Melissa Laveaux à la recherche de ses racines

Le prochain album de Melissa Laveaux, est une plongée dans le répertoire folk d’Haïti. Il a pour nom ” Radyo Siwèl ” et est toujours produit par No Format le label français qui a accueilli son premier disque en 2008.

Avec Radyo Siwèl Melissa Laveaux fait à la fois un travail d’éthnomusicologie et de refonte artistique. Cette démarche entamée depuis quelques années est une descente en profondeur dans les racines musicales et politique de son pays.

Melissa Laveaux

En choisissant de mettre en avant la période de l’occupation américaine de 1915 à 1934, elle propose une double écoute : il y a d’abord l’idée de remettre au-devant de la scène un patrimoine de textes et de chansons qui sont rarement arrivés jusqu’à nos oreilles, et de démontrer l’impact politique de ses chants face à un occupant qui aura été jusqu’a changer la constitution d’un pays pour s’y installer tranquillement.

Melissa Laveaux montre aussi dans ce disque l’importance de la culture vaudou dans la vie quotidienne, et comment certaines figures de ce panthéon peuvent devenir des symboles de liberté. Si ce disque rencontre du succès, une partie des bénéfices servira à la cause des femmes musiciennes haïtiennes.

Mais pour l’instant, Melissa Laveaux travaille sur nouveau spectacle qui devrait faire le lien entre deux divinités vaudoues : Mami Wata (Afrique de l’Ouest) et LaSirèn (Haïti), un spectacle que l’on pourra voir en en juin 2018 au théâtre Le Tarmac, à Paris. L’album sera dans les bacs le 2 février prochain.

-Bruno Mars et Kendrick Lamar, grands vainqueurs des Grammy Awards 2018

Avec respectivement six et cinq trophées, ils ont largement dominé la soixantième cérémonie. Jay Z, nommé huit fois, est reparti sans rien. Tout comme Despacito. Très politique, la soirée a également été marquée par une lecture inattendue du livre anti-Trump Fire and Fury par Hillary Clinton.

Le chanteur américain Bruno Mars a récolté trois des quatre trophées majeurs de la cérémonie des Grammy Awards à New York, devançant ainsi le rappeur Kendrick Lamar, lui aussi grand gagnant, au terme d’une soirée particulièrement politique.

Couronné dans les catégories reines d’album de l’année pour 24K Magic, enregistrement de l’année pour le morceau-titre de l’album et chanson de l’année pour That’s What I Like, le showman de 32 ans au style flamboyant est reparti avec six récompenses, record de la soirée.

En recevant le titre d’album de l’année, dernier prix de la cérémonie, Peter Hernandez, de son vrai nom, a remercié les autres artistes sélectionnés dans la catégorie dont Kendrick Lamar et Jay-Z. C’est un nouveau camouflet pour le hip-hop, qui n’a remporté que deux fois le prix d’album de l’année, la dernière fois il y a 15 ans.

Notons également que le titre Despacito de Luis Fonsi et Daddy Yankee, nominé dans la catégorie d’enregistrement de l’année, n’a reçu aucun prix malgré ses plus de quatre milliards de vues sur YouTube. Pour Jay-Z, la soirée a tourné au cauchemar, avec aucune victoire malgré huit nominations.

À 48 ans, ce vétéran du hip-hop, déjà primé 21 fois aux Grammys, a été devancé dans trois catégories majeures par Bruno Mars et dans trois sous-catégories rap par Kendrick Lamar. Le détail, qui a enflammé les réseaux sociaux, est dans la vidéo ci-dessous: Blue Ivy, sagement assise au milieu de ses parents, Beyoncé et Jay-Z, n’a pas hésité, du haut de ses 6 ans, à les recadrer discrètement, leur demandant d’arrêter d’applaudir.

Le sacre du virtuose californien du hip-hop

Le rappeur californien est lui reparti avec cinq statuettes dorées en forme de gramophone, réalisant son second grand chelem dans les quatre catégories rap et y ajoutant la meilleure vidéo pour Humble. Il a aussi ouvert la retransmission télévisée avec une performance coup de poing, offrant à un public enthousiaste une interprétation de son titre XXX, avec Bono du groupe U2 et entouré de figurants en tenue camouflage et cagoule noire.

XXX est l’un des titres les plus engagés de l’album DAMN , qui évoque les meurtres de jeunes hommes noirs aux États-Unis. Lamar a conclu sa prestation entouré de figurants habillés de rouge, qui semblaient recevoir des coups de feu et s’écrouler.

