Un après Charlottesville, nouveau rassemblement néo-nazi attendu à Washington

Plusieurs centaines de sympathisants néo-nazis sont attendus dimanche, devant la Maison Blanche, pour un rassemblement sous tension. Qui rappelle qu’un an après les incidents de Charlottesville, l’ancrage de l’extrême droite américaine reste important.

Il y a un an jour pour jour, la municipalité américaine de Charlottesville, en Virginie, était le théâtre d’un rassemblement néo-nazi qui avait rapidement dégénéré, un sympathisant de l’extrême droite fonçant dans une foule de manifestants antiracistes et tuant une jeune femme. Un an plus tard, l'”alt-right” compte bel et bien de nouveau se faire entendre.

Devant la Maison Blanche. Cette fois, pas question d’aller à Charlottesville. Les manifestations y ont été interdites et la commune a décrété l’état d’urgence. C’est donc à Washington, dans le square Lafayette devant la Maison-Blanche, que l’organisation informelle “Unite the Right”, qui était déjà à l’origine du rassemblement l’année dernière, a reçu une autorisation pour réunir 400 personnes, à partir de 17h30 et pour deux heures seulement. Des contre-manifestants sont également attendus. Un important dispositif policier a été mis en place, principalement pour empêcher les deux groupes d’entrer en contact, avec plusieurs artères interdites à la circulation.

Eviter de nouveaux incidents. Les autorités veulent à tout prix éviter de nouveaux incidents, après le drame qui s’était produit l’année dernière. Alors que des néo-nazis s’étaient rassemblés pour protester contre le projet de la mairie de Charlottesville de déboulonner une statue du général confédéré Robert E. Lee, des heurts avaient éclaté entre suprématistes blancs et contre-manifestants. Un sympathisant néo-nazi avait alors foncé en voiture dans une foule de manifestants antiracistes, tuant une jeune femme de 32 ans, Heather Heyer, et faisant 19 blessés.

“Déverser la haine”. Si la maire de Washington, Muriel Bowser, n’a pas voulu interdire totalement la manifestation de l'”alt-right” cette année, c’est au nom du premier amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté d’expression. Mais l’élue porte un jugement sévère sur le rassemblement. “Nous savons que dimanche, des gens vont venir dans notre ville dans le seul but de déverser leur haine”, a-t-elle déclaré.

“Je ne veux pas de néo-nazis”. De son côté, l’organisateur du rally, Jason Kessler, a exprimé à la radio publique NPR le souhait que l’événement soit “apaisé” et pris publiquement ses distances avec la mouvance néo-nazie. “Je ne veux pas de néo-nazis à mon rassemblement”, a-t-il assuré. “Ils ne sont pas les bienvenus. J’espère qu’après, je pourrai discuter ou débattre avec des représentants de Black Lives Matter (mouvement contre les violences faites aux Noirs) ou les antifa, parce que je crois que nous devons avoir ce dialogue.”

Trump critiqué. Donald Trump a quant à lui posté un tweet dans lequel il dit “condamner tous les types de racisme et actes de violence”. Mais le président américain reste sous le feu des critiques, qui l’accusent précisément de mettre de l’huile sur le feu en favorisant, pendant sa campagne et depuis sa victoire électorale, l’émergence d’un discours extrémiste pro-blanc décomplexé. Selon des experts, les suprématistes blancs ont trouvé un nouveau souffle sous la présidence, certains se lançant même dans la course au Congrès. Et il y a un an, Donald Trump s’était contenté de renvoyer dos à dos néo-nazis et militants antiracistes, estimant que la violence venait “des deux côtés”.

“Le problème, c’est le racisme au quotidien”. Pour Nikuyah Walker, la maire afro-américaine de Charlottesville, élue en janvier dernier, on ne peut comprendre ce qui s’est passé à Charlottesville sans interroger le racisme dans sa globalité. “Le problème, ce n’était pas juste ces rassemblements ou la statue”, a-t-elle expliqué dans les médias américains. “Le problème, c’est le profond racisme que nous avons ici. Et c’est ça le challenge. Car même si les gens ne veulent pas de groupes d’extrême droite, d’hommes blancs qui marchent dans les rues en pantalon kaki, ils ont jusqu’à présent été plutôt à l’aise avec le racisme au quotidien qui ronge notre société.”

Charlottes ville se souvient. Dans sa commune, où la statue de Robert E. Lee trône toujours, le centre-ville a été cerné de grillages, de barrières en béton et de voitures officielles avec seulement deux points d’entrée pour les piétons. Samedi, quelques dizaines de militants “antifa”, vêtus de noir, ont brièvement marché dans ce quartier piéton, encadré de très près par la police. L’un d’entre eux portait une banderole rouge siglée “Good Night White Pride” (“bonne nuit fierté blanche”). Dans les rues piétonnes, des personnes avaient accroché des pancartes “C-ville is love” et des rubans en hommage à Heather Heyer, dont une portion de rue de Charlottesville porte le nom depuis fin 2017. Des gerbes de fleurs s’entassaient à l’endroit où la jeune femme a été renversée, tandis que des dizaines de policiers patrouillaient dans les rues.

