États-Unis : quatre dollars pour la famille d’un homme noir tué par la police

Les quatre dollars de dommages intérêts à la famille de la victime se composent d’un dollar pour les frais d’obsèques et un dollar pour chacun des trois enfants désormais orphelins de père.

Un jury américain a suscité un vif émoi en attribuant seulement quatre dollars à la famille d’un homme noir père de trois enfants, tué à son domicile par la police dans des circonstances controversées. Gregory Hill, 30 ans, a été mortellement blessé de trois balles en 2014 par un des deux policiers qui intervenaient à la suite d’un appel d’un voisin, se plaignant du bruit de la musique provenant du garage.

Les analyses toxicologiques ont montré que la victime, habitant la ville de Fort Pierce en Floride, était ivre au moment des faits. Il a été retrouvé mort dans son garage, avec une arme dans sa poche arrière. Il a été atteint par des balles tirées à travers la porte du garage par un policier blanc, Christopher Newman, qui a affirmé que Gregory Hill brandissait son arme juste auparavant. La semaine dernière un jury fédéral a conclu à l’absence d’abus de force de la part de l’agent Newman. Son responsable hiérarchique, le shérif du comté de St. Lucie, Ken Mascara, a lui seulement été jugé coupable d’une légère négligence.

Un dollar par enfant. Les jurés ont donc accordé 4 dollars (3,40 euros) de dommages intérêts à la famille de la victime : 1 dollar (86 centimes d’euro) pour les frais d’obsèques et 1 dollar pour chacun des trois enfants désormais orphelins de père. Les jurés ayant parallèlement estimé que le shérif n’était responsable de la mort de Gregory Hill qu’à hauteur de 1%, ce montant compensatoire a ensuite été réduit à 4 centimes de dollar. Cette somme symbolique doit finalement être réduite à néant par le juge présidant le procès, qui a dit se fonder sur l’avis du jury selon lequel Gregory Hill était ivre et premièrement responsable des tirs policiers.

Les policiers ont passé moins de 60 secondes sur la propriété de l’homme tué.“Nous sommes satisfaits de voir un terme à cette affaire difficile et tragique”, a déclaré dans un communiqué le shérif Ken Mascara. L’agent Newman a selon lui “pris la meilleure décision possible pour la sécurité de son collègue”. Mais la famille de Gregory Hill affirme qu’il a été abattu sans jamais avoir brandi d’arme et que l’autopsie a conclu à l’impossibilité qu’il ait empoché une arme après avoir été atteint par les tirs. “Il s’occupait de ses affaires en écoutant (le rappeur) Drake, quand les policiers sont arrivés, passant moins de 60 secondes sur sa propriété”, a relaté l’avocat John Phillips.

Une cagnotte a permis de rassembler plus de 4.000 dollars. Les deux policiers ont frappé à la porte du garage avec leur matraque. Gregory Hill “a ouvert et refermé la porte de son garage pour apaiser la situation. Le policier a tiré à travers la porte du garage”, a-t-il ajouté. Dénonçant un “verdict révoltant”, John Phillips a annoncé jeudi qu’un site de financement participatif avait permis de rassembler plus de 4.000 dollars (3.430 euros) pour la famille de la victime.

Un pilote soviétique dont l’avion a été abattu en Afghanistan en 1987 retrouvé sain et sauf

Le militaire russe retrouvé sain et sauf, dont le nom n’est pas révélé, “veut revenir dans son pays natal”. Des négociations sont en cours pour son rapatriement.

Un pilote soviétique dont l’avion a été abattu pendant l’intervention des troupes soviétiques en Afghanistan en 1979-1989 vient d’être retrouvé sain et sauf et veut revenir dans son pays natal.

“Probablement âgé d’au moins 60 ans”. “Un pilote russe (dont l’appareil a été) abattu dans les années 80 au-dessus de l’Afghanistan vient d’être retrouvé. Il est toujours en vie. C’est étonnant”, a affirmé le chef de l’Union des parachutistes russes, le général Valeri Vostrotine, cité par l’agence de presse Ria Novosti. C’est arrivé “en 1987. Il doit être probablement âgé d’au moins 60 ans. Il se trouve peut-être au Pakistan, car tous les camps pour les prisonniers soviétiques étaient là-bas”, a raconté une autre source informée, sous couvert d’anonymat, citée par l’agence.

Une trentaine de pilotes retrouvés. Quand les troupes soviétiques ont quitté l’Afghanistan en 1989, quelque 300 militaires soviétiques étaient considérés comme disparus. Depuis, une trentaine d’entre eux ont été retrouvés grâce aux efforts de leurs familles et du Comité des anciens combattants soviétiques. La plupart sont retournés dans leurs pays d’origine. Le militaire retrouvé, dont le nom n’est pas révélé, “veut revenir dans son pays natal”, a souligné le vice-directeur d’une organisation d’anciens combattants, Viatcheslav Kalinine, cité par Ria Novosti.

