Les forêts tropicales africaines durement affectées par le phénomène El Niño

Les forêts tropicales africaines souffrent. C’est le résultat d’une étude parue dans le journal Science Advances. Les chercheurs français du CEA et de l’Inrae ont en effet étudié comment ces forêts avaient été affectées par le phénomène climatique El Niño de 2015-2016.

El Niño, c’est un phénomène climatique qui se produit tous les deux à sept ans, entraînant avec lui des périodes de sécheresse. Le dernier en date était en 2015-2016 et le but de ces recherches était de déterminer comment les forêts africaines avaient encaissé le choc, et surtout comment elles s’en sont remises.

Malheureusement, la réponse est : mal. Malgré les conditions plus clémentes depuis.

Les forêts tropicales ont continué de perdre de la biomasse.

« Les forêts en Afrique centrale, depuis plusieurs dizaines d’années, sont soumises à plus desécheresse, donc elles étaient déjà peut-être plus vulnérables et si la biomasse ne récupère pas, ça suggère qu’il y a plus de mortalité, explique Philippe Ciais, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE).

Il y a des arbres qui sont morts. Évidemment quand il y a beaucoup d’arbres, surtout quand ce sont de grands arbres qui meurent dans une forêt, la biomasse totale ne peut pas être récupérée en un ou deux ans. Si dans encore cinq ans il y a une sécheresse extrême, à ce moment-là on aura forcément une espèce de spirale de perte.

C’est-à-dire qu’avec plus d’El Niño, comme le prévoit tous les modèles de climat, ou des El Niño plus extrêmes et plus intenses, progressivement, insidieusement, on aura plus de perte, moins de récupération et du coup à la fin forcément une perte de la biomasse. »

Cette perte de la biomasse n’est pas propre à l’Afrique, même si elle en représente la majorité. L’Amérique du Sud est l’autre continent frappé par ce phénomène.


Le café, matière première la plus touchée par le coronavirus

Le cours du café arabica a perdu 20% depuis le début de l’année. C’est la matière première la plus touchée par le coronavirus chinois.

Le café subit plus que toute autre matière première le coronavirus chinois. Depuis début janvier le cours de l’arabica a chuté plus durement même que le pétrole : -20% ! Il faut dire que la Chine a imposé la fermeture de plus de 2 000 boutiques de la multinationale américaine Starbucks dans le pays, mais aussi des nombreux points de consommation du champion national Luckin, pour contenir la propagation de l’épidémie. La Chine n’est encore qu’un tout petit consommateur, 2% de la demande mondiale de café. Mais elle a plus que triplé ses importations en 10 ans. Avec un potentiel de croissance sur lequel compte le marché mondial.

Starbucks et Luckin ferment leurs boutiques en Chine

Un marché mondial du café décidément très éprouvé. Après une année catastrophique où la livre d’arabica était passée sous le seuil du dollar à la bourse de New York, décourageant les producteurs du monde entier, et particulièrement ceux d’Amérique centrale, les cours s’étaient ressaisis depuis octobre dernier. Ils avaient gagné près de 30% jusqu’à la mi-décembre.

Depuis, l’annonce d’une récolte record au Brésil pour 2020-2021 pèse à nouveau sur les prix. On devrait passer d’un léger déficit l’an dernier à un excédent de près de trois millions de sacs.

Le coronavirus renforce le sentiment baissier

Le café robusta n’est pas épargné. À la bourse de Londres où est cotée cette variété, les prix sont passés sous les 1 300 dollars la tonne. Une baisse moins forte, mais tout de même de 14% depuis la mi-décembre.

Au Vietnam champion du robusta, les vendeurs de café des hauts plateaux constatent sur le terrain une petite baisse des prix intérieurs cette semaine et ils l’attribuent au coronavirus, qui renforce le sentiment baissier sur le marché du café. Son évolution, estime un analyste de Rabobank, dépendra de la durée de l’épidémie et de l’impact qu’elle aura sur la demande de café ailleurs en Asie.


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