En Haïti, religieux et artistes manifestent contre Jovenel Moïse

En Haïti, la contestation contre le président ne faiblit pas : pour le deuxième dimanche consécutifs, des artistes parmi les plus populaires avaient appelé à manifester.

Les artistes ont été rejoints par certains groupes religieux. Alors que les activités du pays sont paralysées depuis plus d’un mois, la revendication première de la rue n’a pas changé : ses détracteurs exigent la démission immédiate de Jovenel Moïse.

Autour du prophète auto-proclamé Mackenson, la foule compacte oscille entre prières et slogans contre le président. À l’avant du cortège, Nelly Delmastet, 19 ans, porte chemise, cravate et pantalon de son établissement scolaire. Sur sa pancarte, il a simplement écrit : « je veux aller à l’école. »

« J’ai mis mon uniforme aujourd’hui, il est tout neuf et la première occasion que j’ai de le mettre, c’est dans une manifestation. Il faut que ça change, Jovenel : c’est pas bon ça. Mes crayons et mes cahiers sont tout neufs, mais on ne peut pas aller à l’école, il faut que ça change. »

Le cortège a été aussi motivé que diversifié. Pour Gerald François, c’est un signe d’une généralisation du ras-le-bol des citoyens.

« Tous les secteurs l’ont désormais révoqué. Regardez aujourd’hui, on voit les pasteurs, les avocats, les artistes. Quand un homme dit qu’il est président mais qu’ilperd le contrôle du payspendant plus d’un mois et demi, ça veut dire qu’il n’est pas président : le peuple est président et le peuple l’a révoqué. »

En fin de journée, la mobilisation citoyenne a été brusquement stoppée. Un des chars utilisés par les organisateurs de la manifestation a eu un accident. Le véhicule a foncé sur la foule. Au moins 16 personnes ont été blessées.

Élections fédérales au Canada: un scrutin incertain pour Justin Trudeau

Les Canadiens se rendent aux urnes ce lundi pour élire leur député et leur nouveau Premier ministre. Dimanche, Justin Trudeau et Andrew Scheer s’en sont pris au Bloc québécois, dont la forte croissance s’est faite aux dépens des libéraux et des conservateurs.

La montée du Bloc québécois va sans doute empêcher l’élection de plusieurs députés libéraux et conservateurs, privant par conséquent ces partis d’une majorité indispensable pour former le prochain gouvernement. Dimanche 20 octobre 2019,Justin Trudeau, le Premier ministre sortant, a donc mis les électeurs en garde contre les désirs d’indépendance du Bloc québécois, parti seulement présent au Québec : « Leur priorité, ce n’est pas la lutte contre le changement climatique, ce n’est pas de lutter contre les coupes conservatrices. C’est de préparer la souveraineté du Québec. »

Son rival conservateur Andrew Scheer a usé de la même tactique : « Le Bloc [québécois ndlr] va mettre toutes ses ressources au service du parti québécois et à notre référendum. Je m’adresse ici directement à la nation québécoise : un vote pour un référendum. »

« Pas le mandat de cette élection »

Nullement troublé par ces attaques, Yves-François Blanchet, le chef du Bloc québécois a remis les pendules à l’heure : « Nous sommes convaincus que le Québec devrait déjà prendre à bras le corps tous les attributs de la souveraineté. Ce n’est pas le mandat de cette élection-ci. On l’a dit pendant cinq semaines, ça n’a pas changé aujourd’hui. »

Selon les sondages, il ne semble pas se dégager une majorité claire en faveur du Parti libéral de Justin Trudeau, le gouvernement sortant, ou du Parti conservateur, dirigé par Andrew Scheer. Si les deux principaux partis ne parviennent pas à faire élire assez de députés, le prochain gouvernement pourrait être minoritaire.

