NBA-Play-offs : Cleveland et Boston prennent le large

Grace aux 43 points de Lebron James, Cleveland mène désormais 2-0 dans sa demi-finale de conférence face à Toronto.Boston aussi est bien parti.

Cleveland a fait un grand pas jeudi vers la qualification pour la finale de la conférence Est en battant pour la deuxième fois (128-110) en trois jours Toronto, à domicile. Les Cavs ont encore été portés par un impressionnant LeBron James.

Avec 43 points (19 sur 28 aux tirs), 14 passes décisives et 8 rebonds, le champion de 33 ans a fait basculer la rencontre très serrée jusque-là (63-61 pour Toronto à la pause) durant le 3ème quart-temps où il a marqué 15 points. Pour la première fois depuis le début des play-offs, “King James” a pu compter sur une grosse performance de son lieutenant Kevin Love, qui a répondu présent avec 31 points, dont 10 dans le seul premier quart-temps, et 11 rebonds. Du côté des Raptors, le duo-vedette Kyle Lowry et DeMar DeRozan, a été limité à 45 points à eux deux (18 sur 33 aux tirs).

Les Cavaliers mènent deux victoires à zéro face aux Raptors, avant les matches 3 et 4 qui auront lieu vendredi et dimanche à Cleveland, où ils peuvent empocher leur qualification en cas de double succès. Cleveland et surtout LeBron James sont en train de devenir la bête noire de la franchise canadienne qui avait pourtant terminé en tête de la conférence Est : les Cavaliers ont déjà éliminé les Raptors lors des deux dernières saisons.

Le come-back de Boston. Toujours à l’Est, Boston continue de créer la surprise, alors que l’équipe dispute ces play-offs sans ses deux stars, Gordon Hayward et surtout Kyrie Irving, tous les deux blessés. Devant leur public du TD Garden, les hommes de Brad Stevens ont effacé un déficit de 22 points pour battre Philadelphie (108-103) pour la deuxième fois en autant de matches.

Après une entrée en matière timide, Boston a plongé durant le 2ème quart-temps pour se retrouver distancée 45 à 24 à sept minutes de la pause. Mais le rookie Jayson Tatum (21 points) a alors réveillé les Celtics qui ne comptaient plus que six points de retard en regagnant les vestiaires. Dans le 4ème quart-temps, c’est un autre jeune joueur, Jaylen Brown, 21 ans, longtemps incertain car blessé aux adducteurs, qui a fait la différence dans la dernière période avec ses 13 points. Du côté de Philadelphie, que beaucoup annonçaient favoris après leur série victorieuse face à Miami, le prodige Ben Simmons a déçu, n’inscrivant qu’1 point à 0/4 aux tirs. L’autre intérieur de Philly, le Camerounais Joël Embiid, a lui aussi été trop maladroit avec 20 points, mais à 8/22 aux tirs. Les Celtics mènent deux à zéro dans cette série mais les deux prochains matches auront lieu à Philadelphie samedi et lundi.

Cyclisme : pourquoi le Tour d’Italie part-il d’Israël ?

Le Giro débute vendredi par un contre-la-montre dans les rues de Jérusalem, alors qu’Israël veut booster son tourisme et développer le cyclisme dans le pays. 

Le Giro continue sa marche vers l’internationalisation, et de manière spectaculaire. Pour sa 101ème édition qui démarre vendredi, le Tour d’Italie débute en effet par trois étapes en Israël, avec une 1ère étape contre-la-montre dans les rues de Jérusalem. Alors qu’Israël n’a jamais accueilli d’événement sportif de cette envergure, l’État hébreu y voit l’opportunité de booster le tourisme et développer le cyclisme. Mais alors que les affrontements à la frontière avec Gaza continuent, cette délocalisation provoque aussi la controverse.

Au Giro l’argent et à Israël les retombées. L’événement est historique. Si les grands Tours ont pris l’habitude ces dernières années de délocaliser certaines de leurs étapes pour gagner en visibilité, c’est la première fois qu’une ou plusieurs journées de course s’exportent hors d’Europe. Et pour accueillir les premiers jours de ce Giro, le gouvernement israélien a mis les moyens. Selon plusieurs médias, Israël aurait ainsi déboursé plus de 10 millions d’euros pour convaincre les organisateurs de la course transalpine de choisir le pays. Une somme près de deux fois supérieure à ce que déboursent les candidats européens en temps normal, mais non confirmée par Israël. 

