La République islamique d’Iran a fait parvenir lundi une « note officielle » aux États-Unis dans laquelle elle « insiste sur le fait qu’elle n’a joué aucun rôle » dans les attaques perpétrées contre l’Arabie saoudite, contrairement à ce qu’avait affirmé dimanche le ministre des Affaires étrangères américain Mike Pompeo.

L’Iran a adressé aux États-Unis par l’intermédiaire de la Suisse une « note officielle » dans laquelle il dément avoir joué le moindre rôle dans les attaques perpétrées samedi contre l’Arabie saoudite, rapporte mercredi l’agence officielle Irna.

L’Iran « condamne les accusations » américaines

Dans cette note transmise lundi à l’ambassade de Suisse à Téhéran, qui représente les intérêts américains en Iran, la République islamique « insiste sur le fait qu’elle n’a joué aucun rôle dans cette attaque », écrit Irna. Selon l’agence, le texte « dément etcondamne les accusations [du président américain Donald] Trump et [de son ministre des Affaires étrangères Mike] Pompeo » à l’égard de la République islamique. Le message « met en garde les responsables américains » en soulignant « que si une action quelconque devait être prise contre l’Iran, celui-ci opposerait une réponse immédiate d’une portée bien plus grande qu’une simple menace », ajoute la dépêche d’Irna.

Mike Pompeo a accusé directement dimanche l’Iran d’être responsable des attaques revendiquées la veille par les rebelles yéménites Houthis contre des installations pétrolières de premier plan en Arabie saoudite, rivale régionale de la République islamique. Donald Trump avait déclaré de son côté être prêt à riposter à ces attaques en soutien à son allié saoudien. « Il semble » que l’Iran soit derrière, « mais je veux savoir avec certitude qui est responsable » avant de prendre une décision, avait-il néanmoins déclaré.

Plus de relations diplomatiques depuis 1980

L’Iran et les États-Unis n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980. L’Arabie saoudite doit annoncer mercredi les résultats de son enquête sur ces attaques contre le royaume, où le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo est attendu pour discuter d’une éventuelle riposte.

La Californie ratifie la loi faisant des chauffeurs Uber et Lyft des salariés

Cette loi contraint les géants du VTC à requalifier leurs chauffeurs en employés, alors qu’ils sont pour l’heure considérés comme des travailleurs indépendants.

Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, a ratifié mercredi une loi qui doit contraindre les géants de la réservation de voitures, comme Uber, à requalifier les chauffeurs de VTC en employés, alors qu’ils sont pour l’heure considérés comme des travailleurs indépendants. Cette décision va porter un coup dur aux porte-drapeaux de la « gig economy », l’économie des employés indépendants, comme Uber ou Lyft, dont les chauffeurs travaillent aujourd’hui sans protection ni garanties.

« Cette loi va aider à résoudre le problème de statut des travailleurs considérés comme des ‘sous-traitants’ et non comme des salariés, ce qui les empêche de bénéficier des protections sociales de base, comme le salaire minimum ou l’assurance-maladie », a écrit le gouverneur californien. « L’étape suivante c’est de faciliter la formation de syndicats qui pourront négocier ensemble de meilleures conditions de travail (…) tout en préservant la flexibilité et l’innovation », a ajouté le gouverneur de cet Etat progressiste où se trouvent les sièges de nombreux géants des technologies.

Une « victoire historique » pour les syndicats

« Un énorme merci à tous les travailleurs, membres de syndicats et activistes qui ont passé des heures à se mobiliser pour obtenir cette victoire historique », a tweeté une fédération californienne de syndicats. A la Bourse new-yorkaise, l’action de Lyft chutait de 4% et celle de Uber reculait de 1,20%. Ces deux titres ont affiché des performances médiocres depuis leur entrée en bourse au printemps, alors que les deux groupes continuent à enregistrer de lourdes pertes trimestre après trimestre.

Les deux leaders américains des VTC s’opposent à tout changement de statut de leurs conducteurs. Uber a réagi à l’adoption du projet de loi par le Sénat californien la semaine dernière en contestant que le nouveau texte entraînerait une requalification automatique de ses conducteurs en employés. « Le projet de loi ajoute un nouveau test légal au code du travail californien qui devra être utilisé pour déterminer si un travailleur est qualifié d’indépendant ou d’employé », a défendu Tony West, le directeur juridique d’Uber. Les deux groupes avaient d’ailleurs confirmé qu’ils organiseraient un vote populaire, comme l’autorise la loi californienne, afin de « demander aux électeurs de soutenir les mesures favorables aux chauffeurs », selon Tony West. 



L’attaque contre l’Arabie saoudite lancée depuis le sol iranien, selon un responsable américain

Les services de renseignement américains disposent d’éléments qui permettent de localiser l’origine des tirs, a précisé ce responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. 

Les États-Unis ont la certitude que l’attaque du week-end contre l’Arabie saoudite a été menée depuis le sol iranien et que des missiles de croisière ont été utilisés, a indiqué mardi à l’AFP un responsable américain.

Sous le couvert de l’anonymat

Bien que l’attaque ait été revendiquée par les rebelles pro-iraniens Houthis qui tirent, depuis le Yémen, régulièrement des missiles balistiques sur des cibles dans le sud de l’Arabie saoudite, avec une précision toute relative, les services de renseignement américains disposent d’éléments qui permettent de localiser l’origine des tirs, a précisé ce responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Alors qu’on lui demandait si Washington avait la certitude que les missiles soient partis du sol iranien, le responsable a répondu « oui ».

De même, il a répondu par l’affirmative à la question de savoir si des missiles de croisière avaient été utilisés. Il a refusé de préciser le nombre de missiles de croisière utilisés. « Je ne rentrerai pas dans ce genre de détails », a-t-il répondu.

Une réduction de moitié de la production de pétrole

L’administration américaine est en train de préparer un dossier pour prouver ses dires et convaincre la communauté internationale, notamment les Européens, à l’Assemblée générale de l’ONU la semaine prochaine, a-t-il ajouté. Le président Donald Trump a déclaré lundi que l’Iran semblait être derrière l’attaque contre l’Arabie saoudite, mais il a ajouté qu’il souhaitait malgré tout « éviter » un conflit.

Les tirs de samedi ont entraîné la réduction de moitié de la production de pétrole du premier exportateur mondial et donc fortement entravé l’approvisionnement de la planète en or noir.