Adoré des fidèles, le pape François est plus isolé au Vatican

Cinq ans après être devenu le pape François, Jorge Mario Bergoglio fait face à une fronde jusqu’à Rome à cause de son ouverture à la modernité. Des tensions internes au Vatican qui tranchent avec sa cote de popularité chez les fidèles.

Adoré par les fidèles, très critiqué par ses collègues. Cinq ans après avoir été élu pape, Jorge Mario Bergoglio divise en interne autant qu’il rassemble à l’extérieur. Au cours de ces soixante derniers mois, le pape François a surpris par sa liberté de parole, sa proximité avec les fidèles, son attention envers les plus fragiles, les pauvres ou encore les migrants, mais aussi par son ouverture à la modernité. Et justement, cette façon de gérer l’Eglise n’est pas sans créer des vagues au sein du Vatican.

Nombreuses réformes. Les années passent et la popularité du pape François parmi les fidèles semble toujours aussi grande. Une ferveur, un enthousiasme, qui tranche avec les tensions et les désaccords qui règnent au Vatican. Depuis le début de son pontificat, le pape François a lancé de nombreuses réformes, stigmatisant parfois sans ménagement la résistance de certains membres de la Curie.

“Du jamais vu”. Certains évêques conservateurs ne lui pardonnent pas d’avoir permis, dans certains cas, aux divorcés remariés de communier. Pour Iacopo Scaramuzzi, spécialiste du Vatican au sein de l’agence Askanews, le pape rencontre une opposition inédite : “Ce n’est pas un secret, il y a des personnes au sein du Vatican qui n’apprécient pas le pape, justement pour les décisions qu’il a pu prendre. Mais c’est peut-être la première fois que cela se voit de façon aussi flagrante et évidente, non seulement le fait que le pape désavoue ses collaborateurs mais que des évêques, des cardinaux critiquent ouvertement un Pape et qu’ils le critiquent parce qu’il est trop progressiste, je pense que ça, c’est du jamais vu, du moins dans l’époque moderne”.

Des religieuses dénoncent. Depuis quelques jours, un vent de révolte souffle également parmi les religieuses. Malgré cette volonté de réforme affichée par le pape, plusieurs chantiers restent encore en suspens comme la question cruciale du rôle des femmes au sein de l’Église. Une question qui a refait surface de manière retentissante. Sous couvert d’anonymat, plusieurs religieuses ont dénoncé leurs conditions de travail. Des femmes parfois contraintes de passer de longues heures à laver, à faire à manger, à repasser au service des évêques et des cardinaux sans être rémunérées ou considérées.

Machisme sous couvert de paternalisme. Elles ont confié leur malaise à une journaliste de la revue Femme, Eglise, monde dirigée par Lucetta Scaraffia, qui décrit la situation : “Au sein de l’Église, il règne un machisme qui est déguisé en paternalisme. Et ça pèse beaucoup sur les religieuses. Elles se plaignent aussi du fait de ne jamais être écoutées. Toutes les décisions qui sont prises à propos du futur de l’Église ne sont jamais affrontées en écoutant ce que les femmes ont à dire. A plusieurs reprises, le pape François a souligné l’importance du rôle des femmes dans l’Église. Mais les mentalités semblent encore difficiles à changer. Pour le moment, il n’y a toujours pas de femme qui dirige un département au sein de la Curie au Vatican.

– Ex-espion empoisonné : “C’est quasiment un ultimatum que Theresa May lance à Vladimir Poutine”

Pour Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, invité mardi sur Europe 1, la réaction britannique dans l’affaire de l’empoisonnement de l’ex-espion russe est “extrêmement forte”.

La Première ministre britannique Theresa May a estimé lundi “très probable” que la Russie soit “responsable” de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal  et l’a sommée de s’expliquer d’ici mardi soir. “En l’absence de réponse crédible, nous en conclurons que cette action constitue un usage illégal de la force par l’Etat russe contre le Royaume-Uni. Et je reviendrai alors devant la chambre (des Communes) et présenterai l’éventail des mesures que nous prendrons en représailles”, a-t-elle averti. Moscou a vivement réagi en dénonçant une “provocation”. Pour Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, invité mardi sur Europe 1, cette réaction de la Première ministre britannique est pour le moins étonnante.