Pour le politologue Frédéric Boily, de l’université de l’Alberta, cette campagne n’a pas tellement réussi à mobiliser les électeurs contrairement aux élections de 2015 : « Il y a eu du côté du Parti libéral du Canada et de Justin Trudeau, un élan d’optimisme très fort au cours de la campagne ; et du côté conservateur, évidemment on était sur la défensive, analyse-t-il. Mais il n’en demeure pas moins qu’il y avait un enjeu central lors de cette élection qui était de savoir si on allait garder le gouvernement conservateur ou non. Cette fois-ci, l’élection ne donne pas lieu à ce même élan d’enthousiasme. Il y a seulement les néo-démocrates qui ont tenté d’injecter lors de leur campagne, et avec un certain succès il faut le dire, cet élan d’optimisme ou d’espoir qui pourrait mobiliser par exemple les électeurs plus jeunes ou d’autres catégories d’électeurs qui sont moins enclins à aller voter ».

Bolivie: Evo Morales poussé au second tour par le centriste Carlos Mesa

Le président sortant est sorti en tête du premier tour du scrutin présidentielle avec 45% des bulletins dépouillés, contre 38% pour son challenger, Carlos Mesa, qu’il devra donc affronter lors d’un second tour inédit dans ce pays, le 15 décembre.

Les prédictions laissaient supposer une partie délicate pour Morales, chef de l’État depuis 2006. Elles se sont confirmées dimanche soir lorsque la présidente du Tribunal suprême électoral bolivien, Maria Eugenia Choque, a annoncé vers 20h les résultats partiels (84% des bulletins dépouillés) : 45,28% contre 38,16% pour Carlos Mesa, du mouvement Communauté citoyenne.

La règle en Bolivie est un peu particulière : le candidat est déclaré élu dès le premier tour lorsqu’il a atteint la majorité absolue ou bien 40% des voix avec dix points de plus que son poursuivant. Ce n’est pas le cas dans cette situation.

Seul Carlos Mesa semblait en mesure de faire trébucher le chef de l’État de 59 ans, jusqu’ici systématiquement élu dès le premier tour.

L’émotion était palpable au QG du candidat Mesa, pour qui ce second tour est une victoire démocratique : « La démocratie est une valeur fondamentale pour laquelle nous luttons depuis tant d’années. C’en est terminé du parti unique, du clientélisme et de l’hégémonie. »

Le candidat a majoritairement obtenu le vote des jeunes et des citadins. Cet ancien journaliste de 66 ans a déjà un passé politique, pas vraiment brillant. Il a été vice-président de Gonzalo Sanchez de Lozada, qui, en 2003, a quitté le pays après avoir ordonné la répression de manifestations qui a fait plusieurs dizaines de morts. Carlos Mesa a donc assuré la présidence, mais l’a abandonnée après deux ans d’exercice. Il n’avait en effet pas de majorité au Parlement.


Face aux violences, le président du Chili rétropédale sur le prix des transports

Sebastian Piñera a finalement annoncé samedi soir la suspension de l’augmentation du prix du ticket de métro à Santiago, qui a déclenché des manifestations violentes dans la capitale où le couvre-feu a été instauré.

Malgré le couvre-feu décrété de 22h samedi à 7h ce dimanche (heures locales), des manifestants sont sortis dans les rues selon des images diffusées sur les réseaux sociaux. C’est la première fois depuis 1987 et la dictature militaire de Pinochet qu’une telle mesure est prise dans la capitale chilienne. Samedi, après que le président Sebastian Piñera a mis en place l’état d’urgence pour 15 jours et confié la sécurité de la ville à l’armée, les habitants de Santiago ont pu voir des militaires patrouiller. Une première depuis le retour de la démocratie en 1990.

Trois morts

Samedi, les violences se sont poursuivies pour la deuxième journée consécutive. Commencée par un concert de casseroles, la manifestation a dégénéré en affrontements entre contestataires et forces de l’ordre. Comme la veille, l’Agence France-Presse rapporte des bus incendiés.

