Football : pour le premier match officiel à domicile, le public irakien au rendez-vous

L’Irak a accueilli mardi un match de football officiel d’une compétition internationale, entre une équipe bagdadie et une beyrouthine, une première depuis 20 ans.

La rencontre s’est terminée sur un nul (1-1) mais pour les Irakiens, le match Al Zawraa Bagdad – Al Ahed Beyrouth restera dans les annales : c’est le premier d’une compétition internationale organisé sur leur sol depuis plus de vingt ans. “Le monde a vu que l’Irak était au niveau et qu’il avait les capacités d’accueillir un championnat”, a lancé Ali Essam, t-shirt noir et barbe courte.

“Un match qui compte”. Tôt mardi, des embouteillages s’étaient formés à tous les check-points installés aux entrées de Kerbala, ville sainte chiite à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad. Des bus de supporteurs d’Al Zawraa, drapeau blanc du club historique de la capitale à la main, sont arrivés par dizaines avant d’aller remplir quasiment intégralement les gradins de 30.000 places. “C’est un match important pour nous”, avait assuré Ayoub Oudisho, entraîneur d’Al Zawraa, avant la rencontre qui compte pour la Coupe des clubs de la Confédération asiatique (AFC). “Nous jouons devant notre public et il faut en profiter.”

Une interdiction depuis un siècle. “Nous avons besoin de l’emporter” et la présence d’un public acquis aux Irakiens “renforce la confiance de nos joueurs”, voulait-il croire, alors que le match aller à Beyrouth s’était déjà conclu sur le même score. Mi-mars, la Fifa a levé son interdiction en place depuis les années 1900, autorisant la tenue de matches internationaux dans trois stades du pays. Il s’agit de ceux d’Erbil, la capitale du Kurdistan, de Bassora, le plus grand stade (65.000 places) et le plus moderne, et de Kerbala, inauguré il y a trois ans et qui a coûté près de 100 millions de dollars. “Le résultat n’a pas été à la hauteur des ambitions des supporters”, a reconnu Ali Essam après le match. “Mais je suis quand même heureux car le plus important ce n’est pas le résultat mais l’organisation qui fait la fierté de tout le pays.”

-Ligue des champions : l’inattendu crash du FC Barcelone à Rome

Les Catalans ont subi une énorme désillusion en étant éliminés par l’AS Rome, mardi soir en quarts de finale de la Ligue des champions (défaite 3-0 au retour, victoire 4-1 à l’aller). Personne, ou presque, ne s’attendait à pareille sortie de route.

Ceux qui ont parié sur une qualification de l’AS Rome contre le FC Barcelone ont soit eu du nez, soit tenté un coup de poker. Après la large victoire des Catalans en quarts de finale aller (4-1), il y a une semaine, qui pouvait raisonnablement imaginer une qualification des Italiens au retour ? Les Romains ont pourtant réalisé l’impensable en renversant le Barça, mardi soir au Stadio Olimpico (3-0).

Les Barcelonais, invaincus en Liga et qui n’avaient pas connu la défaite en Ligue des champions jusqu’ici, subissent une élimination inattendue, un an après la “remontada” infligée au PSG en huitièmes de finale. Circonstance aggravante, les Catalans échouent à rallier les demi-finales de la Ligue des champions pour la troisième saison d’affilée.

Une saison quasi parfaite jusqu’ici. Pourtant, aucun signe n’annonçait un tel crash. Le Barça n’avait, avant mardi, perdu qu’un seul match toutes compétitions confondues, lors du quart de finale aller de la Coupe d’Espagne sur la pelouse de l’Espanyol Barcelone (1-0, avant une victoire 2-0 et une qualification au retour). En Liga, les Catalans survolent les débats, avec aucune défaite en 31 rencontres dans l’un des championnats les plus difficiles au monde. A sept journées de la fin, les Blaugrana comptent 11 points d’avance sur l’Atlético de Madrid, deuxième, et devraient, sauf cataclysme, être sacrés champions d’Espagne.

En Ligue des champions, tous les feux étaient également au vert. Le Barça n’avait là aussi pas connu la défaite, avec 6 victoires et 3 matches nuls. “C’est une défaite douloureuse, qui fait mal. On en reste là, c’est inattendu pour nous tous. On voulait avancer, continuer. Maintenant on doit panser les blessures. Il y a d’autres compétitions et on doit essayer de les gagner parce qu’on n’a rien gagné pour l’instant”, a réagi Ernesto Valverde, le coach catalan, interrogé après la rencontre.

Des failles révélées au grand jour. Depuis l’arrivée de Valverde cet été, le jeu du Barça n’est pourtant plus aussi flamboyant qu’avant. Cette saison, les Blaugranas’appuient davantage sur leur rigueur (deuxième meilleure défense de Liga avec seulement 16 buts encaissés) et les exploits de leurs individualités (Messi, Suarez, Rakitic, Iniesta…) que sur le jeu léché qui a fait leur réputation. Mardi soir, leurs lacunes collectives ont été révélées au grand jour. La défense, tout d’abord, est totalement passée au travers. Samuel Umtiti, trop lent sur le premier but, et Gerard Piqué, coupable de la faute entraînant le penalty sur le deuxième, ont été aux abois.

