Mort d’Al-Baghdadi: Donald Trump aurait-il pris des libertés avec la vérité?

Plus de 24 heures après l’annonce de la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi par Donald Trump, on en sait un peu plus sur le déroulement et la préparation de l’opération militaire. Mais des questions se posent, notamment sur le récit donné par le président américain lors de sa conférence de presse.

Durant son discours, le président américain n’a pas hésité à décrire le raid des commandos en donnant des détails très précis. A plusieurs reprises, il a répété que le leader du groupe État islamique était mort en pleurant et criant. Donald Trump assure avoir suivi l’opération en image et en temps réel. « C’était formidable à voir, comme dans un film », a-t-il précisé.

Interrogé sur ces détails, le secrétaire d’État à la Défense qui était présent dans la même pièce que Donald Trump a préféré ne pas trop répondre au sujet des pleurs et des cris. Il a tout simplement déclaré qu’il n’avait pas ces détails-là et que le président avait sans doute discuté avec des membres du commando.

Chose possible, mais cela veut dire que Donald Trump n’y a pas directement assisté comme il s’en est vanté. Ce lundi matin, Donald Trump a laissé entendre qu’il pourrait éventuellement rendre une partie de la vidéo du raid publique.

Par ailleurs, lors de son discours, le président américain n’a pas manqué de s’attribuer le succès de ce raid. Mais selon des responsables militaires, sa décision de retirer les troupes américaines de Syrie a mis en péril toute l’opération. Il était au courant que les renseignements et l’armée étaient sur la trace d’Abou Bakr al-Baghdadi, mais a tout de même maintenu sa décision prenant tout le monde de court et précipitant le passage à l’action des militaires.

Le président cubain en visite au Kremlin pour réaffirmer les liens stratégiques

Le président cubain est en tournée en Europe. Miguel Díaz-Canel se rend ce 29 octobre à Moscou pour rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine, ainsi que le Premier ministre Dimitri Medvedev. Une visite qui confirme la coopération accrue de la Russie avec Cuba, les deux pays alliés historiques et aujourd’hui plus que jamais « alliés stratégiques ».

Un an après sa première visite à Moscou, dès sa prise de fonction, Miguel Díaz-Canel rencontre à nouveau Vladimir Poutine. Ces derniers mois les rencontres bilatérales se multiplient, près de 30 ans après le départ des Soviétiques de l’île des Caraïbes.

Des coopérations stratégiques ont été dernièrement mises en place ou réaffirmées : dans le domaine des sciences, du nucléaire civil, de la cybersécurité et des douanes.

Les Russes vont également allouer un milliard à la reconstruction des lignes ferroviaires cubaines, et 40 millions de dollars sont prévus pour la modernisation de l’industrie militaire de l’île.

« Cuba pourra toujours compter sur le soutien de la Russie », disait, il y a un mois à La Havane, le Premier ministre Dimitri Medvev.

Et c’est peu dire que les Cubains ont besoin de leur allié historique,  avec la crise qu’affronte son partenaire vénézuélien et alors que l’île est confrontée à des sanctions américaines accrues, qui ont dernièrement provoqué des pénuries de carburant et qui affectent durement le secteur touristique et l’économie cubaine. 

À mesure que la pression américaine s’accentue, Cuba se rapproche du grand frère russe et Moscou replace ses pions à 150 km des côtes américaines.

Le président argentin élu réclame «Lula libre», Bolsonaro dénonce un affront

Rien ne va plus entre l’Argentine et le Brésil, au lendemain de l’élection d’Alberto Fernandez. Le président de gauche élu en Argentine s’est immédiatement solidarisé avec l’ancien président brésilien dont il a demandé la libération. Ce qui a fait bondir l’actuel chef de l’État brésilien, Jair Bolsonaro.

Jair Bolsonaro s’est refusé à féliciter le candidat péroniste pour sa victoire au premier tour de l’élection présidentielle argentine. Le président d’extrême droite a même regretté publiquement sa victoire, en ne cachant pas sa préférence pour le président sortant, l’homme d’affaires Mauricio Macri.

