Twitter, Facebook… L’application Bodyguard peut-elle mettre fin à la haine sur les réseaux sociaux ?

L’application Bodyguard promet à ses utilisateurs de les protéger du cyber-harcèlement, comme l’explique sur Europe 1 son fondateur Charles Cohen.

LE TOUR DE LA QUESTION

“Je viens d’engager un garde du corps pour Twitter. Il est français, jeune et gratuit.” Début mai, la députée La République en marche Aurore Bergé, 59.000 tweets depuis 10 ans, indiquait à ses 46.000 abonnés avoir recruté un protecteur sur le réseau social. Son nom ? Bodyguard, une application lancée il y a deux par Charles Cohen et qui séduit de plus en plus de responsables politiques exposés sur Twitter. 

2% d’erreurs

“Bodyguard a été créée pour lutter activement contre le cyber-harcèlement, c’est-à-dire les propos haineux destinés à une personne”, décrit lundi sur Europe 1 son jeune fondateur de 23 ans, pour qui “la haine entraîne une restriction de la liberté d’expression” sur les réseaux sociaux. “Les jeunes ont peur de créer et de s’exposer publiquement sur Internet”, résume-t-il.

Concrètement, l’utilisateur est invité à se connecter avec ses comptes YouTube, Twitter et Twitch avant de paramétrer les messages qu’il voudra ne plus voir. Ensuite, l’application va cacher des messages haineux. “Notre technologie détecte 90% des contenus haineux et elle fait à peu près 2% d’erreurs, ce qui est très faible”, assure Charles Cohen.

“Ne pas analyser l’opinion des gens”

Mais comme il le prévient, Bodyguard ne va pas mettre un terme aux contenus haineux sur les réseaux sociaux. “Nous, on ne traite pas les discours de haine : si vous postez un tweet ou un commentaire qui vise un groupe de personnes et non pas l’utilisateur que l’on protège, ça va être laissé”, décrit le fondateur. “C’est une volonté de ne pas analyser l’opinion des gens et de ne pas supprimer ce que les gens osent dire derrière un ordinateur mais n’oseraient pas dire dans la vraie vie.”

Le jeune créateur veut maintenant lancer une version familiale : “Je veux développer ça pour les familles, parce que la lutte contre le cyber-harcèlement doit passer par l’éducation”, affirme-t-il. Les parents seraient “alertés en temps réel si leur enfant est victime ou auteur de cyber-harcèlement sur Internet. Malheureusement, les enfants reçoivent une très bonne éducation dans la vraie vie, mais il est possible qu’ils envoient des atrocités sur Internet. Les parents auraient un rapport journalier, avec l’aide de certains psychiatres”, pour traiter au mieux le cyber-harcèlement.

Économie

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