Trump en prime-time face au Congrès et à l’Amérique

Mardi soir, le président américain prononcera devant le Congrès le discours traditionnel sur l’état de l’Union.
Face au Congrès réuni au grand complet, le président des Etats-Unis Donald Trump déclinera mardi soir sa vision d’une Amérique “sûre, forte et fière”, mettant en avant la santé de l’économie et la vigueur de Wall Street.

Pour “le pays tout entier”. Dans la lignée d’un discours à Davos à la tonalité résolument pragmatique, le locataire de la Maison-Blanche gardera, sauf surprise, les yeux rivés sur des téléprompteurs pour dérouler son discours sur l’état de l’Union. Et devrait rester à l’écart des digressions et dérapages qui ont marqué nombre de ses interventions. “Il va parler au pays tout entier, pas seulement à ceux qui ont voté pour lui”, a assuré Raj Shah, porte-parole de la Maison-Blanche, dans une formule qui tranche singulièrement avec la tonalité belliqueuse de la plupart des tweets présidentiels.

Pistes de compromis. Symboliquement, ce rendez-vous solennel minutieusement mis en scène est le meilleur moment qui soit pour prendre de la hauteur, se placer au-dessus de la mêlée. Politiquement, Donald Trump, au plus bas dans les sondages dans un pays profondément divisé, a besoin d’esquisser des pistes de compromis avec les démocrates s’il veut étoffer son bilan législatif.

Mais ce rendez-vous annuel très prisé du tout-Washington n’est plus ce qu’il était. Dans une tribune intitulée “Le discours sur l’état de l’Union a-t-il encore de l’importance à l’ère Trump ?”, Julian Zelizer, historien à l’université de Princeton, rappelle combien l’exercice a perdu son effet “mobilisateur” de jadis.

Immigration… Au-delà de la mise en avant de chiffres de croissance encourageants (2,3% en 2017 contre 1,5% en 2016), l’immigration devrait figurer en bonne place dans ce discours prévu à 21h (3h en France) dans l’hémicycle de la Chambre des représentants. “Pendant des années et des années, ils ont parlé d’immigration et n’ont rien fait. Nous allons y arriver, j’espère”, a souligné lundi le président septuagénaire, évoquant “un grand discours, un discours important”.

Mais les débats s’annoncent âpres. L’administration Trump a évoqué une voie d’accès à la citoyenneté pour 1,8 million de migrants entrés illégalement aux États-Unis si ses adversaires acceptent de débloquer 25 milliards de dollars pour la plus emblématique de ses promesses de campagne : la construction d’un mur à la frontière du Mexique.

… et relations commerciales. Autre sujet central : les relations commerciales avec les autres grandes puissances, Chine en tête. Tour à tour menaçant et conciliant au cours des mois écoulés, l’ancien homme d’affaires de New York pourrait bientôt trancher. Il y a quelques jours, il a, à demi-mots, menacé l’Union européenne de représailles, et provoqué une vive réaction de Bruxelles qui a promis une réponse “rapide” en cas de mesures commerciales restrictives de la part des États-Unis.

– Les États-Unis lèvent l’interdiction de territoire visant les réfugiés de 11 pays
Les États-Unis ont levé lundi 29 janvier l’interdiction d’entrée sur le territoire américain qui ciblait des réfugiés de 11 pays, mais ont en contrepartie durci leurs conditions d’admission, a indiqué le département de la Sécurité intérieure (DHS) dans un communiqué.

Les responsables américains n’ont pas dévoilé la liste des pays concernés, mais il s’agirait de l’Egypte, l’Iran, l’Irak, la Libye, le Mali, la Corée du Nord, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, la Syrie et le Yémen, selon les indications d’organismes s’occupant de réfugiés.

Des contrôles renforcés
Les autorités américaines ont également annoncé un renforcement de la sécurité et des recommandations dans les procédures du Programme américain d’admission des réfugiés, notamment le renforcement des vérifications des demandes d’asile et une actualisation régulière de la liste des pays à haut risque ainsi que des critères de sélection des réfugiés.

