Algérie : mise en garde de l’armée qui réitère son appel à déclarer Bouteflika inapte

“La position” de l’armée” sur la mise en oeuvre de cet article “demeure immuable”, a assuré le général Gaïd Salah, ancien soutien indéfectible du chef de l’Etat et dont la proposition a été largement perçue comme un lâchage du président Bouteflika

La récente proposition de l’armée algérienne d’écarter le président Abdelaziz Bouteflika est la seule qui puisse faire sortir l’Algérie de la crise actuelle, a répété samedi le chef d’état-major, mettant en garde contre des solutions anticonstitutionnelles.

Une “campagne médiatique virulente” contre l’armée. “La position” de l’armée” sur la mise en oeuvre de cet article “demeure immuable”, a assuré le général Gaïd Salah, ancien soutien indéfectible du chef de l’Etat et dont la proposition a été largement perçue comme un lâchage du président Bouteflika. Il a ensuite dénoncé la préparation d’une “campagne médiatique virulente” contre l’armée visant à faire croire, selon lui, “que le peuple algérien rejette l’application de l’article 102 de la Constitution”. Des “parties malintentionnées” préparent “un plan visant à porter atteinte à la crédibilité” de l’armée, a-t-il déclaré, assurant qu’il s’agissait là d’une “ligne rouge”. “La majorité du peuple algérien, à travers les marches pacifiques, a accueilli favorablement la proposition” de l’armée, a estimé le général.

Vendredi, des millions d’Algériens sont descendus pour la 6ème semaine consécutive dans la rue, une mobilisation qui n’a pas faibli. De nombreux observateurs l’ont perçue un rejet de la proposition de l’armée.

Changement climatique : l’Alaska vers des records de chaleur

L’État de l’Alaska enregistre des records de températures en ce mois de mars. Un printemps particulièrement précoce qui a de nombreuses conséquences sur les activités humaines.

Les habitants de l’Alaska, État le plus septentrional des États-Unis, sont confrontés depuis plusieurs semaines à une douceur exceptionnelle, avec des records de température dépassant par endroits de plus de 15°C les normales saisonnières.

“Les mois de février et mars ont tous deux été exceptionnellement doux. Et beaucoup d’endroits sont en passe de battre le record de chaleur pour mars”, résume Rick Thoman, spécialiste du Centre d’évaluation et de politique du climat de l’Alaska.

“Maintenant on a un temps de mois d’avril ou mai dès le mois de mars”

Des villes comme Wainwright, Nuiqsut, Kaktovi et Barrow, situées dans le nord de l’État américain, sur sa façade arctique, pourraient connaître ce week-end des températures supérieures de 14 à 22°C aux normales saisonnières. “À Barrow ce mois-ci, on a enregistré cinq jours différents de records de température”, souligne le chercheur.

Après Christchurch, l’Australie voisine veut des lois pour emprisonner des dirigeants de réseaux sociaux

Après le massacre de 50 musulmans dans deux mosquées de Nouvelle-Zélande, l’Australie s’apprête à se doter de lois permettant d’infliger de lourdes peines de prison ou amendes aux dirigeants des plateformes qui diffusent des images à caractère extrémiste.

L’Australie s’est engagée samedi à adopter une législation qui permettra d’infliger des peines de prison ou de lourdes amendes aux dirigeants de médias ou de réseaux sociaux omettant de retirer des images à caractère extrémiste, deux semaines après le carnage de Christchurch.

Un massacre diffusé en direct

Ces nouvelles lois seront présentées au Parlement la semaine prochaine. Après le massacre de cinquante personnes le 15 mars dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, par un suprémaciste blanc australien qui a filmé son parcours meurtrier, le gouvernement de Canberra fait pression auprès des médias sociaux pour qu’ils empêchent l’utilisation de leurs plateformes par des terroristes.

Quelques heures après le massacre, Facebook avait assuré avoir retiré “rapidement” 1,5 million de copies de la vidéo de l’attaque diffusée en direct sur le réseau social. La vidéo de 17 minutes était cependant facilement récupérable plusieurs heures après l’attaque.

