États-Unis : prison pour un historien français voleur d’archives

Antonin Dehays a été condamné mercredi à 364 jours de prison pour avoir notamment volé et revendu sur eBay 300 plaques de pilotes américains de la Seconde guerre mondiale.

Un historien français passionné par le débarquement allié en Normandie a été condamné à 364 jours de prison aux Etats-Unis pour le vol de plaques métalliques d’identification de pilotes américains morts en service pendant la Seconde guerre mondiale. Antonin Dehays, qui s’était installé il y a quelques années en banlieue de Washington, devra également verser 43.457 dollars (35.143 euros) de dommages intérêts, selon la décision du juge Theodore Chuang publiée mercredi.

Des plaques revendues sur eBay. Antonin Dehays, un trentenaire, avait plaidé coupable de ces vols commis sur une période de plusieurs années dans un édifice des Archives nationales de l’État du Maryland. Le Français demandait à y consulter des archives sur des pilotes morts en combattant l’armée nazie. Il dérobait ensuite des plaques d’identité militaire de ces pilotes dont l’avion s’était écrasé, ainsi que d’autres documents, mettant en vente ces pièces sur eBay. Il a volé près de 300 de ces plaques. Il en avait offert une à un musée de l’Etat de Virginie, en échange de la permission de s’asseoir dans le cockpit d’un Spitfire, un des chasseurs de combat les plus utilisés par les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Réactions outrées. La révélation en 2017 de ces vols dans la ville de College Park avait suscité des réactions outrées, certains les comparant à un pillage de tombes. David Ferriero, détenteur du prestigieux poste d’Archiviste des Etats-Unis, avait dénoncé un “mépris à l’égard d’objets et d’archives concernant des personnes capturées ou tuées pendant la Seconde Guerre mondiale”.

“Caverne d’Ali Baba”. Antonin Dehays, un ancien professionnel de basket-ball un temps sélectionné par le club ASVEL Lyon-Villeurbanne, est l’auteur d’une thèse sur la bataille de Normandie, qu’il a soutenue en 2015 à Caen. Dans une interview qu’il a donnée au site Frenchmorning, Antonin Dehays avait confié avoir eu un coup de foudre pour la “caverne d’Ali Baba” des archives de College Park.

-Syrie : Guterres appelle a éviter une situation “hors contrôle”, Trump menace d’une salve de missiles

La tension monte entre Moscou et Washington, alors que la France, elle, devrait se prononcer bientôt quant à de possibles frappes.

Le chef de l’ONU a appelé “à éviter une situation hors contrôle” en Syrie, la tension entre Washington et Moscou étant encore montée d’un cran après l’avertissement lancé par Donald Trump d’un tir imminent de missiles en représailles à l’attaque chimique présumée près de Damas, au cœur de nouvelles réunions jeudi. 

Trump tonne sur Twitter. Dès le petit matin mercredi, le président américain avait donné le ton sur Twitter.  “La Russie jure d’abattre n’importe quel missile tiré sur la Syrie. Que la Russie se tienne prête, car ils arrivent, beaux, nouveaux et ‘intelligents !’ Vous ne devriez pas vous associer à un Animal qui Tue avec du Gaz, qui tue son peuple et aime cela”, a écrit Donald Trump. En appui au président, le Pentagone s’est dit “prêt” à présenter des options militaires pour frapper la Syrie, tandis que le régime de Bachar al-Assad a évacué des aéroports et des bases militaires selon une ONG. 

Mais après les tweets présidentiels va-t-en-guerre du matin, la Maison-Blanche s’est montrée plus prudente. “Le président tient la Syrie et la Russie pour responsables de cette attaque aux armes chimiques”, mais “toutes les options sont sur la table, la décision finale n’a pas été prise”, a déclaré sa porte-parole, Sarah Sanders. 

Guterres “très inquiet”. Mercredi soir, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté les cinq membres permanents du Conseil de sécurité “à éviter une situation hors contrôle” en Syrie, réaffirmant sa “grande inquiétude face à l’impasse actuelle”. Jugeant la situation “très tendue”, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a dit espérer “que toutes les parties vont éviter tout acte qui ne serait en réalité en aucun cas justifié”. L’ambassadeur russe au Liban Aleksander Zasypkin s’est fait plus menaçant sur la chaîne Al-Manar, basée au Liban et gérée par le Hezbollah chiite libanais : “en cas de frappe américaine (…), les missiles seront détruits, de même que les équipements d’où ils ont été lancés”.

La France se prononcera “dans les prochains jours”. Donald Trump a déploré que les relations entre les Etats-Unis et la Russie soient “pires aujourd’hui qu’elles ne l’ont jamais été, y compris pendant la Guerre froide”. Un constat d’échec pour le président américain qui avait fait de la relance des relations avec la Russie un des grands objectifs de sa politique étrangère. La France annoncera “dans les prochains jours” une “décision” en accord avec les alliés américain et britannique, a dit le président français Emmanuel Macron, assurant que les bombardements viseraient “les capacités chimiques” du régime de Damas.

Syrie : l’hypothèse d’un maintien de Bachar al-Assad “n’est plus d’actualité”

“Ce sont des enfants et des femmes qui sont massacrés, on ne peut pas laisser passer ça”, a souligné jeudi Jean-Jacques Bridey le président de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale.

Le président de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, Jean-Jacques Bridey (LREM), a jugé jeudi que l’hypothèse d’un maintien au pouvoir de Bachar al-Assad au pouvoir en Syrie n’était “plus d’actualité”, après l’attaque chimique présumée. “Ça fait sept ans que ça dure, ça fait sept ans que la communauté internationale n’est pas en capacité de trouver des solutions, donc il faudra trouver une solution, mais l’hypothèse que  Bachar al-Assad reste au pouvoir après ce massacre-là n’est plus d’actualité”, a déclaré Jean-Jacques Bridey sur CNews. “Ce sont des enfants et des femmes qui sont massacrés, on ne peut pas laisser passer ça”, a-t-il souligné. 

“Tout est prêt pour frapper”. Interrogé sur l’imminence de frappes militaires de représailles, comme l’a évoqué le président américain Donald Trump mercredi, Jean-Jacques Bridey a jugé qu'”il y a encore le temps de la discussion”. “Tout est prêt pour frapper, pour punir, mais on est encore dans le temps de la discussion”. “Il faut le punir et il faut démolir, détruire toutes les capacités d’armes chimiques”, a ajouté Jean-Jacques Bridey. 

“Légalité internationale”. Sur la question de la légalité d’une telle opération de représailles, le député a rappelé qu'”il y a des résolutions de l’ONU qui ont été prises, aujourd’hui on est peut-être hors cadre de ces résolutions, mais on est dans le cadre de la légalité internationale. Ce dictateur massacre son peuple et il le fait d’une manière intentionnée”.

Une réunion organisée par Macron ? Quant à savoir si Emmanuel Macron devait réunir sa majorité et l’opposition pour les informer, Jean-Jacques Bridey a répondu : “Il le fera peut-être et j’espère qu’il le fasse”. “Tous les présidents l’ont fait quand ils ont engagé notre pays dans une opération militaire, mais là, c’est une opération de punition, ce n’est pas un engagement militaire, ce n’est pas une opération extérieure, ce sont des frappes ciblées pour détruire des capacité de nuisance et de massacre de son peuple”, a-t-il nuancé, jugeant que “c’est quand même de la légalité morale”.

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