Aucune information sur lui pendant plusieurs décennies. Selon lui, des négociations sont en cours avec des diplomates afghans pour confirmer son identité et organiser son rapatriement. “C’est étonnant qu’il soit non seulement resté en vie après le crash de son avion abattu par les moudjahidines, mais aussi que pendant des dizaines d’années il n’y ait eu aucune information sur lui”, a noté Viatcheslav Kalinine. Le précédent soldat soviétique ainsi retrouvé était un Ukrainien, Igor Bilokourov, emprisonné par les Afghans en 1988, et découvert par hasard en mars dernier dans le nord de l’Afghanistan par une expédition scientifique ukrainienne, selon un article du journal en ligne russe Golbis.

Affaire Babtchenko : Kiev assure avoir découvert une liste de 47 cibles

Après la fausse mort du journaliste Arkadi Babtchenko, les autorités ukrainiennes ont affirmé que de nombreux journalistes étaient des cibles d’assassinats potentiels.

L’Ukraine a affirmé vendredi que la mise en scène très critiquée du faux assassinat du journaliste russe Arkadi Babtchenko avait permis de découvrir une liste de 47 noms, en majorité des journalistes, présentés comme les cibles d’assassinats potentiels.

Une liste obtenue grâce à l’opération. Dans un message sur Facebook, le procureur général Iouri Loutsenko a assuré que l’opération avait permis aux services de sécurité de mettre la main sur une liste, principalement constituée de noms de journalistes ukrainiens et russes, qui “pourraient être les prochaines victimes des terroristes”. Le magistrat a précisé que les 47 personnes concernées avaient été prévenues et que des dispositions avaient été prises pour assurer leur sécurité.

Donné pour mort mardi soir, abattu de trois balles dans le dos, le journaliste Babtchenko, virulent critique du Kremlin qui s’est exilé en Ukraine, est réapparu vivant au cours d’une conférence de presse au siège du SBU le jour suivant. Le SBU et le parquet général ont alors révélé que l’annonce de sa mort, confirmée par les plus hautes autorités ukrainiennes, et qui avait suscité une vive émotion au-delà de l’Ukraine et la Russie, était une mise en scène.

Un front anti-américain au G7 après l’imposition de nouvelles taxes

Après avoir annoncé de nouvelles taxes sur les importations européennes et canadiennes, les États-Unis ont renvoyé leurs partenaires commerciaux vers le G7 qui se tiendra la semaine suivante. L’Amérique promet d’y être particulièrement isolée.

Européens et Canadiens ont adressé vendredi une sévère mise en garde aux États-Unis sur les risques qu’ils font peser sur l’économie mondiale, lors d’une réunion des ministres des Finances du G7 au Canada qui se tient au moment où l’administration Trump a imposé de nouveaux tarifs sur l’acier et l’aluminium.

Une incompréhension partagée. “Français, Britanniques et Allemands ont été tendus”, a résumé le ministre français des Finances Bruno Le Maire à l’issue de sessions de discussions à Whistler, une station de ski chic au nord de Vancouver. “Chacun a marqué son incompréhension totale des décisions américaines et chacun a rappelé que c’était aux Américains de faire le premier geste parce que ce sont eux qui ont décidé de ces taxes”, a-t-il expliqué.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a pris acte des récriminations tout en renvoyant les pays au sommet des chefs d’État la semaine prochaine au Québec, a indiqué une source canadienne. Européens et Canadiens ont lancé vendredi à l’OMC leur première riposte contre les taxes de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium. La veille, Ottawa avait annoncé des taxes punitives.

Une “G6 + 1”, selon Bruno Le Maire. “La réunion du G7 finances au Canada est plutôt un ‘G6 + 1’ avec des États-Unis seuls contre tous, qui font courir le risque de déstabilisation économique à la planète”, avait réagi plus tôt Bruno Le Maire, ajoutant que désormais, “la balle est exclusivement dans le camp des Américains” pour éviter une guerre commerciale.

Des taxes inacceptables. Les taxes sur l’acier et l’aluminium, entrées en vigueur vendredi, sont “inacceptables”, a pour sa part fustigé le Premier ministre canadien Justin Trudeau, soulignant que les États-Unis ont un excédent de deux milliards de dollars dans le secteur de l’acier avec le Canada. Le ministre allemand des Finances Olaf Scholz a lui aussi signifié à Steven Mnuchin que ces taxes étaient “inacceptables” et qu’elles ne respectaient pas les règles du commerce.

Des taxes qui ne respectent pas les règles de l’OMC. “Les États-Unis sont en train de jouer un jeu dangereux”, avait averti la Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, en annonçant la plainte auprès de l’OMC. “Ces droits de douane, imposés unilatéralement sous le prétexte qu’ils garantissent la sécurité nationale des États-Unis, ne respectent ni les obligations commerciales internationales américaines ni les règles de l’OMC”, a déclaré pour sa part la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland, promettant de “travailler en étroite collaboration avec l’Union européenne”.

Des taxes canadiennes et mexicaines en retour. Ottawa avait annoncé jeudi des taxes sur 16,6 milliards de dollars canadiens (soit 10,9 milliards d’euros) de produits américains et le Mexique a pour sa part promis des mesures sur divers produits dont certains aciers, des fruits et des fromages, qui “seront en vigueur tant que le gouvernement américain n’éliminera pas les taxes imposées”.

Tant que les États-Unis ne mettent pas à exécution leur menace de taxer les importations de voitures – un des moteurs des échanges commerciaux et donc de la croissance mondiale – , la guerre commerciale n’est pas encore tout à fait déclarée, selon des experts.

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