L’arrière-garde n’est pas la seule responsable de ce fiasco. Les Catalans ont été dominés dans tous les compartiments du jeu, et particulièrement dans l’engagement. Ils ont également été très nerveux, avec de nombreuses fautes et trois cartons jaunes. Le coaching de Valverde ne les a pas non plus beaucoup aidés, puisqu’il a attendu la 81e minute pour effectuer son premier changement. “C’est moi le responsable, celui qui fait l’équipe, qui la prépare. C’est le cas qu’on gagne ou qu’on perde”, s’est désolé Valverde.

Messi ne peut pas tout faire. Finalement, seul un exploit de Lionel Messi aurait pu permettre au Barça de se qualifier. L’Argentin avait déjà sauvé ses coéquipiers à de nombreuses reprises cette saison, notamment dans les matches importants, masquant les lacunes de son équipe.

Lors du clasico contre le Real, en décembre à Santiago Bernabeu, les Barcelonais avaient été nettement dominés une bonne partie de la rencontre, mais avaient réussi à gagner grâce à une prestation exceptionnelle de l’Argentin (victoire 3-0). Idem contre Chelsea lors du huitième de finale retour, avec un doublé de Messi (là aussi victoire 3-0). Mardi soir, il a été parfaitement muselé et n’a jamais pu se créer d’occasions franches. Plus que jamais, le Barça a été dépendant de sa star. Mais même Lionel Messi ne peut pas tout résoudre.

-Et si la fin des prêts permettait de réguler le football ?

La Fifa réfléchit à réguler voire interdire les prêts de joueurs entre clubs afin de limiter l’inflation dans le football. Mais cela n’aurait pas que des avantages…

La mesure pourrait à elle seule bouleverser l’économie du football. Selon France Football, la Fifa et d’autres instances réfléchissent à réguler voire interdire les prêts de joueurs entre clubs, pour limiter la spéculation autour des jeunes, objets de toutes les attentions.

Éviter le “sur-stockage” de jeunes joueurs. “Aujourd’hui, les grands clubs ont tendance à acheter de très jeunes joueurs et augmenter le nombre de contrats, quitte à les prêter pour leur donner du temps de jeu et leur permettre de continuer à progresser”, décrypte Vincent Chauvel, économiste du sport au cabinet Wavestone. “La Fifa s’attaque à ça pour éviter un ‘sur-stockage’ de jeunes joueurs de talents dans certains clubs qui, à l’inverse, ne pourraient pas permettre à d’autres clubs d’avoir des joueurs pour être compétitifs.”

Ce chamboulement pourrait avoir plusieurs conséquences pour les clubs, à commencer par la recrudescence de clauses de rachat incluses dans les transferts. Objectif : s’assurer de récupérer un très bon joueur vendu trop tôt à défaut d’avoir pu être prêté. Autre piste d’une large réforme qui comporte 11 points : les effectifs de clubs professionnels pourraient aussi être limités à 35 joueurs maximum.

Quand on prête un joueur, c’est pour qu’il revienne plus fort, sinon qu’il soit détecté par un autre club

VINCENT CHAUVEL, ÉCONOMISTE DU SPORT

“Ridicule”. Si Vincent Chauvel refuse de parler pour l’instant d’un “séisme” pour les équipes, la mesure pourrait déséquilibrer leur fonctionnement : “L’économie des transferts et des prêts est un pilier important dans l’organisation de beaucoup de clubs.”

En Ligue 1 et en Ligue 2, 147 prêts ont eu lieu l’an passé. Rien d’étonnant à ce que les présidents français soient plutôt sceptiques : “Réformer, oui, interdire les prêts, c’est ridicule, on limite les chances d’accéder à un club pour les joueurs”, explique l’un d’entre à Europe 1. “On ne leur donne pas la chance de s’exprimer. Quand on prête un joueur, c’est pour qu’il revienne plus fort, sinon qu’il soit détecté par un autre club.” La Fifa entendra-t-elle cet argument ? Réponse en octobre, lorsque cette épineuse question sera tranchée.

Les agents de joueurs, grands perdants

A qui profiterait cette mesure ? “Les clubs formateurs seront gagnants et perdants”, répond Vincent Chauvel. “Perdants, car ils vendront moins de joueur qu’ils avaient tendance à vendre à des grands clubs. Mais ils vont pouvoir utiliser ces joueurs formés plus longtemps et donc en tirer profit et sportivement, et économiquement. Les grands clubs auront moins de joueurs à gérer, moins de ‘trading’, mais ils devront payer le talent un peu plus cher qu’aujourd’hui au moment de l’acquisition.” Les perdants seraient les agents, qui auraient “moins de mouvements à faire, à l’achat, comme au prêt”, avec donc moins de commissions.

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