Manifestations en Équateur: le palais présidentiel évacué

Le palais présidentiel de Carondelet a été évacué lundi 7 octobre devant l’avance de quelques milliers d’indigènes à Quito. À l’issue d’une journée chaotique marquée par des manifestations violentes dans tout le pays, le président Moreno accuse son prédécesseur Rafael Correa de chercher à le renverser.

Alors que des camions ont déposé dans le parc de l’Arbolito à Quito des centaines d’indigènes se préparant à manifester, le président Lenín Moreno a décidé de quitter la capitale en avion. Il a transféré le siège du gouvernement à Guayaquil, une ville côtière où les organisations indigènes sont peu présentes. Dans une allocution télévisée, il a indiqué que toutes les mesures économiques seraient maintenues et accusé son prédécesseur Rafael Correa et ses lieutenants.

« Ceux qui agissent dans l’unique intention d’attaquer et de nuire sont des individus externes payés et organisés. Croyez-vous vraiment à une coïncidence lorsque Correa, Virgilio Hernández, Patiño, Pabon, ont voyagé au même moment il y a quelques semaines au Venezuela ? Le satrape Maduro et Correa ont activé leur plan de déstabilisation », affirmé le chef de l’État équatorien.

La situation empire d’heure en heure

Une rhétorique que son secrétaire particulier Juan Sebastian Roldan avait développée quelques heures auparavant après la multiplication d’actes de pillage dans plusieurs provinces du pays. « Nous n’avons jamais vu avant ce genre d’images : une usine laitière pillée. Des manifestants armés de bâtons détruisant des camions et menaçant des ouvriers. Ce n’est pas une protestation sociale », a-t-il lancé.

La Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur a nié tout lien avec les pillages mais la situation empire d’heure en heure. Trois champs pétroliers ont été envahis et ont cessé de produire. Les classes ont été supprimées ce mardi et tous les marchés de Quito seront fermés mercredi et jeudi.

Venezuela: un an après la mort de Fernando Alban, l’unité perdue de l’opposition

Cela fait un an, jour pour jour, qu’est mort le conseiller municipal de l’opposition Fernando Alban, devenant un symbole de l’unité de l’opposition face à Nicolas Maduro. Pourtant un an après, cette unité s’est érodée, et rien n’a vraiment changé pour les prisonniers politiques.

Le 8 octobre 2018, Fernando Alban est tombé du 10e étage du bureau des services de renseignement à Caracas, quelques jours après avoir été arrêté. Le gouvernement assure qu’il s’est suicidé, mais pour l’opposition c’est un assassinat politique. Un an après, les circonstances de sa mort sont toujours floues.

Selon sa sœur Mariela, sa famille n’a toujours pas eu accès à son dossier judiciaire, son avocat a dû fuir le pays après avoir été menacé et l’autopsie indépendante, réclamée notamment par l’Union européenne, n’a jamais eu lieu. « S’il y a bien un point sur lequel il n’y a pas de doute, c’est que Fernando, mon frère, ne s’est pas suicidé. Mon frère… Ils l’ont assassiné. »

Faire pression sur les autorités

Pour la députée d’opposition Amelia Belisario, ce premier anniversaire est l’occasion de faire une nouvelle fois pression sur les autorités chavistes. « Nous exigeons la justice pour Fernando Alban qui aujourd’hui devrait être vivant, en train de lutter pour son pays avec ses proches. Mais nous exigeons que Juan Requesens soit libre, et que tous les prisonniers politiques au Venezuela soient libérés. »

Un appel qui a peu de chance d’être entendu. Depuis quelques semaines, le président Nicolas Maduro est de nouveau en position de force au Venezuela. Un accord passé avec une minorité de partis du camp rival lui a permis de désunir une opposition qui s’était rassemblée en partie grâce à la mort du conseiller municipal. Cet accord prévoyait d’ailleurs des dizaines de libérations, toujours en suspens. Les autorités ne semblent pas pressées d’honorer leurs engagements.

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