Canicule : d’ici 2050, “des températures records de l’ordre de 55 degrés dans l’Est de la France”

Alors que la chaleur s’abat sur la France, et que la canicule a déjà gagné le nord de l’Europe, le climatologue Jean Jouzel alerte sur l’inquiétante évolution des températures dans nos régions.

Une vague de chaleur est attendue sur toute la France la semaine prochaine. Le mercure pourrait monter jusqu’à 37 degrés dans le sud à partir de mercredi. Les régions du Centre-Est et de la basse Vallée du Rhône seront les plus exposées. “On peut craindre une canicule en France”, prévient le vice-président du GIEC, Jean Jouzel, dimanche sur Europe 1.

Une augmentation de 10 degrés. Pour le climatologue, le monde est présentement “au pied du mur”. “Dans la deuxième partie de ce siècle, on a des risques de canicules de plus en plus importants, y compris en France et sur l’ensemble de l’Europe, qui est aussi un continent vulnérable”, alerte-t-il. “Quand on regarde les températures en France, elles ne dépassent pas actuellement les 42-49 degrés. Dans un contexte de réchauffement climatique, dans la deuxième partie du siècle, on pourrait craindre des températures record de l’ordre de 50 degrés, voire 55 degrés sur l’Est de la France. On passe dans un autre monde”, s’inquiète-t-il.

 Prendre des mesures d’envergure. Avec de telles prévisions, Jean Jouzel est formel : il est capital de prendre des mesures fortes. “Ça montre que l’accord de Paris doit être mené à son terme et que les objectifs doivent être respectés, ce qui n’est pas le cas actuellement”, déplore le scientifique, qui tire la sonnette d’alarme depuis de nombreuses années au sein du Groupe d’experts sur l’évolution du climat.

Le nord de l’Europe en souffrance. Cette vague de chaleur concerne tout le nord de l’Europe. La sécheresse frappe la Grande-Bretagne, et la Scandinavie ou la Lettonie subissent pour la première fois le sort des pays du sud. On a même relevé 33 degrés sur l’extrême nord de la Norvège. “C’est inédit pour ces régions”, fait remarquer Jean Jouzel sur notre antenne. Mais au-delà des températures, les conséquences sur l’environnement et les habitations sont très visibles. Quelque 25.000 hectares de forêt sont partis en fumée ces derniers jours en Suède.

“Ces pays ne sont pas du tout préparés à faire face à des feux de forêt. Il est prioritaire de protéger les habitations”, alerte Jean Jouzel. “Pour ces pays, 2018 est la troisième année la plus chaude après 2017 et 2016. On est donc dans un contexte d’années successives chaudes et de réchauffement climatique global lié à nos activités humaines”.

Sida : faute d’argent, le monde risque de “perdre le contrôle de l’épidémie”, alertent des experts

Les experts craignent que le manque de financement se conjugue avec le risque d’une explosion des nouvelles infections à cause de la démographie galopante dans certains pays durement touchés.

La lutte contre le sida a besoin de milliards de dollars supplémentaires, faute de quoi l’épidémie risque de repartir de plus belle, ont averti des experts dimanche à Amsterdam, à la veille de l’ouverture de la Conférence internationale sur cette maladie.

Manque d’argent et explosion de nouvelles infections. “Nous allons avoir des problèmes si nous n’avons pas davantage d’argent”, a estimé Mark Dybul, un chercheur et diplomate américain, lors d’un colloque organisé avant la grand-messe de la lutte antisida, de lundi à vendredi. Mark Dybul est un ancien dirigeant du Fonds mondial de lutte contre le sida, fondation qui investit dans la lutte contre cette maladie. Le pire scénario selon lui : que le manque de financement se conjugue avec le risque d’une explosion des nouvelles infections à cause de la démographie galopante dans certains pays durement touchés, particulièrement en Afrique. “Mélangez ces deux éléments et vous aboutirez à une crise majeure”, a-t-il mis en garde, craignant que “le monde ne perde le contrôle de l’épidémie”.

7 milliards de dollars à trouver. Aujourd’hui, 36,9 millions de personnes vivent avec le virus VIH, en espérant qu’il ne s’aggrave pas en sida. Le nombre d’infections baisse et pour la première fois depuis le début du siècle, le nombre de morts annuel est passé sous un million en 2016 (990.000) puis 2017 (940.000). Mais l’Onusida, l’instance de lutte contre le sida de l’ONU, estime à 7 milliards de dollars par an les financements manquants pour que cette maladie ne soit plus une menace pour la santé publique mondiale en 2030.

“Nous sommes très loin de notre but”. La communauté des chercheurs et des associations craint surtout une baisse des dotations américaines. Depuis l’élection de Donald Trump, les États-Unis, le premier contributeur historique de la lutte contre le sida, ont prévu des coupes budgétaires, qui n’ont pour l’heure pas été adoptées par le Congrès. “À moins de prendre des mesures drastiques, nous ne parviendrons même pas à nous approcher” du but fixé pour 2030, a souligné Nduku Kilonzo, du Conseil national kényan de contrôle du sida. “Nous sommes très, très loin de notre but, non seulement en termes d’élimination du sida, mais simplement de prévention”, a-t-elle martelé, en soulignant que les fonds dédiés à la distribution de préservatifs avaient fortement baissé.

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