Les plateformes de diffusion considérées comme responsables des contenus

“Les grandes entreprises de médias sociaux ont pour responsabilité de prendre les mesures nécessaires pour que leurs produits technologiques ne soient utilisés par des terroristes meurtriers”, a déclaré le Premier ministre australien Scott Morrison dans un communiqué.

Scott Morrison, qui a rencontré mardi des responsables de ces entreprises, notamment Facebook, Twitter et Google, a affirmé que l’Australie encouragera les autres pays membres du G20 à leur demander des comptes.

Des amendes jusqu’à 10% du chiffre d’affaires des réseaux sociaux

Selon le procureur général Christian Porter, cette nouvelle législation doit créer une infraction pénale consistant, pour toute plateforme, à omettre de détruire rapidement des “documents violents et répugnants” comme une attaque terroriste, un meurtre ou un viol. Les dirigeants de médias sociaux reconnus coupables seraient passibles de trois ans de prison et leurs entreprises – dont les revenus annuels peuvent atteindre des dizaines de milliards de dollars – d’amendes pouvant atteindre 10% de leur chiffre d’affaires annuel. 

“Les médias grand public diffusant ce type de documents pourraient perdre leur licence et il n’y a aucune raison pour que les réseaux sociaux soient traités différemment””, a ajouté le procureur général. 

International

Macron insiste sur le refus de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le Golan

Pour l’Élysée, la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur ce territoire occupé situé entre l’État hébreu, la Syrie, la Jordanie et le Liban serait contraire au droit international.

Emmanuel Macron a réitéré vendredi le rejet par la France de la décision américaine de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le Golan. “Le Président de la République a souligné que la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan, territoire occupé, était contraire au droit international et ne pouvait qu’alimenter les tensions régionales”, écrit l’Élysée dans un communiqué diffusé à la suite d’une visite à Paris du roi Abdallah II de Jordanie. 

Les États-Unis ont reconnu la souveraineté d’Israël sur le Golan. Le président américain Donald Trump s’est prononcé le 21 mars en faveur de la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le Golan, une décision en rupture avec la position des Etats-Unis depuis des décennies. La diplomatie française avait aussitôt rappelé sa position opposée à l’annexion israélienne de ce plateau conquis sur la Syrie en 1967 par l’Etat hébreu. Territoire stratégique pour les deux pays, il est riche en eau et surplombe la Galilée et le lac de Tibériade du côté contrôlé par Israël.

Crises régionales. Emmanuel Macron a reçu vendredi le roi Abdallah II pour échanger sur les crises régionales, en particulier la Syrie et le conflit israélo-palestinien. “Les deux dirigeants ont rappelé leur attachement à une solution politique à la crise syrienne, seul moyen d’éteindre durablement le foyer d’instabilité que constitue aujourd’hui cette crise pour la région et pour l’Europe”, a affirmé l’Elysée après la rencontre.

“Pour la France, en l’absence de progrès vers une telle solution inclusive, la normalisation des relations avec le régime de Damas minerait toute perspective de paix en Syrie et par conséquent toute probabilité de retour sûr, digne et volontaire des réfugiés syriens.” Celle-ci lui a également donné l’occasion de redire que pour Paris, “la solution au conflit israélo-palestinien passe par la reconnaissance de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et dans des frontières reconnues et sûres, avec Jérusalem comme capitale”.

À l’ONU, Angelina Jolie plaide pour une Amérique impliquée dans le monde

L’envoyée spéciale du Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU a livré un plaidoyer pour une Amérique à l’opposé des décisions unilatérales de Donald Trump, vendredi. 

L’actrice Angelina Jolie, envoyée spéciale du Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU, a plaidé vendredi à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies pour une implication des Etats-Unis sur la scène internationale, à l’opposé des vues isolationnistes de Donald Trump.