Trois personnes ont été tuées dans la nuit de samedi à dimanche dans l’incendie d’un supermarché. Un bilan officiel fait par ailleurs état de 308 arrestations et 156 policiers blessés. L’ensemble du réseau de métro est fermé depuis les violences de vendredi et la destruction de certaines stations.

Peu avant l’annonce par le général Javier Iturriaga del Campo de l’instauration d’un couvre-feu total en réponse aux « excès qui se sont produits (samedi) », le président Piñera avait fait marche arrière dans la soirée concernant l’augmentation du prix du ticket de métro, principale revendication des protestataires. 

« Nous allons suspendre la hausse du prix des tickets de métro, ce qui nécessitera l’approbation très urgente d’une loi jusqu’à ce que nous parvenions à un accord nous permettant de mieux protéger nos concitoyens. D’importantes hausses des prix du dollar et du pétrole qui sont arrivées de façon inattendue au cours des derniers mois ont causé la hausse des taux, a-t-il déclaré». 

Il a par ailleurs indiqué avoir convoqué une réunion avec les président du Sénat, de la Cour suprême et de la Chambre des députés.

C’est l’augmentation du tarif du ticket de métro de 800 à 830 pesos (4 centimes d’euros) qui a mis le feu au poudre. Une hausse qui peut paraître symbolique, mais qui faisait suite à une autre en janvier. Reste que dans un pays où les inégalités sont fortes, la crise sociale semble plus profonde.

Manifestations à Valparaiso

L’état d’urgence a été étendu samedi à deux autres régions où ont lieu des manifestations et des incidents, celle de Valparaiso et la province de Concepcion. Un couvre-feu nocturne est aussi en vigueur dans le port de Valparaiso où des manifestants ont notamment mis le feu au bâtiment du journal El Mercurio et à un supermarché.

Brexit : que va-t-il se passer après la nouvelle demande de report britannique ?

Le vote historique n’a pas eu lieu. Samedi, les parlementaires britanniques ont une nouvelle fois acté la demande d’un report du Brexit, que Bruxelles a reçu d’un courrier de Boris Johnson tard dans la soirée. Ils pourraient néanmoins revoter dès lundi, tandis que les européens temporisent. 

À onze jours de la date-butoir du Brexit, Boris Johnson est obligé de revoir ses plans dimanche, après avoir été contraint par son Parlement de demander un report du divorce tout en martelant ne pas en vouloir. Une loi adoptée en septembre stipulait que si aucun accord de sortie n’était approuvé par le Parlement d’ici au 19 octobre, le Premier ministre devait réclamer un report du Brexit au 31 janvier 2020. Boris Johnson a tardivement envoyé la demande de report samedi soir au président du Conseil européen Donald Tusk.

Cette nouvelle journée folle à Westminster laisse le Royaume-Uni en plein flou sur la manière dont il va sortir de l’UE. Arrivé au pouvoir fin juillet sur la promesse de réaliser le Brexit à tout prix le 31 octobre, Boris Johnson est vent debout contre tout report de la sortie de l’UE, initialement prévue le 29 mars et déjà repoussée deux fois. 

Un nouveau vote dès lundi ?

Mais, selon des sources gouvernementales, Boris Johnson aurait parallèlement envoyé à Donald Tusk une seconde note disant que personnellement, il ne souhaiterait pas ce report, comme il en avait averti les députés un peu plus tôt. “Je n’irai pas négocier un report avec l’Union européenne, et ça, la loi ne m’y oblige pas. Je vais dire à nos amis et collègues européen qu’un nouveau report serait nocif pour notre pays, pour l’Union européenne et pour la démocratie”, avait-il clamé devant les élus samedi.

Malgré sa défaite, Boris Johnson compte poursuivre le processus législatif pour introduire ce nouvel accord dans la loi britannique. Il devrait tenter de forcer ce nouveau vote dès lundi, mais les députés ne comptent pas se laisser faire. Forts de leur victoire, eux, prévoient de proposer toute une série d’amendements au nouvel accord, comme par exemple soumettre le futur texte à un second référendum. 

