La toile du peintre hollandais Salomon Koninck, va être rendue à New York aux descendants du collectionneur Adolphe Schloss lundi prochain. L’oeuvre lui avait été volée par les Allemands sous l’Occupation.

Un tableau du peintre hollandais Salomon Koninck, volé par les Allemands sous l’Occupation à la famille du collectionneur Adolphe Schloss, va être rendu à ses héritiers lundi prochain à New York, a indiqué le Consulat de France dans un communiqué.

Il s’agit d’une toile de 1639, intitulée A scholar sharpening his quill (« Savant aiguisant sa plume »), qui faisait partie de l’importante collection d’œuvres flamandes et hollandaises du collectionneur juif parisien. Selon le site de la maison de ventes Christie’s, l’oeuvre est évaluée à 10.000 à 15.000 euros. La restitution, par des agents du FBI, aura lieu en présence du ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Les noms des descendants d’Adolphe Schloss n’ont pas été immédiatement précisés.

Des tableaux spoliés puis revendus

Mis à l’abri au début de la guerre dans le Sud de la France, quelque 333 tableaux d’Adolphe Schloss, avaient été retrouvés et saisis en 1943 par les nazis. Une partie des œuvres, dont ce tableau de Koninck, avaient ensuite été expédiées au QG d’Hitler à Munich.

Disparu pendant des années, le tableau avait refait surface en novembre 2017, lorsqu’une négociante en art chilienne avait essayé de le vendre via une maison d’enchères new-yorkaise, avait indiqué en octobre dernier le procureur fédéral de Manhattan, en lançant une procédure formelle de restitution. La négociante avait expliqué aux autorités que son père avait acheté le tableau en 1952 à Walter Andreas Hofer, chargé des achats d’art pour le chef nazi Hermann Göring et acteur majeur dans la dispersion des biens spoliés.

Des procédures de restitution régulières

Des millions d’objets appartenant à des juifs ont été confisqués pendant l’Occupation, sur la base des lois antisémites adoptées par le gouvernement de Vichy, et les galeries d’art « aryanisées ». Le procureur de Manhattan, où sont basées de grandes maisons d’enchères, fait régulièrement état de demandes de restitution de biens spoliés pendant la Seconde guerre mondiale.