L’hommage des femmes au mouvement #MeToo

Alors que l’industrie du disque avait semblé assez détachée des enjeux du moment, la cérémonie des Grammys a finalement fait feu de tout bois et multiplié les interventions politiques, reprenant la main à Hollywood, qui avait amorcé le mouvement. De nombreux invités, de Lady Gaga à Sting, en passant par Khalid ou Cindy Lauper, étaient arrivés à la cérémonie en arborant des roses blanches en écho aux mouvements #MeToo et «Time’s Up» à Hollywood, à l’appel tardif d’un groupe de musiciennes.

Lors de son passage sur scène, Lady Gaga a rendu hommage à la dynamique «Time’s Up», s’est déclarée contre le harcèlement sexuel et pour l’égalité entre hommes et femmes, avant que la chanteuse et actrice Janelle Monae vienne, elle aussi, déclamer un vibrant monologue. «À ceux qui voudraient essayer de nous faire taire, nous offrons deux mots: ‘‘c’est fini”.

Fini les inégalités de rémunérations, la discrimination, le harcèlement sous toutes ses formes, et les abus de pouvoir», a déclaré la chanteuse en présentant une prestation de Kesha qui, avec sa chanson Praying, a rappelé sa bataille contre un producteur qu’elle accuse de l’avoir violée.

Musique, politique et… politique

Immédiatement derrière, une autre chanteuse, Camila Cabello, a rendu hommage aux «Dreamers», les bénéficiaires du programme Daca qui permet à des immigrés arrivés enfants clandestinement aux États-Unis de travailler et d’étudier légalement. Ce programme a été supprimé par le président Donald Trump, qui a pressé le Congrès de le remplacer par une nouvelle législation. Mais les parlementaires sont pour l’instant dans l’impasse.

Camila Cabello a rappelé qu’elle était elle-même arrivée enfant de Cuba avec ses parents, «arrivés dans ce pays sans rien en poche que de l’espoir».

Les chapitres politiques se sont multipliés, avec une prestation de Bono et son groupe U2 devant la Statue de la Liberté, avec un rappel du poème inscrit à sa base, qui invite à accueillir tous les immigrés qui se rendent à New York et aux États-Unis. Sur la scène spécialement aménagée pour la formation irlandaise, deux images de regards signées de l’artiste français JR sont visibles.

Autre salve, le présentateur de la retransmission, James Corden, a fait lire à des chanteurs mais aussi Hillary Clintondes passages du livre polémique Fire and Fury de l’éditorialiste Michael Wolff, qui brosse un tableau apocalyptique de la première année de l’administration Trump à la Maison Blanche.

Le rappeur Logic, qui interprétait son titre 1-800-273-8255 pour la prévention du suicide, a conclu les prestations scéniques de la soirée avec un nouveau message tourné vers les autres pays du monde, «nourris de culture, de diversité et de milliers d’années d’histoire».

Une allusion directe à la politique migratoire du président Trump et à ses récents propos polémiques sur les «pays de merde», qu’il conteste avoir tenus. En début de soirée, la Canadienne Alessia Cara avait créé la surprise en remportant le premier des quatre trophées majeurs, celui de «Révélation de l’année». Elle a appelé à soutenir «la vraie musique et les vrais artistes, car tout le monde doit avoir les mêmes chances».

Le palmarès au complet:

– Album de l’année: Bruno Mars, 24K Magic

– Enregistrement de l’année, attribué pour la performance globale d’un titre: Bruno Mars, 24K Magic

– Chanson de l’année, attribué aux auteurs/compositeurs: Bruno Mars avec les auteurs Brody Brown, James Fauntleroy et Philip Lawrence et l’équipe de production The Stereotypes pour That’s What I Like

– Révélation de l’année: Alessia Cara

– Meilleur album de rap: Kendrick Lamar, DAMN .

– Meilleur album rock: The War on Drugs, A Deeper Understanding

– Meilleur album vocal pop: Ed Sheeran, Divide

– Meilleur album de musique alternative: The National, Sleep Well Beast

– Meilleur album de musique du monde: Ladysmith Black Mambazo, Shaka Zulu Revisited: 30th Anniversary Celebration

– Meilleur album de musique électronique/dance: Kraftwerk, 3-D The Catalogue

– Meilleure vidéo musicale: Kendrick Lamar, Humble.

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