-Venezuela : manifestation pour la libération d’un député de l’opposition

Des centaines de personnes ont manifesté samedi à Caracas pour demander la libération de Juan Requesens accusé d’avoir participé à l’attentat” qui aurait visé le président Nicolas Maduro.

Des centaines de personnes ont manifesté samedi à Caracas pour demander la libération du député de l’opposition vénézuélienne Juan Requesens accusé d’avoir participé au récent “attentat” qui aurait visé le président Nicolas Maduro.

“Juan, ta lutte est notre lutte !”, ont notamment scandé les quelque 300 manifestants parmi lesquels la sœur du parlementaire arrêté mardi, Rafaela Requesens, et son père, Gregorio Requesens. Des députés de l’opposition, majoritaire au Parlement, étaient également présents à ce rassemblement organisé par la Plateforme de l’unité démocratique (MUD), la principale coalition d’opposition.

Arrêté par la police secrète. Juan Requesens, du parti Primero Justicia (la justice d’abord), fondé par Julio Borges (l’ex-président du Parlement, qui vit en exil en Colombie), a été arrêté par des membres de la police secrète vénézuélienne. Ses proches ont affirmé que ni eux-mêmes ni ses avocats n’avaient pu depuis le voir : “mon fils a disparu”, a dénoncé son père. Vendredi Juan Requesens a été déféré devant la justice, mais son audition a été reportée à lundi.

Une “vidéo confession” rendue publique. Ce député de 29 ans s’est vu retirer son immunité parlementaire par l’Assemblée constituante, une institution toute puissante aux ordres du camp présidentiel et qui s’est emparée des prérogatives du Parlement, la seule institution contrôlée par l’opposition. Dans une vidéo tournée par les autorités qui l’ont rendue publique vendredi, Juan Requesens a admis sa participation à l'”attentat” à l’aide de drones chargés d’explosifs dont le chef de l’État socialiste dit avoir été victime le 4 août dernier. L’opposition estime que Juan Requesens a été menacé et drogué avant de témoigner.

-La mort d’une avocate devient un symbole du féminicide au Brésil

Une vidéo diffusée il y a quelque jours montrait un homme battre sa femme, puis celle-ci tomber de la fenêtre de leur appartement, du quatrième étage. Depuis, des manifestations se tiennent pour dénoncer les féminicides au Brésil.

Elle s’appelait Tatiana Spitzner, elle avait 29 ans, et elle est en train de devenir un symbole. La révélation de la mort de cette avocate, qui aurait été poussée du quatrième étage d’un bâtiment par son mari, a entraîné des manifestations à Curitiba (sud du Brésil) et attiré l’attention sur l’augmentation du nombre des violences faites aux femmes dans le pays.

Vidéo violente. Tout est parti de la diffusion, à la télévision il y a quelques jours, d’une vidéo prise par les caméras de surveillance de l’immeuble. Les images d’une grande violence montrent l’homme, actuellement détenu, en train de battre sa femme à plusieurs reprises et ont suscité l’indignation. On le voit porter des coups, poursuivre Tatiana Spitzner dans un parking, puis la forcer à prendre l’ascenseur qui mène à leur appartement, dans la ville de Guarapuava, non loin de Curitiba. Une autre caméra montre la jeune femme tomber par la fenêtre, avant que son mari ne récupère le cadavre pour le remonter dans l’appartement via l’ascenseur, la chemise couverte de sang. Des militants se sont donc emparés de la vidéo pour dénoncer le problème plus large des violences domestiques et des féminicides au Brésil.

Un nombre de viols en augmentation. Diffusé cette semaine, le rapport annuel de l’association du Forum brésilien pour la sécurité publique révèle que le nombre des meurtres de femmes a augmenté de 6% en 2017. Le rapport fait état de 1.133 femmes ciblées en raison de leur sexe ainsi que de 60.018 viols en 2017, soit 8% de plus qu’en 2016.  Des centaines de Brésiliens ont répondu samedi à l’appel d’une association d’avocats et défilé vêtus de blanc dans les rues de la capitale de l’Etat de Parana, avant un lâcher de ballons blancs à la mémoire de l’avocate morte.

Les féminicides “infestent le pays”. Le père de Tatiane Spitzner, présent pendant les manifestations, a déploré sur la chaîne de télévision G1 que les crimes liés au genre “infestent le pays”. Le site internet de G1 avait révélé vendredi des déclarations du suspect dans lesquelles il dit penser que sa femme a sauté de son plein gré. G1 cite le rapport des experts psychologues qui stipule que l’homme “ne se souvient pas de ce qu’il s’est passé”. Selon ses avocats, il n’est pas coupable.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *