World Press Photo 2018 : la photo de l’année pour un photographe de l’AFP

Ronaldo Schemidt a été récompensé pour son impressionnant cliché d’un manifestant, masqué et en flammes, prise pendant des émeutes à Caracas.

Le photographe de l’AFP Ronaldo Schemidt a remporté jeudi le prestigieux prix de la photo de l’année au World Press Photo 2018, pour une image d’un manifestant masqué et en flammes prise pendant des émeutes à Caracas. Le jury “décerne le premier prix à la photo de Ronaldo Schemidt intitulée ‘Crise au Venezuela‘”, ont annoncé les jurés au cours d’une cérémonie à Amsterdam. La même photo a par ailleurs obtenu le premier prix dans la catégorie “Spot News”.

Une photo prise lors d’une manifestation à Caracas. La photo de Ronaldo Schemidt a été prise l’an dernier pendant les violents affrontements entre la police antiémeutes et des opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro. Les jurés ont expliqué avoir décerné la plus haute récompense à cette image parce qu’elle “déclenche une émotion instantanée”.

Le 3 mai 2017, le photographe couvrait des manifestations à Caracas. Il a vu des protestataires s’en prendre à une moto de la police, dont le réservoir de carburant a soudainement explosé au visage de José Victor Salazar Balza, 28 ans. La photo primée montre le manifestant, qui porte un masque à gaz, en train de courir le corps enveloppé par les flammes. Selon les organisateurs du prix, le jeune homme a subi des brûlures au premier et deuxième degré mais a survécu. 

Trump, un menteur invétéré au comportement mafieux, selon l’ex-chef du FBI

Dans un livre qui sortira le 17 avril prochain, James Comey décrit un Donald Trump au “comportement mafieux” et “détaché de la vérité”. 

Le président américain Donald Trump est un menteur invétéré soumettant son entourage à un code de loyauté rappelant l’attitude d’un chef “mafieux”, estime dans ses mémoires l’ex-patron du FBI, James Comey.

Une histoire de prostituées et d’urine. Dans ce livre très attendu dont des passages ont fuité dans la presse jeudi, quelques jours avant sa sortie, l’ex-chef policier décrit un locataire de la Maison-Blanche obsédé par des détails scabreux le concernant. James Comey relate ainsi que le président lui a demandé d’enquêter sur des allégations le mettant en présence de prostituées russes en 2013 dans un hôtel à Moscou. “Je suis germophobe. Ce ne serait pas possible que je laisse des gens se faire pipi dessus devant moi”, aurait dit le milliardaire à propos des relations sexuelles prêtées aux prostituées, au cours desquelles elles se seraient urinées dessus à sa demande. “J’ai laissé échappé un rire”, écrit James Comey, toujours selon cet extrait relayé par le Washington Post.

Ce “dossier” avait été rédigé par un ancien agent du renseignement britannique pour le compte d’opposants politiques au candidat républicain. Jugé crédible dans un premier temps par le renseignement américain, son authenticité avait ensuite été complètement remise en question. Lors de cette discussion dans la tour Trump en janvier 2017, Donald Trump a demandé au chef du FBI de tordre le cou à ces affirmations qui lui étaient très défavorables “au cas où il existerait une seule chance sur 100 qu’elles soient prises au sérieux par sa femme, Melania”, selon James Comey.

“Mensonge généralisé”. Cet échange avec le président “m’a fait revenir au début de ma carrière, quand j’étais procureur face au Milieu”, a-t-il ajouté. L’ex-chef policier a décrit une scène digne de la mafia : “le cercle silencieux qui acquiesce. Le boss qui fait le jour et la nuit. Les serments de fidélité. La vision du monde selon laquelle tous sont contre nous. Le mensonge généralisé, qu’il soit petit ou gros, au service d’une sorte de code de loyauté qui place l’organisation au-dessus de la moralité et de la vérité”. Pour James Comey, “ce président est immoral, détaché de la vérité et des valeurs institutionnelles”. “Son leadership est transactionnel, axé sur l’ego et sur la loyauté personnelle”, insiste-t-il.

En vente le 17 avril. Les mémoires de James Comey, intitulées A Higher Loyalty : Truth, Lies, and Leadership, retracent ses 20 ans de carrière comme procureur à New York puis ministre adjoint de la Justice dans le gouvernement de George W. Bush, et chef du FBI entre 2013 et 2017. A la Maison-Blanche comme chez les responsables républicains, le livre a fait naître des craintes sur les dégâts qu’il pourrait infliger à une présidence Trump déjà affectée par des rumeurs, limogeages et démissions. Le Parti républicain a d’ores et déjà mis en ligne un site intitulé “Lyin’ Comey” (“Comey le menteur), où l’on peut notamment voir défiler une série de citations de personnalités politiques, désobligeantes pour l’ex-patron du FBI. Le livre, qui sort le 17 avril, s’est un temps hissé en tête du classement des pré-ventes d’Amazon.

Le “National Enquirer” a payé pour une info non confirmée sur un enfant caché de Trump

L’hebdomadaire américain, dont le patron est proche du président américain, n’a sciemment jamais publié cette info, selon le “New Yorker”, qui a révélé l’affaire jeudi. 

