Le nombre de déplacés et réfugiés dans le monde est reparti à la hausse depuis 2009, le conflit syrien entraînant notamment une forte progression entre 2012 et 2015. 

Le monde comptait fin 2018 70,8 millions de personnes qui ont dû quitter leur foyer ou pays en raison des guerres ou persécutions, un record ne reflétant pas l’ampleur de l’exode des Vénézuéliens car seule une minorité demande l’asile, a annoncé l’ONU mercredi.

Le rapport annuel du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) souligne que 2018 a été marquée par la forte progression des déplacements internes en Ethiopie, suite à des violences intercommunautaires, et par une hausse des demandes d’asile présentées par ceux qui fuient la grave crise politique et économique au Venezuela. Le conflit syrien a continué de produire un grand nombre de réfugiés et déplacés. Les violences au Nigeria ont également été une source importante de déplacements.

Le rapport relève que le nombre total des « déracinés » dans le monde — comptabilisant les réfugiés (25,9 millions, les déplacés internes (41,3 millions) et les demandeurs d’asile (3,5 millions) — a progressé de 2,3 millions par rapport à 2017. Cette estimation reste « prudente », pointe le HCR, car « bien que la plupart des Vénézuéliens doivent pouvoir bénéficier du système de protection internationale des réfugiés, à peine un demi-million » ont déposé une demande d’asile.

5,5 millions de réfugiés palestiniens 

Le nombre de déplacés et réfugiés dans le monde est reparti à la hausse depuis 2009, enregistrant une forte progression entre 2012 et 2015 avec le conflit syrien. 

En ce qui concerne les réfugiés, 5,5 millions sont des Palestiniens, qui relèvent de la compétence de l’UNRWA. Les autres proviennent, pour une grande majorité, de cinq pays : Syrie, Afghanistan, Soudan du Sud, Birmanie et Somalie. Les Syriens – plus d’un demi-million- sont aussi ceux qui ont déposé le plus grand nombre de demandes d’asile l’an dernier, la majorité l’ayant fait en Turquie. Viennent ensuite les Vénézuéliens (341.800), qui se sont rendus pour la plupart en Colombie et au Pérou.

Donald Trump lance sa campagne pour 2020 sur un air de 2016

Sans surprise, le président américain a annoncé à l’occasion d’une réunion publique à Orlando son intention de briguer un second mandat, sans pour autant apporter des propositions nouvelles par rapport à sa campagne de 2016.

Sous les cris d’une foule enthousiaste, Donald Trump a lancé mardi en Floride sa campagne pour 2020, reprenant ses thèmes favoris de 2016 et attaquant avec violence les démocrates accusés de vouloir « détruire le rêve américain ». Très à l’aise au pupitre, fidèle à son style provocateur, le président américain, en quête d’un second mandat après sa victoire-surprise de 2016, a galvanisé les quelque 20.000 supporteurs venus l’écouter à Orlando.

Promettant « un séisme dans les urnes », Donald Trump l’a assuré : « nous y sommes arrivés une fois, nous y arriverons encore. Et cette fois nous allons finir le travail ». « Quatre ans de plus ! Quatre ans de plus ! », reprenaient régulièrement ses soutiens dans la salle de l’Amway Center, rythmant un discours à la tonalité nationaliste très agressive dans lequel il a de nouveau dénoncé l’immigration clandestine et promis de défendre les travailleurs américains face à la concurrence étrangère jugée déloyale. Mais il s’est présenté à Orlando sans nouvelles propositions.

Les ficelles de la campagne de 2016

Faisant huer tour à tour les médias « Fake News », sa rivale en 2016 Hillary Clinton, Barack Obama ou encore l’enquête du procureur spécial Robert Mueller, il a accusé ses adversaires politiques d’être « guidés par la haine », ciblant la vingtaine de candidats démocrates qui espèrent lui ravir la Maison Blanche.  « Voter pour un démocrate, quel qu’il soit, en 2020, c’est voter pour la montée du socialisme radical et la destruction du rêve américain », a-t-il affirmé.

L’impétueux président américain, en position délicate dans les sondages, sait qu’il devra s’imposer dans le « Sunshine State » s’il veut se maintenir huit ans au pouvoir comme ses trois prédécesseurs, Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton.

« Keep America great »

Jouant avec la foule, Donald Trump a fait mine de lui faire choisir, à l’applaudimètre, le meilleur slogan possible. « Vous êtes prêts ? Je veux vous entendre ! », a lancé l’ancien animateur de télé-réalité. « Make America Great Again » (Rendre à l’Amérique sa grandeur) ? « Keep America Great » (Garder sa grandeur à l’Amérique) ? Cette base fidèle constituera l’un de ses atouts pour tenter de décrocher un second mandat en 2020.  Cravate rouge, il s’est rendu en Floride avec son épouse Melania, une grande partie de sa famille, son vice-président Mike Pence et de fidèles alliés républicains.

Aucun suspense sur le fond: l’ancien homme d’affaires de New York, en campagne permanente, n’avait jamais fait mystère de sa volonté de se représenter. Mais ce rassemblement lui a donné l’occasion de capter toute la lumière, avant une séquence qui sera plus favorable à ses adversaires démocrates. Celui qui s’est présenté en 2016 comme le candidat anti-système et anti-élites semble déterminé à conserver le ton et la posture de l’outsider, mais l’équation n’est pas la même après plusieurs années au pouvoir.