reconstitue ses réserves stratégiques de pétrole en achetant la production américaine, ce qui met les États-Unis à l’abri de toute interruption d’approvisionnement et en même temps donne un coup de pouce à l’industrie pétrolière des États-Unis, en très mauvaise passe en ce moment avec le plongeon des cours.

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