Trump-Kim Jong Un : les coulisses de la rencontre

L’annonce d’une rencontre entre le président américain et le leader nord-coréen a surpris tout le monde car, en coulisses, les négociations ont été rocambolesques. 

C’est une annonce inattendue. Qui aurait pu imaginer Donald Trump, le moins diplomate et le plus impulsif des présidents américains, en faiseur de paix ? Et pourtant, le président américain a accepté jeudi de rencontrer prochainement le leader nord-coréen Kim Jong Un. Si on ne peut pas encore parler de réconciliation entre Washington et Pyongyang, il y aura le plus vite possible une poignée de mains entre Trump et celui qu’il critiquait vertement il y a quelques mois. Ce revirement soudain s’est décidé dans un contexte assez inhabituel, rapporte le correspondant d’Europe 1 à Washington.

L’art du teasing de Trump. En fin de journée jeudi, les premiers frémissements se sont fait sentir à la Maison-Blanche. Donald Trump passe la tête dans la salle de presse, ce qu’il ne fait jamais. Il dit alors que la Corée du Sud va faire une annonce majeure à propos de son voisin du nord d’ici deux heures. Le chef d’Etat démontre là sa maîtrise de l’art du teasing et provoque rumeurs et fébrilité. Finalement, à la nuit tombée, un responsable sud-coréen sort de la Maison-Blanche et lit un communiqué que les journalistes ont du mal à croire au début : Kim Jong Un a invité le président américain à le rencontrer et Donald Trump est d’accord. Il n’y a cependant pas de lettre officielle, juste ce message oral. 

Un revirement dont seul Trump est l’auteur. Si cette annonce surprend tout le monde, c’est qu’en coulisses, les négociations ont été rocambolesques. Le New York Times raconte que l’émissaire de Séoul était là pour rencontrer des responsables nord américains mais pas le président. C’est Donald Trump qui est finalement allé à sa rencontre et a accepté d’emblée la rencontre, sans plus de consultations. “C’est un grand progrès”, a-t-il ensuite indiqué dans un tweet. “On est en train d’organiser la rencontre !”. Vendredi, on ne savait encore ni où ni quand aurait lieu ce sommet historique. 

Colombie : premières législatives avec la Farc sans armes

Après plus de 50 ans de conflit armé, la Colombie va connaître ses premières élections dimanche sans la menace des ex-rebelles Farc devenu un parti politique sous le même acronyme.

Pour la première fois en plus d’un demi-siècle de conflit armé, la Colombie renouvelle son Parlement dimanche sans la menace des ex-rebelles Farc, dont certains sont candidats, et à la faveur d’un cessez-le-feu temporaire de l’ELN, dernière guérilla du pays.

Une élection sans pression armée. Les Farc sont désormais un parti sous le nom de la Force alternative révolutionnaire commune. Avec l’accord de paix historique de 2016, la plus puissante guérilla d’Amérique a quitté la jungle pour l’arène politique. Et bien que des pourparlers engagés avec l’Armée de libération nationale (ELN) soient au point mort, cette rébellion, apparue aussi en 1964, a annoncé une trêve unilatérale à l’occasion du scrutin.

Un risque pour la survie de la gauche. Dans un pays où l’abstention avoisine les 60%, ces législatives sont déterminantes pour la paix et pour la survie de la gauche. Elles pourraient être l’antichambre du retour de la droite dure, qui agite le spectre de la crise vénézuélienne et du “castro-chavisme”, en promettant de modifier l’accord de paix.

Après huit ans d’un gouvernement de centre-droit et d’un Parlement qui ont conclu la paix avec l’ex-guérilla communiste, la droite la plus opposée à cet accord pourrait prendre le contrôle du Congrès. La gauche, divisée et fuyant toute alliance avec la Farc, devrait seulement maintenir sa représentation actuelle.