L’hebdomadaire à sensations National Enquirer a versé 30.000 dollars à un ancien portier de la Trump Tower qui affirmait que Donald Trump avait eu un enfant caché avec une de ses employées, information jamais confirmée mais publiée jeudi par le New Yorker.

Une info achetée mais pas publiée. Le rédacteur en chef du National Enquirer, Dylan Howard, a reconnu ce versement dans un article publié par Radar Online, un site appartenant au même groupe de presse que l’hebdomadaire, American Media Inc (AMI). Sollicité par l’AFP, AMI a confirmé l’existence de ce versement. Citant plusieurs sources anonymes au sein d’AMI, le New Yorker affirme jeudi qu’après avoir acheté l’exclusivité de l’information, le National Enquirer a sciemment choisi de ne jamais la publier.

Une fille de 29 ans. Une version démentie par AMI qui, dans un communiqué publié jeudi, affirme que le groupe de presse n’a jamais acheté l’exclusivité d’une information dans le but de l’enterrer par la suite. La décision de ne pas publier l’information relative à cet enfant, une fille, qui aurait aujourd’hui 29 ans, a été prise à l’issue d’une enquête ayant démontré qu’elle n’était “pas crédible”, a soutenu AMI. L’auteur de l’article du New Yorker, Ronan Farrow, fils de Woody Allen et Mia Farrow, a reconnu ne pas avoir pu établir l’existence d’une liaison ou le fait que Donald Trump était bien le père de l’enfant. Ronan Farrow est l’auteur de l’un des deux articles qui ont fait éclater le scandale Harvey Weinstein, en octobre. 

Un patron de médias proche de Trump. Le New Yorker a affirmé, sur la base de sources anonymes au sein d’AMI, que le groupe de presse pratiquait régulièrement le “catch-and-kill”, soit le fait de s’assurer les droits d’un témoignage avec l’intention de ne jamais le publier. Toujours selon le magazine, le PDG d’AMI, David Pecker, en aurait notamment fait bénéficier, à plusieurs reprises, Donald Trump, dont il est proche.

Une playmate et une actrice porno. Mi-février, le New Yorker a évoqué le cas del’ancienne playmate Karen McDougal, qui dit avoir reçu 150.000 dollars du National Enquirer en août 2016 en échange de son témoignage sur sa liaison supposée avec Donald Trump. Selon le magazine, AMI aurait décidé de ne jamais publier ce récit pour préserver Donald Trump. L’avocat Michael Cohen, l’un des conseils les plus fidèles du président des Etats-Unis, a reconnu avoir versé 130.000 dollars àl’actrice porno Stormy Daniels, alias Stephanie Clifford, pour acheter son silence sur la relation sexuelle qu’elle aurait eu avec Donald Trump. Le président a démenti toute relation avec Karen McDougal et Stephanie Clifford.

États-Unis : un Chagall retrouvé trois décennies après avoir été volé

Peint par Marc Chagall en 1911 et volé en 1988 à New York, le tableau intitulé “Othello et Desdémone” n’avait pas réussi à être vendu par son receleur, qui habite le Maryland.

Une huile sur toile réalisée par Marc Chagall en 1911 à Paris et volée il y a près de 30 ans à New York va retrouver les descendants de ses propriétaires, a annoncé jeudi la police fédérale américaine (en anglais). L’œuvre intitulée Othello et Desdémone a passé des années dans une boîte grossière, stockée dans un grenier de l’État du Maryland, dans l’Est des États-Unis, son receleur ne parvenant pas à s’en défaire. Lors d’une dernière tentative l’an dernier, le détenteur a essayé de vendre le tableau à un galeriste de Washington, qui a eu des soupçons et a prévenu la police. 

Achetée dans les années 1920. La peinture avait été achetée dans les années 1920 par un couple, Ernest et Rose Heller, qui l’avaient exposée dans leur appartement situé dans le quartier cossu de l’Upper East Side, à Manhattan. À leur retour d’un séjour de vacances en 1988, ils avaient retrouvé leur logement cambriolé et plusieurs de leurs œuvres d’art envolées, dont Othello et Desdémone, personnages célébrés dans la dramaturgie de Shakespeare. 

Des œuvres “très difficiles à refourguer”. L’enquête a établi que le voleur était un ouvrier qui avait accès à l’immeuble des Heller, aujourd’hui décédés. Le malfaiteur avait confié la toile à un homme habitant le Maryland, qui était censé connaître un acheteur potentiel. Mais la transaction n’a jamais pu se faire et le Chagall, artiste né en Biélorussie et naturalisé français, est resté dans le Maryland. “Les œuvres d’art connues et bien répertoriées sont très difficiles à refourguer après avoir été volées”, a souligné Tim Carpenter, un agent spécial du FBI spécialisé dans le marché de l’art. En raison de la prescription pénale dans cette affaire, ni le receleur ni le voleur ne seront poursuivis. Le second a toutefois été condamné à de la prison pour des vols commis dans d’autres appartements.

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