Le Canada renforce le contrôle biométrique des demandeurs de visa

Le Canada va récolter les données biométriques (empreintes digitales et photo) des ressortissants venant de pays d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient, pour “renforcer [ses] frontières”. Les touristes seront exemptés de cette exigence.

Le Canada a renforcé le contrôle biométrique de demandeurs de visa originaires de plusieurs régions du monde, dont l’Europe, qui doivent depuis mardi fournir leurs empreintes digitales, a annoncé le ministère de l’Immigration dans un communiqué.

Des données biométriques. À compter du 31 juillet, “tous les ressortissants de pays d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient sont tenus de fournir leurs données biométriques (empreintes digitales et photo) s’ils présentent une demande de visa de visiteur, de permis de travail, de permis d’études ou de résidence permanente au Canada”, a expliqué cette source. Cette mesure sera étendue aux visiteurs d’Asie et d’Amérique à la fin de l’année.

Une exception pour les visas de tourisme. En revanche, cette nouvelle exigence ne concerne pas les ressortissants de pays dispensés de l’obligation de visa lorsqu’ils viennent pour des raisons touristiques. Ils doivent simplement disposer d’une Autorisation de voyage électronique (AVE) valide, a précisé le ministère. 

Cette exemption de visa de tourisme concerne la plupart des pays européens et des pays avec lesquels le Canada entretient des relations étroites comme les États-Unis, Israël, le Japon, le Mexique, le Chili ou les Emirats arabes unis. Ces données biométriques ne devront être fournies qu’une fois tous les dix ans et les empreintes seront vérifiées dans les grands aéroports et d’autres points d’entrée.

“Renforcer” les frontières canadiennes. Selon le ministère, le Canada recueillait déjà des données biométriques (empreintes digitales) de demandeurs d’asile depuis 1993 et de ressortissants de trente pays depuis 2013. “En élargissant notre programme de biométrie, nous facilitons l’entrée au Canada et protégeons l’intégrité de notre système d’immigration en établissant rapidement et avec précision l’identité d’un voyageur”, a fait valoir Ahmed Hussen, ministre de l’Immigration, cité dans le communiqué. Pour le ministre de la Sécurité frontalière Bill Blair, cela “permettra de renforcer nos frontières et découragera ceux qui tentent de venir au Canada sous des prétextes fallacieux”.

Des données partagées avec les États-Unis ? Ottawa a souligné que plus de 70 pays utilisaient d’ores et déjà la biométrie pour gérer leurs frontières : parmi eux, les partenaires du Groupe des cinq pour les migrations dont font partie le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande, les 26 États de l’espace Schengen en Europe et d’autres pays comme le Japon ou l’Inde. Le ministère a précisé que le Canada pourrait partager les données recueillies avec ses partenaires du Groupe des cinq, en particulier les États-Unis.

Le Canada utilise des sites généalogiques pour le renvoi de migrants

Dans des cas extrêmes, le gouvernement canadien a recours à des tests ADN et des sites généalogiques pour retrouver la nationalité des migrants qu’ils cherchent à expulser vers leur pays d’origine.

Le gouvernement canadien utilise des tests d’ADN et des sites généalogiques pour établir la nationalité de ressortissants étrangers placés en rétention avant leur éventuel renvoi du pays, a indiqué lundi la police des frontières.

Une solution de dernier recours. Ces techniques ne sont utilisées que dans des cas extrêmes, comme dans celui d’un demandeur d’asile arrivé au Canada en 2011 avec un faux passeport français. Il prétendait être originaire de Guinée, pays qui l’a finalement refoulé lorsque le Canada a tenté de le renvoyer en 2013.

“L’ASFC utilise les tests d’ADN afin de déterminer l’identité des personnes détenues à long terme après avoir épuisé toutes les autres ressources d’enquête”, a expliqué Jayden Robertson, porte-parole de l’Agence des services frontaliers du Canada (AFSC) dans un courriel. “Les tests d’ADN aident l’ASFC à déterminer l’identité en fournissant des indicateurs sur la nationalité, ce qui nous permet de concentrer nos recherches sur certains pays”, a souligné ce porte-parole.

Un consentement arraché ? L’Agence assure obtenir le consentement des ressortissants avant de soumettre leurs renseignements à des sites internet d’ADN. Cette affirmation est cependant remise en question par Jared Will, un avocat de Toronto représentant plusieurs ressortissants qui ont subi des tests d’ADN.

“D’après mon expérience, l’ASFC fait ces demandes aux détenus qui, en cas de refus, sont accusés de ne pas coopérer aux efforts en vue de leur renvoi. Ce refus de coopérer est ensuite invoqué comme justification pour leur détention prolongée”, a-t-il déclaré.

Un contexte de forte migration vers le Canada. D’autres critiques soulignent que l’origine ethnique d’une personne n’est pas gage de sa nationalité. Cette affaire d’abord révélée par le site Vice News survient alors que plus de 30.000 demandeurs d’asile ont fui les États-Unis pour le Canada depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, en janvier 2017

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