Mais ce qui a surtout énervé le chef de file de l’extrême droite brésilienne, c’est l’hommage appuyé rendu par Alberto Fernandez à Lula : « Un homme extraordinaire, dit-il, injustement détenu depuis un an et demi ».

Le président élu s’est prononcé en faveur de la libération du chef de file de la gauche latino-américaine. Jair Bolsonaro a considéré ce geste comme une ingérence et un affront à la démocratie brésilienne.

Un climat pesant entre Buenos Aires et Brasilia. Et il ne faut pas compter sur les diplomates pour faire baisser la tension, puisque le ministre brésilien des Affaires étrangères a estimé que « les forces du mal » étaient désormais « à la fête » en Argentine.

L’État ivoirien s’oppose à la levée des conditions de libération de Gbagbo

Dans une requête déposée sur le bureau de la chambre d’appel de la Cour pénale internationale, les avocats de l’État ivoirien s’opposent à la levée des conditions imposées à Laurent Gbagbo depuis le 1er février dernier, suite à son acquittement. La procureure de la Cour a fait appel de cet acquittement mi-septembre, demandant aux juges de prononcer le non-lieu.

Les avocats de la Côte d’Ivoire demandent l’autorisation de participer à la procédure d’appel en cours, annonçant qu’ils s’opposent à la levée des conditions imposées par la CPI à l’encontre de Laurent Gbagbo. Ce dernier reproche à la Cour de violer ses droits, notamment en l’empêchant de participer à la vie politique de son pays dont la campagne pour l’élection présidentielle de décembre 2020. À moins que les juges n’acceptent de lever ces conditions, l’ancien président ivoirien est tenu de demeurer à Bruxelles et ne peut s’exprimer librement jusqu’à la fin de la procédure d’appel, intentée par la procureure.

Fatou Bensouda réclame l’annulation de son acquittement et demande aux juges de prononcer à la place le non-lieu. Mais cet appel ne sera pas tranché avant plusieurs mois. En attendant, la procureure s’oppose à toute levée des conditions imposées à Laurent Gbagbo.

Ce n’est pas la première fois que les avocats de la Côte d’Ivoire demandent à intervenir dans la procédure en cours, mais ils ont toujours été déboutés. Cette fois, et même si les juges devaient rejeter leur demande de plaider sur cette question, les autorités auront clairement fait savoir à la Cour, et à l’ancien élu, qu’il  n’est pour l’heure pas bienvenu en Côte d’Ivoir


Argentine : le péroniste Fernandez l’emporte dès le premier tour

Alberto Fernandez, candidat péroniste de centre-gauche, a remporté les élections présidentielles en Argentine au premier tour.

Le candidat péroniste de centre-gauche Alberto Fernandez a remporté dimanche l’élection présidentielle en Argentine au premier tour, devant le président sortant libéral Mauricio Macri, selon des résultats partiels. Avec près de 80% des bulletins dépouillés, Alberto Fernandez a obtenu 47,45% des voix, contre 41,11% pour Mauricio Macri. Il devient le nouveau président de ce pays de 44 millions d’habitants.

Pour gagner dès le premier tour, Fernandez devait obtenir plus de 45% des voix, ou bien plus de 40% des voix avec un avantage de plus de 10 points sur le candidat arrivé en deuxième position. Selon le ministère de l’Intérieur, la participation au scrutin a été de plus de 80%.  “C’est un grand jour pour l’Argentine”, avait réagi, confiant, devant la presse Alberto Fernandez, dont la colistière est l’ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015), peu après la fermeture des bureaux de vote. 

Deux “visions concurrentes de l’avenir” en jeu

Le président sortant, Mauricio Macri, 60 ans, dont la popularité a fortement chuté l’année dernière en raison de la grave crise économique, avait estimé après avoir voté que deux “visions concurrentes de l’avenir (étaient) en jeu”. Après avoir voté, Alberto Fernandez avait promis de travailler à réduire la forte polarisation politique qui traverse le pays, entre péronistes et partisans de Mauricio Macri qui brigue un deuxième mandat. “‘Nous’ et ‘eux’, c’est terminé”, a assuré cet avocat de 60 ans. “Nous vivons une profonde crise (économique), chacun doit prendre sa responsabilité pour ce qui va advenir”, a-t-il insisté.