Dix sièges acquis. L’accord de paix établit un système de justice spécial qui devrait être opérationnel cette année et garantit à la Farc dix des 280 sièges du prochain Parlement, cinq dans chaque chambre. Mais les ex-guérilleros doivent quand même se présenter dimanche.

Aucun sondage ne les crédite d’un vote suffisant pour amplifier cette représentation. La Farc a en outre cédé du terrain en se retirant jeudi de la campagne pour la présidentielle des 27 mai et 17 juin, son chef et candidat Rodrigo Londoño, alias “Timochenko”, ayant dû subir un pontage coronarien suite à un infarctus.

Déjà deux grands favoris. Avec les législatives, s’engage vraiment la campagne pour la présidentielle. Par leur vote, les Colombiens vont définir les candidats des futures coalitions. L’ancien maire de Bogota et ex-guérillero du M-19 dissout, Gustavo Petro, est quasiment assuré de son triomphe à gauche, tandis qu’Ivan Duque part favori de la droite, sous le patronage du sénateur et ex-président Alvaro Uribe. Tous deux sont en tête des sondages pour le 27 mai. Alvaro Uribe s’annonce toutefois comme le grand vainqueur : non seulement il devrait conserver son siège parlementaire, mais il pourrait aussi devenir le leader de la majorité au Congrès et propulser Ivan Duque. 

États-Unis : les élus du Mississippi votent une loi restrictive sur l’avortement

Le projet de loi, qui fait référence aux “êtres humains non-nés”, approuvé jeudi interdit l’avortement au-delà de 15 semaines de grossesse, contre 20 actuellement.

Les élus du Mississippi ont approuvé jeudi un projet de loi interdisant l’avortement au-delà de 15 semaines de grossesse, contre 20 actuellement, faisant de cet État conservateur du Sud le plus restrictif pour les IVG aux États-Unis.

Pas d’exception pour les cas d’inceste ou de viol. Le projet de loi, qui se réfère aux “êtres humains non-nés”, a été voté le jour même de la Journée internationale des droits des femmes. Le texte comprend des exemptions en cas d’urgence médicale pour la mère et d’anomalies cérébrales sévères chez le bébé, mais ne fait pas d’exception pour les cas d’inceste ou de viol. Il instaure des amendes et des interdictions d’exercer aux médecins qui pratiqueraient un avortement au-delà de la 15ème semaine de grossesse. Il doit encore être ratifié par le gouverneur de l’État, le républicain Phil Bryant, qui a déjà annoncé son soutien au texte. Le Mississippi est situé dans la “ceinture de la Bible” (Bible Belt), qui comprend un gros quart sud-est des États-Unis et où le protestantisme rigoriste et la religion chrétienne sont omniprésents.

Un pays divisé depuis 1973. La question de l’IVG divise profondément les États-Unis depuis l’arrêt emblématique de la Cour suprême “Roe v. Wade”, qui a légalisé l’avortement le 22 janvier 1973 dans tous les États-Unis. La Cour a toutefois fixé comme limite le point de “viabilité” du fœtus, et non un nombre spécifique de semaines, se référant plutôt au consensus médical de 24 à 28 semaines. Face aux échecs pour faire abroger “Roe v. Wade”, les militants anti-avortement tentent de faire adopter au niveau des États des lois de plus en plus restrictives, et retoquées régulièrement par la justice fédérale.

La loi “va nuire aux femmes pauvres”. L’Association de défense des droits civiques ACLU a appelé le gouverneur Bryant à opposer son veto au texte, avertissant qu’il “se retrouvera au centre d’une bataille juridique qui coûtera des dizaines de milliers de dollars d’argent public en frais de justice”. La loi va “profondément nuire aux femmes pauvres, aux femmes de couleur et aux jeunes femmes. Elle ne fera rien pour renforcer la sécurité des avortements ou pour soutenir le choix des femmes”, a dénoncé Jennifer Riley Collins, la responsable de l’ACLU au Mississippi. Fin janvier, le Sénat avait échoué à faire interdire les avortements au-delà de la 20e semaine au niveau fédéral.

 

 

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