À l’heure de la retraite, l’ambassadeur de France à Washington compare Trump à Louis XIV

Dans un entretien au quotidien britannique “The Guardian”, Gérard Araud a comparé Donald Trump à “un vieux roi un peu capricieux, imprévisible et mal informé”.

Donald Trump comme Louis XIV, “un vieux roi un peu capricieux, imprévisible et mal informé qui veut malgré tout prendre toutes les décisions” : à l’heure de la retraite, l’ambassadeur de France aux États-Unis Gérard Araud dresse un portrait cinglant du président américain.

Dans un entretien publié par le quotidien britannique The Guardian vendredi, jour de son départ à la retraite, le désormais ex-diplomate estime que “l’Amérique d’abord” promise par le milliardaire républicain “c’est l’Amérique seule”.

“Ce président et cette administration n’ont pas d’alliés, n’ont pas d’amis”, affirme celui qui a auparavant été notamment ambassadeur aux Nations unies et en Israël. Selon lui, l’administration Trump “ne pense pas en termes de coopération multilatérale” et “n’a aucune affection à l’égard des Européens”. “Elle traite les Européens comme elle traite les Chinois”, ajoute-t-il, mettant en garde Londres, qui espère négocier un traité commercial avec Washington après le Brexit : “Lorsque les Britanniques viendront pour un accord de libre-échange, il y aura du sang sur les murs et ce sera du sang britannique”.

Un ambassadeur sans langue de bois et actif sur Twitter

Gérard Araud, 66 ans, est connu pour avoir été un ambassadeur sans langue de bois. Très actif sur Twitter – à l’instar de Donald Trump  -, ses réactions à chaud et peu diplomatiques ont souvent suscité de vives polémiques. “Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s’effondre devant nos yeux. Un vertige”, avait-il ainsi tweeté la nuit de la victoire de Donald Trump, en novembre 2016. Un message qui lui a valu d’intenses critiques, bien qu’il l’ait très rapidement effacé.

“J’ai eu beaucoup d’ennuis avec ma propre capitale. Malheureusement, avoir raison trop tôt, c’est avoir tort”, dit-il au Guardian. “Rétrospectivement, bien entendu j’avais raison”, assure-t-il. “Mon monde, mon monde de certitudes, était vraiment en train de s’effondrer et nous étions face à une vraie crise, substantielle, dangereuse”, poursuit-il. “Je pense que nous entrons dans une nouvelle ère. Mais je ne sais pas comment sera cette ère.” Le successeur de Gérard Araud comme ambassadeur de France aux États-Unis n’a pas encore été nommé, mais le conseiller diplomatique du président Emmanuel Macron, Philippe Etienne, est pressenti.

Plus de 750 arrestations à Londres après une semaine de blocages “écologiques”

Le groupe de désobéissance civile “Extinction Rebellion” a mené toute la semaine des blocages pour réclamer un “état d’urgence écologique”. Au total, plus de 750 personnes ont été arrêtées depuis lundi. 

Leur mode d’action est souvent très simple : bloquer la circulation en occupant l’espace public pour se livrer à diverses activités, ou tout simplement en restant assis. Depuis une semaine, les membres du groupe de désobéissance civile “Extinction Rebellion” se mobilisent à Londres pour réclamer un “état d’urgence écologique”. Yoga, massages, discours, concerts ou attente en position du lotus, ils ont perturbé le trafic sur Waterloo Bridge, Parliament Square, Oxford Circus ou encore Marble Arch. Au total, plus de 750 militants ont été arrêtés par la police depuis lundi.

“Vous savez que vous n’en faites pas assez”

Né au Royaume-Uni et désormais présent à l’international, y compris en France, “Extinction Rebellion” réclame trois choses : la proclamation d’un “état d’urgence climatique et écologique”, l’élaboration d’un plan d’actions pour “réduire à zéro” les émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici à 2025 et la création d’une “assemblée citoyenne” qui, aidée d’avis scientifiques, se prononcerait sur des questions climatiques. Les activistes ont interpellé directement la Première ministre conservatrice, Theresa May, sur Twitter : “Nous savons que vous n’en faites pas assez [pour le climat]”, ont-ils écrit. “Vous savez que vous n’en faites pas assez. Parlons-en, alors.”

Sur les 750 interpellations, au moins 28 se sont soldé par des poursuites judiciaires. Mais la police gère difficilement un tel volume d’arrestations. Leur nombre pose “un problème logistique en termes d’espace cellulaire”, a regretté la Metropolitan Police dans un communiqué. Celle-ci a également souligné que cela détournait les agents de police de leurs autres missions. De son côté, Scotland Yard a également souligné un fait “inhabituel” : “la volonté des participants d’être arrêtés et leur manque de résistance aux arrestations.” Un comportement illustrant le mode opératoire du mouvement, qui prône la désobéissance civile non violente. Scotland Yard a d’ailleurs déployé plusieurs unités pour venir en aide à la “Met”, ainsi qu’une “équipe d’enlèvement des manifestants”.

Greta Thunberg et Emma Thompson au soutien

La semaine prochaine, Greta Thunberg, cette activiste suédoise de 16 ans devenue leader des jeunes engagés pour la défense de l’environnement, devrait rencontrer des politiciens britanniques. Elle a d’ores et déjà indiqué au Guardian qu’elle souhaitait rallier les militants d'”Extinction Rebellion” s’ils poursuivaient leur action jusqu’à son arrivée. “Je pense que c’est l’un des mouvements les plus importants et les plus porteurs d’espoir de notre époque”, a-t-elle expliqué. “La désobéissance civile est nécessaire pour attirer l’attention sur la crise écologique et climatique actuelle.” Les militants peuvent aussi compter sur le soutien de l’actrice Emma Thompson, venue des États-Unis pour les soutenir dans la rue.

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