Neymar : club, sélection, joueur… Qui décide d’une opération ?

Le joueur brésilien est arrivé jeudi au Brésil où il doit se faire opérer samedi, à Belo Horizonte, par le médecin de la sélection brésilienne.

Neymar en fauteuil roulant. C’est l’image que craignaient de voir le PSG et ses supporters après la blessure dont a été victime le Brésilien, dimanche dernier, lors du Classique face à l’OM (3-0). Elle est devenue réalité, jeudi, à l’aéroport de Rio de Janeiro, quand le n°10 brésilien a rejoint via un vol Air France. Neymar doit se faire opérer samedi, à Belo Horizonte, un peu plus au nord du pays, par le médecin de la sélection brésilienne, Rodrigo Lasmar.

“Notre préoccupation, c’est en premier lieu” que Neymar “puisse bien récupérer et qu’il soit disponible pour son club et pour la Seleçao le plus vite possible, c’est notre défi”, a insisté le chirurgien orthopédiste devant quelques journalistes à l’aéroport. “Ce n’est pas une simple fissure”, comme l’a indiqué le PSG, “c’est une fracture d’un os important au milieu du pied”, a-t-il ajouté, tout en cherchant à dissiper les rumeurs de divergences avec le club. “La relation entre le PSG et la Seleçao a toujours été très bonne, nous sommes en contact depuis le début, partageant toutes les informations.” La situation, étonnante, amène néanmoins à se poser la question : qui a décidé d’opérer Neymar ?

La voix du père… et de l’agent. Mardi soir, alors que tout le monde attendait que le PSG communique plus précisément sur l’état de santé de Neymar, le père du joueur lâchait sur ESPN Brésil que son fils allait être “absent six à huit semaines”. C’en était fini des espoirs de voir la star brésilienne sur la pelouse lors du huitième de finale retour de Ligue des champions face au Real Madrid, mardi prochain (défaite 3-1 à l’aller). “Je ne suis pas médecin, Neymar non plus, le club est seul maître de la décision mais il faut protéger l’avenir du joueur”, avait lancé Neymar senior, laissant guère de doutes sur l’issue du dossier : le joueur allait se faire opérer. Le club a confirmé, près de 24 heures plus tard.

“Au terme de ce bilan et en accord avec le joueur, il a été décidé de privilégier l’option chirurgicale”, est-il écrit dans le communiqué. “Neymar Jr sera opéré en fin de semaine au Brésil par le Docteur Rodrigo Lasmar accompagné sur place par le Professeur Saillant (Paris Saint-Germain).” Le père a clairement coupé l’herbe sous le pied du PSG. Est-ce si surprenant ? “Ce n’est pas le père de Neymar, c’est l’agent qui parle. Il est brésilien, il vit au Brésil, où la blessure de Neymar a été un événement national, et la préparation de son joueur est essentielle pour la Coupe du monde, donc lui intervient non pas en tant que partisan du PSG mais en tant que Brésilien”, souligne Raymond Domenech, ancien sélectionneur des Bleus et consultant pour Europe 1.

Jean-Pierre Paclet, ancien médecin des Bleus, a été confronté à ce genre de situation quand il était en poste, entre 1993 et 2008. Et il ne voit pas dans le dossier Neymar matière à scandale. “Il y avait deux optiques. Soit jouer la carte de l’attente, voir comment la blessure évoluait, et éventuellement, dans un deuxième temps, l’opérer, avec la possibilité de lui éviter une intervention, et avec aussi comme inconvénient de retarder d’autant sa reprise. La deuxième option, c’était de l’opérer tout de suite, avec une garantie de résultat plus grande. Son père et Neymar étaient davantage pour une opération rapide pour garantir sa présence à la Coupe du monde. Et le but du PSG, ce n’est pas de tant de gagner le huitième de finale contre le Real la semaine prochaine, c’est de gagner la Ligue des champions au mois de mai prochain…”

Le choix de se faire opérer, qui reste à la discrétion du joueur, dépend de contingences sportives, mais aussi parfois contractuelles. “Je me souviens d’un international qui ne voulait pas se faire opérer et qui a décidé d’aller à l’encontre du médecin du club et de son président. Il avait comme raisonnement : j’ai trois ans de contrat donc je peux prendre mon temps pour me faire soigner.” Neymar, lui, n’a pas de temps à perdre.

“Que des avantages.” Jean-Pierre Paclet n’est pas surpris que la cheville droite de Neymar soit désormais entre les mains du médecin de la sélection brésilienne. Il avait l’habitude à son époque de travailler avec les médecins des clubs. “Ce genre de collaboration ne présente que des avantages. Pour le médecin de la sélection, il s’agit de se tenir au courant de la santé des joueurs potentiellement sélectionnables, et de remonter les informations au sélectionneur, et pour le médecin de club, ça lui permet de faire valider ses options de traitement, dans le cas de décision difficile à prendre, comme c’est le cas ici.” A-t-il été déjà confronté à des tensions avec ses collègues ? “Pas forcément avec des clubs. Ce sont des cultures médicales qui sont parfois très différentes. Il y a ainsi une conception méditerranéenne des traitements médicaux. Je me suis bien entendu avec les médecins espagnols, italiens, portugais, et plus difficilement avec les médecins anglo-saxons, les Anglais, les Allemands. Parce qu’ils étaient beaucoup plus interventionnistes. S’il y a deux possibilités de traitement, médical et chirurgical, ils vont tout de suite vers la chirurgie, alors qu’en France, on considère la chirurgie comme le traitement le plus agressif, et qu’elle doit n’être envisagée qu’avec certitude.”