“Les plus mauvaises heures de la guerre froide”. “J’ai été surpris de voir que la réaction britannique est extrêmement forte. C’est quasiment un ultimatum que Theresa May lance à Vladimir Poutine”, analyse-t-il. “Les Britanniques estiment qu’il y a suffisamment d’éléments concordants pour être sûrs que l’agent chimique qui a été utilisé a effectivement été produit en Russie. Et c’est très grave. On retrouve des accents des plus mauvaises heures de la guerre froide”, détaille-t-il.

“Les Britanniques ne peuvent pas faire grand chose”. Pour autant, le spécialiste ne pense pas que cette affaire puisse aller bien loin. “Les Britanniques ne peuvent pas faire grand chose. Ce n’est pas un acte de guerre non plus. C’est un emploi de la force d’une certaine manière. Je crois qu’il faut que les Européens montrent leur solidarité avec la Grande-Bretagne”, pointe-t-il. Dans la nuit de lundi à mardi,Washington a apporté son soutien à Londres. Une nouvelle réunion de crise sur cette affaire est prévue mardi en Grande-Bretagne.

– Corée du Nord : l’ONU doit maintenir ses sanctions jusqu’à de “réels progrès”, estiment les États-Unis

Malgré la perspective d’un sommet commun entre Donald Trump et Kim Jong-Un, les États-Unis continuent de plaider pour le maintien des sanctions strictes envers Pyongyang.

Les États-Unis ont plaidé lundi auprès du Conseil de sécurité des Nations unies pour un maintien des sanctions contre la Corée du Nord jusqu’à ce que de réels progrès soient enregistrés dans les tractations en vue du démantèlement du programme d’armes nucléaires de Pyongyang.

Optimistes mais “déterminés” à “appliquer un maximum de pression”. Le conseiller à la sécurité nationale H.R. McMaster a rencontré à New York plusieurs ambassadeurs siégeant au Conseil, quelques jours après l’accord du président américain Donald Trump pour un sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

“Nous sommes tous d’accord pour être optimistes face à cette opportunité”, a déclaré H.R. McMaster à la presse après cette rencontre à huis clos à la représentation américaine auprès de l’ONU. “Mais nous sommes déterminés à poursuivre la campagne visant à appliquer un maximum de pression jusqu’à ce que nous constations des actes conformes aux paroles et de réels progrès vers la dénucléarisation”, a-t-il poursuivi.

Vers une issue diplomatique. Donald Trump a accepté le principe d’une rencontre inédite avec Kim Jong-Un, qui pourrait se tenir d’ici fin mai, faisant naître l’espoir d’une issue diplomatique après plusieurs mois d’escalade des tensions, alimentée par des insultes et des menaces entre les deux hommes.

Le conseiller américain, qui a aussi rencontré le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, a souligné devant la presse que le Conseil avait fait preuve d'”unité et de détermination qui nous ont conduit au point où nous pouvons être en mesure de poursuivre une solution diplomatique en vue d’une complète dénucléarisation de la péninsule coréenne”.

Des sanction jugées cruciales par les États-Unis. Devant les ambassadeurs onusiens, H. R. McMaster a insisté sur trois des résolutions ayant instauré des sanctions de plus en plus strictes contre Pyongyang, les estimant cruciales pour contraindre la Corée du Nord à s’asseoir à la table des négociations, a rapporté un diplomate du Conseil.

Pour un diplomate du Conseil, l’insistance des États-Unis à maintenir la pression sur Pyongyang illustre leur scepticisme concernant les perspectives de parvenir à un accord avec le régime de Kim Jong-Un. H. R. McMaster a précisé que l’administration Trump voulait agir rapidement en raison des inquiétudes face aux avancées importantes des programmes militaires nord-coréens, a rapporté un diplomate, sous couvert d’anonymat.

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