Coupe du monde : avec Pickford, l’Angleterre s’est enfin trouvé un gardien

Le poste de gardien a souvent été le point faible de l’Angleterre. Ce n’est plus le cas avec Jordan Pickford, élu homme du match du quart de finale remporté contre la Suède (2-0), samedi.

Enfin ! Après des années de boulettes et de fautes de mains, l’Angleterre tient enfin un bon gardien, avec Jordan Pickford. Il en a encore donné une preuve, samedi, à la 47e minute du quart de finale Angleterre-Suède, à Samara. Jordan Pickford garde alors la main ferme pour détourner une tête de Marcus Berg. Résultat : les “Three Lions” gardent leur avantage (1-0) et assurent tranquillement leur qualification (2-0 score final) pour les demi-finales. Le portier à l’accent à couper au couteau – il est né à Washington, dans le nord-est de l’Angleterre, près de Sunderland – a d’ailleurs été élu homme du match. 

“Je me sens fort, rien ne me fait peur”

Il n’a pas non plus cillé quand un journaliste de l’AFP lui a fait remarquer que, grâce à lui, les blagues sur les mauvais gardiens anglais n’avaient plus cours. “Je travaille tous les jours pour ça, pour réussir des ‘clean sheets’ (matches sans encaisser de but, ndlr). Pour la demi-finale, je me sens fort, rien ne me fait peur, le football est le même, ce sont les mêmes lignes de buts, le même ballon”, lâche-t-il. 

L’équipe de Sa Majesté n’était plus allée en demi-finales de Coupe du monde depuis 1990, est-ce que ça lui parle ? “En 1990, je n’étais pas né… On a toujours dit, on prend les matches les uns après les autres et on a toujours dit que nous voulions écrire notre propre histoire”, a commenté le gardien de 24 ans sur la BBC. “C’est un grand résultat. On a beaucoup travaillé, notamment sur le plan mental. On devait être prêt d’entrée et ça m’a permis d’être dans le match dès la reprise sur cet arrêt face à Berg à la 47e minute”, explique-t-il.

Harry Kane, avec ses six buts (meilleur buteur du tournoi), est adulé au pays qui a inventé le football. Mais dans la contrée de Gordon Banks – auteur de l’arrêt du siècle au Mondial 1970 face à Pelé – la notoriété du gardien d’Everton grandit de façon exponentielle. “C’est super, mais l’important, c’est de bien travailler pour l’équipe. Chacun apporte sa pierre à l’édifice. On fait de notre mieux chacun pour l’équipe”, a-t-il commenté, refusant de tirer la couverture à lui.

“Le prototype du gardien moderne”

Avec sa coupe de cheveux courte et sage, son sourire et sa décontraction, Pickford incarne lui aussi cette nouvelle Angleterre séduisante. “C’est super. On est une bande de potes, avec de la qualité et une bonne mentalité. Personne ne veut rentrer à la maison, on veut continuer à travailler dur et à poursuivre dans ce tournoi ensemble”, ajoute-t-il.

Interrogé sur les clés de la réussite actuelle, il a rendu hommage à son sélectionneur : “Gareth Southgate montre sa capacité à nous gérer, à diriger un groupe, lui et tout l’encadrement. Au cours des deux dernières années, on a travaillé très, très dur. Maintenant, on voit le résultat sur le terrain.”

C’est un beau renvoi d’ascenseur. Car Southgate jouait gros depuis qu’il avait laissé hors de la liste l’expérimenté Joe Hart, 75 sélections, pour confier les portes de l’Angleterre a un inconnu, prêté pendant des années par Sunderland à des clubs de seconde zone (Burton Albion ou Darlington), avant cette dernière saison pleine chez les “Toffees”. Southgate en a remis une couche samedi : “C’est le prototype du gardien moderne”. Avec Pickford, l’Angleterre assure ses arrières.

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