“J’aime mon pays et je veux le voir prospérer”. “Je suis une patriote, j’aime mon pays et je veux le voir prospérer”, a-t-elle dit lors d’une session consacrée aux opérations de paix. “Je crois aussi en une Amérique qui est membre de la communauté internationale”, a-t-elle déclaré. “C’est en travaillant ensemble sur un pied d’égalité que les pays peuvent réduire le risque de conflit”, a souligné l’actrice américaine. “C’est ainsi que nous pouvons éviter d’avoir à envoyer des hommes et des femmes de nos armées combattre et se sacrifier à l’étranger”.

Un tacle à Donald Trump. Depuis son entrée en fonctions en janvier 2017, le président républicain Donald Trump, à coup de décisions unilatérales fondées sur le principe de “l’Amérique d’abord”, a manifesté son scepticisme vis-à-vis des organisations internationales et de certaines des alliances traditionnelles des Etats-Unis. À l’ONU, la politique américaine est notamment axée sur la réduction des coûts.

Fin du changement d’heure : un chaos annoncé en Europe ?

Chaque pays de l’UE devra choisir d’ici 2021 s’il souhaite se caler sur l’heure d’été ou d’hiver, mais la fin du changement d’heure risque de virer au casse-tête et d’entraîner des situations incohérentes.

La France passe dimanche à l’heure d’été… Et ça pourrait bien être une des dernières fois, alors que l’Union européenne souhaite la fin du changement d’heure saisonnier d’ici 2021. Le Parlement européen a voté un projet de loi en ce sens mardi, après une grande consultation citoyenne menée l’été dernier qui s’est largement prononcée pour la fin du changement d’heure. Chaque pays de l’UE devra ainsi choisir sur quelle heure, d’été ou d’hiver, il souhaite se caler. Mais la fin du changement d’heure en Europe pourrait bien être source de désordre, alors que des divergences se dessinent entre les différents pays.

À l’heure du choix

Le projet de loi adopté mardi par le Parlement européen laisse à chaque pays de l’UE le choix de rester à l’heure d’hiver ou à l’heure d’été, dans deux ans. Et pour le moment, les gouvernements font preuve de cacophonie : si l’Allemagne et les Etats baltes approuvent ce projet, le Portugal se dit formellement contre, tandis que la France comme l’Italie appellent à ne rien précipiter. 

En revanche, du côté des citoyens européens, le verdict est sans appel : d’après la consultation européenne menée sur Internet cet été, 84% des répondants (sur environ 4,6 millions de participants) se disent pour la fin du changement d’heure saisonnier. Et si l’heure d’été a eu majoritairement leur préférence, des divisions persistent toutefois, notamment en fonction de la géographie.

Ceux qui veulent opter pour l’heure d’été. Les Irlandais et les Polonais se sont dits massivement pour le passage permanent à l’heure d’été, lors de la consultation citoyenne européenne. Contrairement à leur gouvernement, les Portugais se disent eux aussi pour la fin du changement d’heure, avec une préférence pour l’heure d’été.

Il en va de même pour les Français : d’après une consultation nationale lancée par l’Assemblée nationale en février, qui a recueilli plus de deux millions de réponses,83% des Français souhaitent la fin du changement d’heure, et une majorité (59%) préfèrent rester à l’heure d’été.

Se caler sur l’heure d’hiver permanente. En revanche, plusieurs pays du nord de l’Union européenne sont eux partisans de se caler sur l’heure d’hiver toute l’année. C’est notamment le cas de la Finlande, du Danemark et des Pays-Bas.

Pour le statu quo. D’autres populations ont pour leur part exprimé leur volonté de conserver le système actuel, en changeant d’heure deux fois par an, comme les Grecs, les Chypriotes et les Maltais.