“Il faut que le malade adhère à son traitement”. Le docteur Paclet souligne un élément essentiel : il faut que le joueur, et donc le patient, soit en confiance. “Pour un médecin, être imposé à un joueur est la situation la plus désagréable qui soit. Dans ces cas-là, le traitement n’est pas voué à l’échec, mais il aura de moins bons résultats. Dans la thérapeutique d’une blessure ou d’une maladie, il faut que le malade adhère à son traitement et qu’il y ait des rapports de confiance entre le médecin et son patient.” C’est certainement le cas entre Neymar et le docteur Lasmar, qui l’avait notamment suivi lors du dernier Mondial, au Brésil, où il s’était fracturé une vertèbre. Et il est sûr aussi, que Neymar préfère vivre sa convalescence dans son pays plutôt qu’à Paris. “Tant qu’à se faire opérer, autant qu’il soit là-bas, chez lui, plutôt que d’être à Paris à traîner sa peine et à voir les autres s’entraîner”, estime Raymond Domenech. Ce qui n’empêche évidemment pas Paris de suivre son “actif” à 222 millions d’euros. Maxwell, le directeur sportif du club, et le professeur Saillant, collègue et mentor d’Éric Rolland, actuel médecin du PSG, sont attendus à Belo Horizonte.

Pour nos deux grands témoins, il n’y aurait donc pas d’affaire Neymar. Jean-Pierre Paclet admet juste de la maladresse peut-être. “Les différents corps médicaux (du club et de la sélection) se sont réunis et les conclusions sont vite tombées. Il n’y a pas eu bataille. Convoquer une conférence de presse pour éviter les fuites éventuelles et parler d’une seule voix, à 24 heures d’un PSG-Marseille, ça aurait transformé cette blessure en affaire d’État alors que moi, je trouve qu’ils ont au contraire réglé le problème de manière tout à fait naturelle, dans les règles et dans l’intérêt du joueur en tout cas.” Reste maintenant à réussir l’opération, qui sera autant suivie à Paris qu’au Brésil.

-Suède – Zlatan Ibrahimovic : “L’équipe nationale me manque”

“Si je veux (revenir), je le fais”, a lancé “Ibra” jeudi à la presse suédoise.

“L’équipe nationale me manque”, a confié jeudi la star Zlatan Ibrahimovic à la presse suédoise, relançant les spéculations sur son éventuel retour à quelques mois du Mondial 2018.

“Si je veux (revenir), je le fais”. Ancien flamboyant capitaine de l’équipe, Ibrahimovic a pris sa retraite internationale à l’été 2016 et la Suède a arraché son billet pour la Russie sans lui. “Si je veux (revenir), je le fais”, a-t-il dit aux reporters venus couvrir l’ouverture de son centre de padel, un sport entre tennis et squash. “Je veux sentir que je suis capable d’offrir une bonne prestation”, a affirmé “Ibra”, 36 ans.

Toujours blessé. Convalescent après une blessure au genou, l’attaquant de Manchester United a estimé que “la porte n'(était) pas fermée” mais est resté évasif sur son retour effectif sur le terrain. Blessé en avril, il avait recommencé à jouer en novembre avec Manchester avant une rechute fin décembre.

NBA : Cleveland chute à domicile contre Philadelphie, Portland bat Minnesota

Les Cavaliers de Cleveland ont été battus jeudi à domicile par Philadelphie, malgré un très bon LeBron James. En face, le collectif des jeunes Sixers était bien huilé.

Cleveland a concédé jeudi sa troisième défaite en cinq matches en s’inclinant nettement à domicile face à Philadelphie 108 à 97, en NBA. Les Cavaliers ont reçu une leçon de réalisme de la part des jeunes Sixers qui ont toujours mené au score et n’ont pas craqué lorsque LeBron James et ses coéquipiers sont revenus par trois fois à leur hauteur.

James pas loin du triple double. Quand “King James” a égalisé (85-85) à moins de six minutes de la sirène, Philadelphie a aussitôt repris le large grâce à ses prodiges Ben Simmons et Dario Saric. La superstar de Cleveland ne s’est pourtant pas ménagée avec une feuille de stats finale de 30 points, 9 rebonds et 8 passes décisives.

Philadelphie en bonne forme… Face à lui, six joueurs des Sixers ont marqué au moins 10 points, la palme revenant à JJ Redick avec 22 unités, tandis que Joël Embiid a fini la rencontre avec 17 points et 14 rebonds. Les Sixers, qui restaient pourtant sur onze défaites de suite face aux Cavaliers, ont réussi leur coup alors qu’ils rêvent d’attirer l’été prochain “King James”. Avec huit victoires lors des huit derniers matches, Philadelphie est 6ème de la conférence Est (33 victoires pour 27 défaites) et se rapproche de Cleveland, toujours 3ème avec 36 victoires et 25 défaites.

… comme les Lakers. Dans les autres matches de la nuit, Portland s’est rapproché de la 4ème place de la Conférence Ouest occupée par Minnesota en dominant les Timberwolves 108 à 99, grâce à la paire CJ McCollum-Damian Lillard. Toujours à l’Ouest, les Lakers ont bien enchaîné après le All-Star Break avec une quatrième victoire de suite, jeudi soir, à Miami (131-113). Dans le match des mal classés, Sacramento, 12ème à l’Ouest, a dominé Brooklyn, 13ème à l’Est, 116 à 111.

Les résultats des matches de la nuit

Cleveland – Philadelphie : 97-108
Miami – Los Angeles Lakers : 113-131
Sacramento – Brooklyn : 116-111
Portland – Minnesota : 108-99

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