Le président israélien fait la leçon au président philippin sur Hitler

En 2016, le président philippin Rodrigo Duterte s’était comparé à Hitler afin de justifier ses méthodes pour combattre la criminalité, avant de présenter ses excuses.

Le président israélien Reuven Rivlin s’est livré mardi à une brève leçon d’histoire surHitler lors d’une rencontre avec le président philippin Rodrigo Duterte qui s’était comparé au dictateur nazi responsable de la Shoah.

Hitler “était le diable sur terre”. “Hitler incarnait en fait le diable”, a-t-il dit au président philippin à Jérusalem, “c’était le diable sur Terre”. Reuven Rivlin a ajouté que la visite de Duterte lundi à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem, avait dû lui faire comprendre combien toute référence à Hitler était sensible.

En septembre 2016, le président philippin s’était comparé à Hitler afin de justifier ses méthodes sanglantes pour combattre la criminalité et le trafic de drogue qui ont fait des milliers de morts. “Hitler a massacré trois millions de juifs. Bon, il y a trois millions de drogués (aux Philippines). Je serais heureux de les massacrer”, avait-il dit. Selon les historiens, six millions de juifs ont été tués durant la Seconde Guerre mondiale.

Duterte remercie Israël pour son aide contre les djihadistes. Les propos du président philippin avaient suscité une profonde indignation internationale. Il avait présenté ses excuses et s’était rendu dans une synagogue quelques jours plus tard. Rodrigo Duterte a d’ailleurs paru très attentif aux propos de son homologue israélien, mardi. Il a ensuite parlé des relations commerciales avec Israël, et de l’achat d’armes par les Philippines.

“Vous nous avez fourni une aide cruciale” en équipements lors de la bataille contre les djihadistes dans la ville de Marawi en 2017, a dit Rodrigo Duterte. “En termes d’équipements militaires, en particulier pour la collecte du renseignement, les instructions que je donne à nos militaires, c’est : il n’y a qu’un pays où acheter (…): Israël”, a-t-il ajouté.

La visite fait polémique. L’opposition israélienne et les défenseurs des droits de l’Homme ont dénoncé la visite de Rodrigo Duterte en raison de ses méthodes brutales contre le trafic de drogue et de ses propos outranciers. Ils ont accusé le gouvernement israélien de fermer les yeux sur les violations des droits par par le président au nom d’intérêts commerciaux.

La visite de trois jours de Rodrigo Duterte pourrait aboutir à la signature de contrats significatifs, au moment où Manille prévoit un programme de plusieurs milliards de dollars de modernisation de ses forces armées.

Woodward dresse dans son livre le portrait accablant d’un Trump colérique et paranoïaque

Dans un livre à paraître de Bob Woodward, le président américain est décrit comme un “élève de CM2” par le ministre de la Défense, ou encore comme un “idiot” par son secrétaire général. 

Le livre très attendu du journaliste d’investigation Bob Woodward sur Donald Trump dresse le portrait accablant d’un président inculte, colérique et paranoïaque que ses ministres et collaborateurs s’efforcent en permanence de contrôler pour éviter les pires dérapages. Le Washington Post, qui a obtenu une copie du livre rédigé par celui qui a révélé, avec Carl Bernstein, le scandale du Watergate ayant contraint Richard Nixon à la démission, publie de nombreux extraits peu flatteurs pour le 45ème président des États-Unis.

“Un élève de CM2”. À l’issue d’une rencontre entre Donald Trump et son équipe de sécurité nationale sur la présence militaire dans la péninsule coréenne, le ministre de la Défense, Jim Mattis, particulièrement exaspéré, aurait dit à des proches que le président se comportait comme un “élève de CM2 ou de 6e”. Toujours selon les éléments rassemblés par Bob Woodward, après l’attaque chimique d’avril 2017 attribuée au régime du président syrien Bachar al-Assad, Donald Trump aurait appelé le général Mattis et lui aurait dit qu’il souhaitait l’assassiner. “Tuons-le bordel ! Allons-y ! On leur rentre dedans et on les bute”, aurait-il déclaré. Après avoir raccroché. Jim Mattis se serait tourné vers un conseiller et aurait dit : “Nous n’allons rien faire de tout cela. Nous allons être beaucoup plus mesurés.”