“Il est d’une importance cruciale que nous sachions qui entre aux Etats-Unis”, a expliqué la patronne du DHS, Kirstjen Nielsen :

“Ces mesures de sécurité supplémentaires rendront (la tâche) plus difficile pour les mauvais acteurs d’exploiter notre programme pour les réfugiés et elles s’assureront que nous prenons une approche plus basée sur le risque dans la protection de notre patrie.”

Les musulmans visés ?
Les États-Unis avaient annoncé en octobre la suspension de l’interdiction d’entrée des réfugiés, sauf pour ces 11 pays, quatre mois après sa mise en place dans le cadre d’un décret migratoire très controversé. Ce décret controversé, pris au nom de la lutte contre le terrorisme, est entrée en vigueur début décembre après un marathon judiciaire, le texte étant dénoncé comme discriminatoire envers les musulmans.

Un haut responsable de l’administration, qui n’a pas souhaité être identifié, a nié que ces procédures de sécurité renforcées visaient les musulmans.

“Nos procédures d’admission n’ont rien à voir avec la religion”, a-t-il dit, ajoutant qu’il n’y avait “rien de bien neuf” dans ces mesures de vérification renforcée pour les pays à haut risque.

Moins de réfugiés accueillis
Le DHS n’a pas donné de détails sur ces mesures concernant les 11 pays. Tous les demandeurs d’asile doivent fournir des preuves détaillées sur leur histoire et leurs activités et, pour certains, doivent laisser l’administration accéder à leurs comptes sur les réseaux sociaux.

L’administration Trump a également décidé de réduire drastiquement le nombre d’admissions de réfugiés permises aux États-Unis pour 2018. Seulement 45.000 personnes seront admises, contre 53.000 en 2017.

Cette annonce intervient alors que l’administration tente de parvenir à un accord avec l’opposition démocrate sur une limitation de l’immigration légale et un renforcement de la lutte contre les clandestins. Donald Trump a ainsi proposé de régulariser la situation d’1,8 million de jeunes immigrés menacés d’expulsion, en échange du financement par le Congrès d’un mur à la frontière avec le Mexique.

-Plus de 100.000 Rohingyas en danger dans les camps du Bangladesh

Pour l’ONU, “au moins 100.000 personnes courent un grave danger” en raison des risques de glissements de terrain et d’inondations au Bangladesh.
Plus de 100.000 réfugiés Rohingyas qui vivent dans des camps de fortune au Bangladesh risquent d’être emportés par des glissements de terrain ou des inondations lors de la mousson, selon un rapport des Nations unies rendu public lundi à Genève.

Également des risques d’épidémies. Il y a actuellement plus de 900.000 Rohingyas rien que dans le secteur de Cox’s Bazar, dont environ 688.000 réfugiés qui ont fui la Birmanie depuis la fin août 2017. Le rapport souligne également les risques d’épidémies, notamment de diphtérie, qui a déjà fait 35 morts, et d’oreillons.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) mène actuellement dans les camps de Rohingyas une campagne de vaccination contre la diphtérie.

– Nouvelle journée de tension politique entre Catalogne et Espagne
La Catalogne et l’Espagne vont vivre mardi
une nouvelle journée de tension politique alors que les indépendantistes catalans maintiennent leur projet d’investir à la présidence Carles Puigdemont à l’issue d’un débat interdit par la justice qui doit commencer dans l’après-midi.

Le président destitué par Madrid est le seul candidat à la direction de cette région de 7,5 millions d’habitants. Le parlement catalan doit débattre de sa candidature à partir de 15 heures, sous haute sécurité.

Pendant ce temps, ses partisans manifesteront aux abords de la chambre, invités à arborer des masques à l’effigie de leur chef de file, de sorte que des centaines, voire des milliers de “Puigdemont”, défileront dans la ville.

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