Les Américains visés en Irak, Donald Trump menace l’Iran

En Irak, deux attaques ont visé simultanément ce samedi 4 janvier au soir l’ultrasécurisée Zone verte de Bagdad et la base aérienne de Balad abritant des soldats américains.

Deux obus de mortier se sont abattus ce samedi soir sur la Zone verte de Bagdad, où siège l’ambassade américaine. Dans le même temps, à moins d’une centaine de kilomètres plus au nord, deux roquettes Katioucha se sont abattues sur la base de Balad, une immense base aérienne irakienne qui accueille des soldats et des avions américains. Selon le commandement militaire irakien, aucune victime n’est à déplorer.

Peu de temps après, les Brigades du Hezbollah, la faction la plus radicale de la milice pro-iranienne Hachd al-Chaabi, ont appelé les forces de sécurité irakiennes à s’éloigner « d’au moins 1 000 mètres » des bases irakiennes où sont présents les soldats américains, à partir de ce dimanche à 17h (14h GMT).

Selon Mike Pompeo, le secrétaire d’Etat américain, l’une de ces factions pro-iraniennes en Irak aurait même appelé les soldats irakiens à abandonner leurs postes de sécurité autour de l’ambassade et des bases qui abritent des militaires américains.

Dimanche, le Parlement irakien doit tenir une séance extraordinaire au cours de laquelle il pourrait voter l’expulsion des 5 200 militaires américains déployés dans le pays.

Journée de colère

Les deux attaques de ce samedi soir clôturent une journée de colère contre Washington. Aux cris de « Mort à l’Amérique », des dizaines de milliers de personnes ont accompagné ce matin à Bagdad les cercueils du général iranien Qassem Soleimani et du haut responsable du Hachd al-Chaabi Abou Mehdi al-Mouhandis, tués avec huit autres personnes dans une frappe de drone américain dans la capitale irakienne. Les dix cercueils ont ensuite été accueillis dans la ville sainte chiite de Kerbala par une foule en noir ou en treillis militaire qui se frappait la poitrine en signe de deuil.

Les manifestations vont se prolonger puisque sa dépouille est attendue en Iran où les obsèques de l’architecte de l’influence iranienne au Moyen-Orient doivent se tenir mardi 7 janvier à Kerman, sa ville natale, après trois jours de deuil national. Des milliers de personnes se sont déjà rassemblées aujourd’hui à Téhéran pour réclamer vengeance.

52 sites identifiés pour des frappes

Le président Donald Trump a averti Téhéran que les États-Unis ont identifié 52 sites en Iran et les frapperont « très rapidement et très durement » si la République islamique attaque du personnel ou des objectifs américains. Certains de ces sites iraniens « sont de très haut niveau et très importants pour l’Iran et pour la culture iranienne », a précisé dans un tweet le locataire de la Maison Blanche. « Les États-Unis ne veulent plus de menaces ! », a-t-il prévenu.

Donald Trump a souligné que le chiffre de 52 correspondait au nombre d’Américains qui avaient été retenus en otages pendant plus d’un an à partir de la fin de 1979 à l’ambassade des États-Unis à Téhéran.

La communauté internationale redoute désormais une déflagration. Et tout particulièrement l’Irak, tant son sol semble le terrain choisi pour une guerre par procuration entre Iraniens et Américains. L’assassinat de Qassem Soleimani fait en effet suite à plusieurs attaques contre des intérêts américains en Irak, et notamment celle de l’ambassade mardi 31 décembre. Aucune n’a été revendiquée, mais Washington accuse les factions pro-Iran du Hachd al-Chaabi – coalition de paramilitaires intégrés à l’État – d’en être responsables.

L’Otan suspend sa mission de formation

Signe que la situation dans le pays est critique, l’Otan a suspendu sa mission de formation des forces irakiennes, lancée en 2018 et à laquelle prennent part quelque 500 formateurs. « La sécurité de notre personnel en Irak est primordiale, a déclaré le porte-parole de l’organisation. Nous continuons donc à prendre toutes les précautions nécessaires », a-t-il ajouté. La coalition antijihadiste emmenée par les États-Unis a réduit ses opérations tout en renforçant la sécurité de ses bases. Washington a déjà annoncé le déploiement de 3 000 à 3 500 soldats supplémentaires dans la région.

En parallèle, le travail diplomatique en coulisses semble s’intensifier. Le ministre qatarien des Affaires étrangères, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, dont le pays est proche de l’Iran et abrite la plus grande base américaine au Moyen-Orient, a ainsi rencontré son homologue iranien Mohammad Javad Zarif à Téhéran. Ce dernier a également échangé avec le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell qui a souligné « le besoin de faire preuve de retenue et d’éviter toute nouvelle escalade ».

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