Quand Donald Trump accuse le Canada d’avoir incendié la Maison-Blanche en 1812

Au cours d’une conversation sur les taxes imposées par les États-Unis sur les importations canadiennes, Donald Trump aurait rappelé à Justin Trudeau que les Canadiens avaient incendié la Maison-Blanche en 1812… Un rappel à l’Histoire pas tout à fait exact.

Donald Trump et Justin Trudeau discutaient des taxes imposées par les États-Unis au Canada quand le président américain a accusé son voisin du nord d’avoir incendié la Maison-Blanche, un argument aussi incongru qu’erroné, explique CNN mercredi.

Des relations commerciales difficiles. À deux jours du G7 qui se déroulera au Canada, l’ambiance est plutôt à la tension entre les États-Unis et les autres membres du sommet (Allemagne, Canada, France, Italie, Japon, Royaume-Uni). Les nouvelles taxes imposées par les États-Unis sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance d’Europe et du Canada est au centre de toutes les discussions. C’était d’ailleurs le sujet de l’appel entre Donald Trump et Justin Trudeau fin mai. 

“N’avez-vous pas fait brûler la Maison-Blanche ?” Au cours d’une conversation sur ces impositions que Justin Trudeau juge “insultantes”, le Premier ministre canadien a, selon CNN (en anglais), demandé à Donald Trump en quoi il s’agissait d’une question de “sécurité nationale”. Celui-ci a répondu : “n’avez-vous pas fait brûler la Maison-Blanche ?”, faisant référence à la guerre de 1812. Une justification qui, si elle paraît surprenante, est également erronée.

La Maison-Blanche a bel et bien été incendiée en 1812 mais par des troupes britanniques en représailles à une attaque américaine à York, dans l’Ontario, un territoire alors sous domination britannique et devenu canadien par la suite.

Des relations toujours “bonnes” ? Malgré cette sortie, le directeur du conseil économique national américain a assuré que les relations entre les États-Unis et le Canada restaient “très bonnes”, ajoute CNN. Néanmoins les échanges autour des taxes américaines, auxquelles l’Union européenne compte répondre en taxant à son tour une liste de produits provenant d’outre-Atlantique, promettent d’être tendus lors du G7. 

-Trump seul contre tous avant le G7 au Canada

Le chef de l’Etat américain est isolé sur le dossier du nucléaire iranien ou sur les taxes sur l’acier et l’aluminium. Le conflit est tel que le sommet pourrait ne pas accoucher d’une déclaration commune.

Les dirigeants des pays riches du “Groupe des Sept” arrivent à partir de jeudi au Canada pour un sommet annuel exceptionnellement tendu, en raison des taxes douanières imposées récemment à ses alliés par Donald Trump, resté sourd aux protestations. Après des mois de vaines rencontres bilatérales, le président américain se confrontera vendredi et samedi à La Malbaie, au Québec, directement aux dirigeants du Canada, de trois pays européens, France, Allemagne et Royaume-Uni, ainsi que du Japon, des pays amis qui craignent que la politique de “l’Amérique d’abord” ne se révèle coûteuse pour la croissance mondiale.

Match à six contre un. Dans les capitales, le sommet s’est préparé comme un match à six contre un. Après le retrait unilatéral de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien, l’escalade tarifaire est vécue comme la négation même de la raison d’être du G7, la garantie de l’ordre international. “Pour nous, les taxes sont illégales, ce qui complique l’élaboration d’un texte commun”, grinçait cette semaine un haut responsable européen. La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé des “controverses”.

Pas de déclaration commune ? Le conflit sur les taxes est tel que le sommet pourrait ne pas accoucher d’une déclaration finale commune, au-delà de parties consensuelles sur la pollution des océans ou l’égalité hommes-femmes. “Si la résistance américaine va trop loin, il ne faudra pas sacrifier nos principes, nos intérêts à une unité de façade”, dit l’Elysée. Pas question, donc, de ne pas mentionner l’accord de Paris, ou d’accuser l’Iran de ne pas respecter le texte nucléaire.

Politique néo-protectionniste. Mais Donald Trump n’a démontré aucune intention de mettre de l’eau dans son vin, trop heureux d’être passé à la vitesse supérieure dans sa politique néo-protectionniste, après une première année hésitante. Il est persuadé qu’en tant que première puissance économique mondiale, il domine le rapport de force et obligera ses partenaires à céder à ses injonctions et à importer plus de produits américains. Même si pour l’instant, Canada et Union européenne résistent et ont répliqué avec des contre-tarifs.

“G6+1”. Le discours officiel américain est que Donald Trump est le sauveur, et non le fossoyeur d’un ordre international désormais faussé par les tricheurs, la Chine en tête. Mais l’Allemagne et ses voitures, le Canada et son acier sont aussi jetés, à leur grande incompréhension, dans le lot des profiteurs. Au point que le sommet de Singapour du 12 juin, entre l’Américain et le dictateur Kim Jong Un, s’annonce paradoxalement comme plus chaleureux qu’avec les “amis” du G7. Le ministre français Bruno Le Maire a résumé la situation en parlant de “G6 +1”.

Contourner l’Union européenne. Ce n’est pas le premier différend du groupe, dont la première réunion fut organisée par Valéry Giscard d’Estaing à Rambouillet en 1975. En 2014, la Russie de Vladimir Poutine avait été exclue du “G8”, élargi pour elle en 1998. Mais cette fois, les Etats-Unis cherchent une réponse en dehors du système multilatéral, ne faisant plus confiance à l’Organisation mondiale du commerce et autres institutions. Il tente aussi de contourner l’Union européenne, premier bloc économique mondial pour l’instant uni.