“C’est un idiot”. Bob Woodward décrit aussi, dans ce livre intitulé Fear : Trump in the White House, la frustration récurrente du secrétaire général de la Maison-Blanche, John Kelly, qui est traditionnellement l’homme le plus proche du président au sein de la “West Wing”. Lors d’une réunion en petit comité, il aurait ainsi affirmé, à propos de Donald Trump : “C’est un idiot. C’est inutile d’essayer de le convaincre de quoi que ce soit (…) Je ne sais même pas ce que nous faisons là. C’est le pire boulot que j’aie jamais eu.” La sortie du livre de Bob Woodward est prévue le 11 septembre.

Une délégation sud-coréenne entame des discussions au Nord

Mercredi, cinq membres d’une délégation sud-coréenne a entamé à Pyongyang des discussions en vue de la dénucléarisation de la péninsule. 

Une délégation sud-coréenne de haut rang a entamé mercredi avec des responsables nord-coréens des discussions au Nord au sujet de la tenue d’un prochain sommet intercoréen. L’objectif est de faire avancer les négociations sur la dénucléarisation.

Pour “mener à bien la dénucléarisation”. Cette délégation de cinq membres est emmenée par le conseiller à la sécurité nationale du président, Chung Eui-yong. Il a indiqué qu’il entendait discuter des façons de “mener à bien la dénucléarisation” de la péninsule coréenne et d’établir “une paix durable”. A Séoul, un porte-parole de la présidence sud-coréenne a confirmé que les discussions, au Nord, avaient débuté, sans donner de précisions.

Le rapprochement entre Pyongyang et Washington au point mort. Lors d’un sommet historique le 12 juin à Singapour, le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un étaient parvenus à un compromis très vague en faveur d’une “dénucléarisation complète de la péninsule coréenne”, dont les modalités et le calendrier ont été repoussés à des négociations de suivi. Cette promesse était loin de l’objectif initial des Etats-Unis, à savoir une “dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible”. Et ce processus entre Washington et Pyongyang est actuellement au point mort, comme l’a montré l’annulation surprise au dernier moment, le mois dernier par Donald Trump, d’un voyage en Corée du Nord de son secrétaire d’Etat Mike Pompeo.

Arrêter les détails d’un prochain sommet. L’objectif officiel de la visite au Nord d’une délégation sud-coréenne est d’arrêter les détails d’un nouveau sommet entre Kim Jong Un et le président sud-coréen Moon Jae-in, qui est censé intervenir ce mois-ci et serait le troisième depuis la fin avril. Mais des spécialistes du dossier coréen estiment que Chung Eui-yong, qui a dit qu’il remettrait à Kim Jong Un une lettre personnelle de Moon Jae-in, est probablement porteur d’une proposition pour sortir de l’impasse sur la question de la dénucléarisation. “On pense que l’émissaire va proposer que M. Kim s’engage de façon ferme à présenter une liste de ses armes nucléaires et de ses matériaux fissiles, qui est demandée par les Etats-Unis, en échange d’une déclaration de fin de la Guerre de Corée”, a déclaré Yang Moo-jin, de l’Université des études nord-coréennes. La Guerre de Corée s’est achevée en 1953 sur un simple armistice qui n’a jamais été suivi d’un traité de paix. 

En dépit de l’impasse dans les négociations avec le Nord, Donald Trump a formé le vœu que le prochain sommet intercoréen soit couronné de succès, lors d’un échange téléphonique mardi soir avec Moon Jae-in.

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