La popularité du vélo dans le monde entier, et la visibilité offerte aux paysages lors des retransmissions sont autant d’atouts non négligeables sur lesquels Israël compte bien s’appuyer pour booster son industrie touristique, alors que le Giro est l’une des manifestations sportives les plus regardées au monde, avec près de 840 millions de téléspectateurs l’an dernier. Après avoir attiré 3,87 millions de touristes l’an passé, le pays espère atteindre grâce au Giro le cap des 5 millions de visiteurs, explique Les Échos

Preuve de l’importance stratégique de l’événement, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a lui-même mouillé le maillot pour promouvoir l’événement. “Des coureurs issus de 45 pays vont parcourir la terre d’Israël et ses paysages, et du même coup pourront relayer une impression positive de l’État d’Israël dans le monde”, s’est-il récemment félicité, apparaissant également sur un vélo dans une vidéo publicitaire.

La venue de la compétition est également l’occasion de développer le cyclisme en Israël, alors que “95% de la population ignore ce qu’est le Giro”, selon L’Équipe. Israel Cycling Academy, la première équipe israélienne, sera par ailleurs au départ de la course et est actuellement en plein développement. Le 17 mars, elle a participé à sa première grande classique sur route, en Italie, avec Milan San-Remo. 

Une décision semée d’embûches. Bien évidemment, la décision de la direction du Giro a déclenché dès son annonce une importante polémique, notamment du côté du voisin palestinien. En décembre, l’Organisation de libération de la Palestine a accusé les organisateurs de se rendre “complices de violations flagrantes des lois, des accords et du consensus international”. Le Giro s’est toutefois évité une crise interne, après que les équipes Barhain-Merida et UAE, dont les deux leaders, Domenico Pozzovivo et Fabio Aru, sont italiens, mais qui sont financées par des pays ne reconnaissant pas l’existence d’Israël (Bahreïn et Émirats arabes unis), ont accepté après tergiversation de concourir.

Mais un autre incident à failli compromettre la bonne tenue de l’événement. Lors de la présentation du parcours en novembre, les autorités israéliennes ont découvert avec stupeur la mention de “Jérusalem-Ouest”, comme ville de départ. “À Jérusalem, la capitale d’Israël, il n’y a pas d’est ou d’ouest, il n’y a qu’une seul Jérusalem unifiée”, avaient alors dénoncé dans un communiqué les ministres des sports et du tourisme. Avant de menacer : “Si l’écriture ne change pas, le gouvernement israélien ne sera pas partenaire de l’événement.”

Un milliardaire canadien aux manettes. Derrière la décision de l’organisation du Giro se cache un homme influent. Sylvain Adams, un homme d’affaires d’origine canadienne installé en Israël depuis deux ans, a lui-même financé une partie de l’événement. Passionné de cyclisme, c’est également lui qui a fondé en 2015 l’Israel Cycling Academy et il fait partie des donateurs pour la construction du futur vélodrome de la capitale économique d’Israël. Et si, du côté des autorités comme de l’organisation du Giro, tout le monde se défend de faire de la politique, Sylvain Adams n’hésite pas à louer le visage “tolérant”, “ouvert”, et “libre” d’Israël, dans Le Monde. Et quand il s’agit d’aborder la question des manifestants palestiniens, dont 48 ont été tués par des tirs israéliens depuis le début de “la marche du retour”, l’homme d’affaires abandonne toute réserve. “Ce ne sont pas des innocents. Ils ont de très mauvais dirigeants, des terroristes, qui n’expriment aucun intérêt pour leur peuple. Nous sommes entouré d’éléments hostiles”, explique-t-il, toujours dans Le Monde

Des coureurs plutôt silencieux. Du côté des coureurs, la plupart restent silencieux par rapport à ces considérations politiques. “C’est un peu tendu au niveau de la sécurité”, reconnaît le Néerlandais Tom Dumoulin, tenant du titre, “mais je n’ai pas plus peur que lorsque j’arrive sur les Champs-Élysées (dernière étape du Tour de France)”. Thibaut Pinot, l’un des favoris pour la course au podium, préfère lui mettre en avant les conséquences physiques du transfert entre Israël et l’Italie. “J’aurai préféré découvrir ce pays hors du Giro. Du coup, il y a un voyage en avion et un jour de repos après trois étapes. Ça casse le rythme”, explique-t-il, cité par RMC

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