Négociations bilatérales. “Trump va utiliser toutes les ficelles pour fissurer les six autres, pour qu’ils craquent, et fassent ce que veut Trump, à savoir des négociations bilatérales”, dit Laurence Nardon, de l’Institut français des relations internationales. “La tendance du président, quand il est critiqué, est de contre-attaquer”, rappelle William Alan Reinsch, du centre de réflexion CSIS à Washington.

Volcan de Feu au Guatemala : au moins 99 morts

Une éruption spectaculaire a fait au moins 99 morts et près de 200 disparus selon un nouveau bilan, mais leur recherche est perturbée par de nouvelles explosions.

Les recherches de disparus autour du Volcan de Feu au Guatemala étaient perturbées par de nouvelles explosions et écoulements de lave, trois jours après l’éruption spectaculaire qui a fait au moins 99 morts et près de 200 disparus selon un nouveau bilan. “L’activité se poursuit et la possibilité de nouvelles descentes de flux pyroclastiques (composé de cendres, de boue, d’eau, et de roches à haute températures, ndlr) dans les prochaines heures ou les prochains jours n’est pas à exclure, il est donc recommandé de ne pas rester près de la zone affectée”, a indiqué l’institut guatémaltèque de vulcanologie (Insivumeh).

Des risques de glissements de terrain. Par ailleurs, l’Institut met en garde contre les risques de glissements de terrain en raison de fortes pluies survenant en fin de journée. Le volcan, d’où s’échappait une colonne de fumée et de cendres, a continué mercredi à émettre des explosions de faible intensité à la fréquence de quatre ou cinq par heure.

Peu de corps identifiés. Dimanche, les projections spectaculaires de lave et de cendres de ce cratère culminant à 3.763 mètres et situé à 35 kilomètres au sud-ouest de la capitale Guatemala ont semé la désolation dans les bourgs ruraux situés sur le flanc du volcan, faisant au moins 99 morts et près de 200 disparus dans la municipalité d’Escuintla et ses environs. Seuls 28 corps ont jusqu’ici pu être identifiés.

La probabilité de retrouver des survivants infime. Sergio Cabañas, directeur des opérations de secours de la Conred, a annoncé que les fouilles seraient menées à leur terme dans toute la zone, même s’il reconnaît que la probabilité de retrouver des survivants est infime 72 heures après le drame. “Si on est piégé dans le flux pyroclastique il est difficile de rester en vie”, a-t-il souligné, ajoutant que certains corps totalement calcinés pourraient ne jamais être retrouvés.

Pour un tribunal autrichien, YouTube est coresponsable des violations de droits d’auteur

Le tribunal de Vienne estime que la plateforme jouait un rôle actif dans la diffusion de contenus et ne pouvait donc pas jouir du statut d'”intermédiaire neutre”.

La plateforme vidéo YouTube est coresponsable des violations des droits d’auteurdont se rendent coupables le cas échéant ses usagers, selon une décision rendue par le tribunal de commerce de Vienne en plein débat européen sur le sujet. Dans une décision de première instance rendue mardi, le tribunal a estimé que la plateforme jouait un rôle actif dans la diffusion de contenus et ne pouvait donc pas jouir du statut d'”intermédiaire neutre”, selon des attendus cités par le cabinet autrichien Ploil-Boesch.

Implication active de Youtube. YouTube était poursuivi par la chaîne de télévision privée autrichienne Puls 4, qui avait porté plainte en 2014 après avoir constaté la présence illégale de contenus lui appartenant sur la plateforme. Puls 4 et ses avocats ont précisé avoir pu apporter la preuve de l’implication active de YouTube dans la diffusion des contenus grâce à un examen “complexe” et systématique de l’offre en ligne de la plateforme.

Contrôles préliminaires. Le tribunal a en conséquence estimé que “du fait des liens, tris et filtres opérés, notamment la création de sommaires par catégories, l’examen des comportements des utilisateurs et l’offre de propositions de contenus sur mesure, (…) YouTube ne relève plus du domaine d’un intermédiaire neutre”. En conséquence, la plateforme doit à l’avenir soumettre les contenus qu’elle diffuse à des contrôles préliminaires pour s’assurer qu’ils ne violent pas la législation sur les droits d’auteur, estime le tribunal.

Possibilité de faire appel. Selon Puls 4, cette décision impliquant une coresponsabilité du diffuseur sur ses contenus, si elle est confirmée lors d’un éventuel appel, peut faire jurisprudence pour l’ensemble des opérateurs de réseaux sociaux. “Les médias qui se nomment réseaux sociaux vont devoir reconnaître qu’ils doivent porter une responsabilité pour les contenus avec lesquels ils gagnent des fortunes”, a estimé le patron de Puls 4, Markus Breitenecker. YouTube a assuré à la presse autrichienne “prendre la protection des droits d’auteur très au sérieux” et vouloir “examiner de près” la décision du tribunal, n’excluant “aucune option, y compris un appel”.

Réforme du droit d’auteur de l’Union européenne. Les 28 pays de l’Union européenne ont posé fin mai les premiers jalons en vue d’une réforme du droit d’auteur, afin que les plateformes rémunèrent mieux les éditeurs de presse et les artistes pour leurs productions en ligne. Bruxelles veut notamment obliger les plateformes de partage de vidéos, comme YouTube ou Dailymotion, à déployer des technologies permettant de détecter automatiquement des chansons ou des œuvres audiovisuelles identifiées par les titulaires de droits et devant être soit autorisées, soit supprimées.

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