Chacun voit midi à sa porte…

Changer de fuseau horaire. Signe du chaos annoncé avec la fin du changement d’heure dans l’UE : certains pays veulent saisir l’occasion pour carrément changer de fuseau horaire. C’est le cas de l’Espagne, qui voudrait se caler sur le fuseau horaire du Portugal voisin, à l’heure du méridien de Greenwich (GMT), afin de simplifier les échanges sur la péninsule ibérique (voir encadré*). Sauf que ce serait sortir du fuseau horaire de la France, sa porte d’entrée et de sortie sur le reste de l’UE… La Finlande pense quant à elle à s’aligner sur le fuseau horaire de la Suède voisine plutôt que sur les pays baltes, et donc de passer à GMT+2 à GMT+1.

Le cas particulier du Brexit. Quant au Royaume-Uni, dont la sortie effective de l’UE est encore incertaine, il pourrait ne pas être concerné par cette réforme européenne, comme le soulignent Les Echos. Ainsi, le changement d’heure saisonnier perdurerait en Irlande du Nord mais pourrait être aboli en République d’Irlande, ce qui créerait un décalage temporel entre le nord et le sud de l’île la moitié de l’année.

Quid des fuseaux horaires ?

Des transfrontaliers bientôt déboussolés ? De même, si la France opte pour l’heure d’été mais que ses voisins du Luxembourg, de la Belgique et de la Suisse choisissent l’heure d’hiver, cela compliquera inévitablement la vie de milliers de travailleurs frontaliers. “On risque d’avoir des horaires différents alors qu’on est dans le même fuseau horaire”, a déploré l’eurodéputé Les Républicains Renaud Muselier auprès de Ouest France. “On doit caler l’horaire du continent sur la base des fuseaux horaires et non pas pays par pays. On doit se fixer tous ensemble sur l’heure d’hiver ou sur l’heure d’été, à appliquer en fonction des fuseaux horaires, et ensuite on change tous en même temps nos horloges”, propose-t-il, disant craindre de voir “des cas totalement incohérents sur le continent”.

C’est pourquoi la Commission européenne a notamment recommandé aux pays voisins de se concerter entre eux pour choisir l’heure qui leur conviendra le mieux. “En Allemagne, on se pose aussi la question de se caler sur le Benelux et la France. Mais si c’est juste pour une question d’identité, de cohérence européenne, certains experts soulignent dans les médias allemands qu’aux Etats-Unis, des Etats vivent très bien sur plusieurs fuseaux horaires différents”, rapporte la correspondante d’Europe 1 à Berlin Hélène Kohl. 

Trois fuseaux horaires. Aujourd’hui, 17 pays européens sont calés sur la même heure, et on compte un maximum de deux heures d’écart d’un bout à l’autre de l’UE, sur trois fuseaux horaires différents. Mais avec la fin annoncée du changement d’heure saisonnier, l’amplitude pourrait grimper à trois heures selon les choix de chacun, et cela entraînerait aussi bien des situations quotidiennes complexes que des perturbations économiques. Le casse-tête européen risquerait bien de virer au raté collectif… Reste que le projet de loi de l’UE doit encore faire l’objet de négociations entre le Parlement et le Conseil de l’Europe, et les pays ont un an pour faire leur choix.

*L’Espagne veut se coucher plus tôt

En Espagne, la question de la fin du changement d’heure saisonnier s’accompagne aussi d’une volonté de l’Etat de changer le rythme horaire dans le pays. “Ça fait trois ans que le sujet est sur la table. L’Espagne veut avoir une journée plus ‘européenne'”, explique le correspondant d’Europe 1 à Barcelone, Henry de Laguérie. Et pour cela, Madrid souhaite se caler sur le fuseau GMT, qui est celui de Lisbonne et Londres. “Les Espagnols ont un rythme décalé : l’école commence qu’à 9h, les matinales radio sont plus tardives, le film du soir est à 22h… Les gens ne voient pas l’intérêt d’avoir une pause déjeuner de deux heures alors qu’ils ne profitent pas de leurs enfants le soir”, détaille Henry de Laguérie. Reste que ce changement serait une véritable révolution dans le pays, et certains estiment que ce serait impossible à mettre en place.


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