À Bruxelles, on ne se presse pas

Côté Européen, il n’y a pas de choc, mais plutôt du fatalisme et de la résignation. Les représentants des 27 États membres vont faire le point ce dimanche à Bruxelles. À priori, ils n’ont pas l’intention de se précipiter. Hier soir à la réception des courriers britanniques, le président du Conseil européen a annoncé des consultations au niveau des dirigeants qui pourraient prendre plusieurs jours.

De son côté, l’Élysée a fait savoir que Paris ne souhaitait pas étudier la question d’un délai, tant que le Parlement de Westminster n’a pas voté sur le fond de l’accord. Si c’est Londres qui fait la demande, ce sont les 27 États membres qui trancheront et eux seuls. Comme ils ne veulent pas d’une sortie sans accord, ils finiront par retarder encore le Brexit s’ils n’ont pas le choix, sans forcément le dire tout de suite. 


Barcelone plongée dans le chaos après une manifestation monstre

Militants indépendantistes et forces de l’ordre se sont longuement affrontés, vendredi soir, dans les rues du centre de Barcelone. 

De violents affrontements entre militants indépendantistes radicaux et forces de l’ordre ont provoqué des scènes de chaos vendredi soir dans le centre de Barcelone après une manifestation pacifique monstre contre la condamnation des dirigeants indépendantistes.

Après des heures de guerre de positions près du commissariat central entre radicaux lançant des pierres ou des objets métalliques et forces de l’ordre répondant par tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes, les troubles se sont ensuite étendus au reste du centre-ville, ont constaté des journalistes de l’AFP. 

“Ce n’est pas une façon de faire”, regrette un manifestant

De nombreux feux ont été allumés, notamment sur la Place de Catalogne en haut des célèbres Ramblas, et des barricades élevées dans de nombreuses rues par des centaines de manifestants masqués ou casqués, criant “les rues seront toujours à nous”. La police a aussi utilisé un canon à eau à leur encontre.

Présent dans la manifestation, Victor a préféré quitter les lieux en raison des violences. “Je comprends le sentiment, mais je pense que c’est pas la façon de faire, je ne brûle pas des choses”, explique-t-il. 

Dans cette ville très prisée des touristes internationaux, la police régionale a conseillé en anglais sur son compte Twitter de “ne pas approcher” des zones du centre-ville en raison d'”actes violents et de sérieux incidents”. Vers 23 heures, la situation “paraissait plus calme”, selon un porte-parole de la police régionale, dans la ville dont se dégageait une forte odeur de fumée.

Près de 500 personnes blessées depuis le début de la semaine

Après des heurts lors du blocage de l’aéroport par plus de 10.000 personnes lundi, Barcelone avait déjà vécu des scènes de guérilla urbaine de mardi à jeudi, d’une magnitude moins importante que vendredi soir. Nées de la frustration d’une partie de la base indépendantiste, deux ans après l’échec de la tentative de sécession de 2017, ces violences ont marqué un tournant pour le mouvement séparatiste qui s’est toujours targué d’être non-violent.

Selon un bilan du ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, avant que les violences ne s’exacerbent dans la soirée, 128 personnes ont été interpellées depuis le début de la mobilisation indépendantiste lundi tandis que 207 policiers ont été blessés. Au total, selon les services d’urgence, près de 500 personnes ont été blessées depuis le début de la semaine dans la région dont 60 vendredi soir à Barcelone.

Avant que ces troubles n’éclatent, une manifestation monstre avait réuni 525.000 personnes, selon la police municipale, dans une ambiance festive, point d’orgue de la mobilisation entamée lundi contre la condamnation par la justice espagnole de neuf dirigeants indépendantistes à des peines de neuf à 13 ans de prison pour la tentative de sécession de 2017. Avec pour mot d’ordre “Liberté”, des colonnes de dizaines de milliers de séparatistes étaient parties mercredi de cinq villes de la région pour rejoindre Barcelone. 


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