Nicolas Mathieu remporte le Goncourt avec “Leurs enfants après eux”

Nicolas Mathieu a reçu mercredi le plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone avec “Leurs enfants après eux”, roman d’apprentissage sur l’adolescence.

Nicolas Mathieu a reçu mercredi le prix Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone, avec Leurs enfants après eux (Actes Sud), fresque politique et sociale, roman d’apprentissage sur l’adolescence. “Mon impression, c’est la surprise, la joie, et aussi quand même un immense vertige. On fait un grand pas dans le vide. C’est la première fois de ma vie que je suis pris dans un barnum pareil, je suis vraiment ravi”, a réagi le lauréat au micro d’Europe 1. Leurs enfants après euxest le deuxième livre de Nicolas Mathieu, 40 ans.

Des adolescents tentent de tuer l’ennui au cœur de l’été. Comment se faire une vie quand à 14 ans on habite Heillange, une ville fictive mais qui ressemble à tant d’autres villes saignées par la mondialisation, avec ses hauts-fourneaux muets et l’ennui pour seul horizon ? Nicolas Mathieu suit une poignée d’adolescents, au cours de quatre étés (1992, 1994, 1996 et 1998). Tous ces gamins rêvent “de foutre le camp”, note l’écrivain, mais que faire d’ici là ? Dans la torpeur de l’été, on tente de tuer l’ennui en matant les filles rassemblées au bord du lac. Il y a l’espoir que “quelque chose arrive” même si les eaux du lac “ont la lourdeur de pétrole”. Les adultes ne sont pas mieux lotis. Le père d’Anthony, ancien métallo, vivote en faisant de l’entretien de jardins et s’épuise dans l’alcool et la rancœur.

“Un excellent roman”. Le titre du livre provient d’une citation biblique (Livre de Ben Sira le Sage) rappelant la vanité de toute chose : “Il y en a d’autres dont le souvenir s’est perdu; ils sont morts et c’est comme s’ils n’avaient jamais existé, c’est comme s’ils n’étaient jamais nés et de même leurs enfants après eux”. “C’est un excellent roman (…) Ce roman est écrit avec simplicité et efficacité, sans facilité mais sans trop d’effets de style non plus. Et contrairement aux personnages, on ne s’ennuie jamais”, commente Nicolas Carreau, journaliste littérature à Europe 1. 

L’an dernier, le Goncourt avait été attribué à Éric Vuillard pour L’ordre du jour (Actes Sud).

Le Renaudot à Valérie Manteau. Le prix Renaudot a quant à lui été attribué mercredi à Valérie Manteau pour Le Sillon (Le Tripode), qui évoque la figure du journaliste et écrivain Hrant Dink, militant de la cause arménienne assassiné par un nationaliste turc. 

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