Après l’annonce de sa victoire, Alberto Fernandez, visiblement ému, a pris la parole devant plusieurs milliers de ses partisans. “Les temps qui viennent ne sont pas faciles”, a-t-il déclaré. “La seule chose qui nous préoccupe, c’est que les Argentins arrêtent de souffrir”. Cristina Kirchner, qui se trouvait à ses côtés, a appelé Macri à prendre dans les derniers jours de son mandat “toutes les mesures nécessaires pour atténuer la situation dramatique” de l’Argentine.

Le président sortant a félicité Fernandez et a promis de mener une opposition “saine et constructive”. Il a invité le nouveau chef de l’Etat à déjeuner lundi à la présidence, et son invitation a été acceptée par Fernandez. Lors des primaires d’août -considérées comme une répétition générale avant l’élection présidentielle – Fernandez avait devancé de 17 points Macri, qui a finalement fortement réduit l’écart. Le vote en Argentine a lieu alors que la région est secouée par de nombreuses crises politiques et sociales: mobilisation contre les résultats de la présidentielle en Bolivie, vague de contestation au Chili et troubles sociaux en Equateur deux semaines auparavant.

Chili : l’état d’urgence levé dimanche à minuit

Sebastian Pinera, le président chilien, “a signé les décrets nécessaires” à la levée de l’état d’urgence à partir de minuit dans toutes les régions du Chili, selon un message diffusé sur Twitter par la présidence. 

L’état d’urgence sera levé dimanche à minuit dans toutes les régions du Chili où il avait été instauré pour faire face à la contestation sociale, a fait savoir la présidence chilienne. Le Président Sebastian Pinera “a signé les décrets nécessaires pour qu’à partir de lundi 28 octobre à minuit (03H00 GMT) soit levé l’état d’urgence dans toutes les régions et les communes où il avait été instauré”, selon un message diffusé sur le compte Twitter de la présidence.

Mort d’al-Baghdadi: l’EI a perdu son chef mais pas sa capacité de nuisance

 

Malgré la mort de son chef Abou Bakr al-Baghdadi, le groupe État islamique reste une organisation dangereuse. Sa capacité de nuisance reste grande en Syrie et en Irak.

La mort d’Abou Bakr al-Baghdadi dans un raid américain dans la province d’Idleb porte un coup dur au groupe État islamique (EI) sur le plan symbolique. Mais la disparition du calife auto-proclamé n’aura sans doute pas de graves conséquences sur les capacités opérationnelles que le groupe EI conserve en Syrie et en Irak.

Les chefs de l’organisation avaient anticipé la chute du califat territorial et avaient pris des dispositions pour poursuivre la lutte en décentralisant le processus de prise de décision militaire.

Entre 2 000 et 4 000 combattants dans le desert de la Badia

Les cellules dormantes de l’organisation poursuivent leur action en se livrant à des assassinats ou des attaques. En Irak, elles s’autofinancent grâce aux dons et en Syrie, elles pratiquent le racket, notamment à l’est de l’Euphrate.

Le groupe radical conserve une présence importante dans le désert de la Badia, qui s’étend du centre de la Syrie à la frontière avec l’Irak, à l’est. Entre 2 000 et 4 000 combattants se trouvent dans cette région, où ils ont stocké armes, munitions et nourriture en grandes quantités. Ils se livrent à une guérilla qui a déjà fait des centaines de morts et de blessés dans les rangs de l’armée syrienne et de ses alliés.

Les services de renseignements américains avaient mis en garde contre la résurgence du groupe État islamique en Irak et en Syrie, estimant à 18 000 le nombre de combattants du groupe.

Dans le reste du monde, l’impact de la mort d’al-Baghdadi devrait rester limité et essentiellement toucher le leadership du groupe Boko Haram, qui est divisé en deux factions rivales. Celle d’Abubakar Shekau étant farouchement opposée aux jihadistes désignés par Abou Bakr al-Baghdadi, la succession de ce dernier devrait être déterminante pour les jeux de pouvoir au sein de Boko Haram.

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