Haïti-Justice : Où est passé le dossier des 9 Haïtiens interpellés pour traite de mineures?

9 Haïtiens ont été arrêtés, le dimanche 5 février 2017, à Kaliko Beach (nord de la capitale) pour traite de 33 mineures vers l’étranger.

Ces 9 personnes, appréhendées sur les lieux de l’incident, répondent, en ce moment, aux questions de la justice au niveau de la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj), fait-il savoir.

Les mineures, victimes de cette traite, sont âgées respectivement de 13 à 17 ans, précise-t-il.

La police a été alertée par des étrangers, qui ont affirmé qu’un groupe de personnes leur auraient proposé des mineures pour de l’argent, explique-t-il.

Avec leur appui, une opération policière a permis d’arrêter les trafiquants, indique Desrosiers, soulignant que l’enquête en cours aidera à déterminer les méthodes de recrutement de ces mineures.

Cette opération, menée conjointement avec le Parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince, la Dcpj, la Brigade de protection des mineurs (Bpm), est le fruit d’un travail d’enquête, débuté depuis quatre mois.

300 dollars américains (US $ 1.00 = 68.00 … 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui) sont donnés pour chaque enfant dans le cadre de cette traite, selon le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Jean Danton Léger, qui intervenait dans les médias.

Le propriétaire de « Kaliko Beach » ainsi que les personnes ayant reçu de l’argent seront auditionnés dans le cadre de ce dossier, annonce-t-il.

Haiti-Matthew/Reconstruction : La Grande Anse peine encore à se relever, 4 mois après.

Jérémie (Haïti) Des maisons recouvertes de bâches, d’autres encore sans toitures, visiblement incapables de résister aux assauts répétés des averses. Des gens, qui n’ont nulle part où aller, dorment à la belle étoile.

Tel est le décor, observé par l’agence en ligne AlterPresse, dans plusieurs communes côtières du département de la Grande Anse (une partie du Sud-Ouest d’Haïti), notamment à Jérémie, Anse d’Hainault, Dame-Marie et les Irois, quatre mois après le passage du puissant ouragan Matthew dans le pays, les lundi 3 et mardi 4 octobre 2016.

Cette situation met en relief les retards, accumulés dans la reconstruction des villes touchées par le cyclone Matthew, en dépit de multiples interventions des autorités.

Plus de 16 mille maisons ont été détruites, durant le passage du cyclone Matthew dans la Grande Anse.

Pourtant, aucun plan de relogement n’a été concrètement mis en œuvre en faveur de la population en détresse, critique la mairesse principale de Jérémie, Sylmatha Pierre, assise sur un banc, dans la cour de la maison de ses parents à Cacoli, en compagnie de ses enfants.

Les plans n’existent que sur du papier, déplore-t-elle.

Conditions de vie encore précaires des sinistrés

« Rien n’a changé, jusqu’à maintenant, dans la ville de Jérémie . Des gens continuent de dormir à la belle étoile et en-dessous des bâches, parce qu’ils ne peuvent pas acheter une feuille de tôle », souligne la mairesse Sylmatha Pierre.

La présidente du conseil municipal de Jérémie a été contrainte de loger, chez elle, plus d’une vingtaine de personnes sans abris, apprend-on.

« La situation est critique. Le centre-ville de Jérémie est devenu très laid. Les habitantes et habitants installent des bâches n’importe où et surtout à l’entrée de la ville. Nous sommes toujours dans la phase d’urgence, les gens ont toujours besoin de bâches pour se protéger face aux éventuelles pluies », signale Sylmatha Pierre.

« Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a aucun plan de logement pour la Grande Anse. Si les responsables étatiques voulaient vraiment aider les gens, ils ne leur donneraient pas des bâches », dénonce, pour sa part, Nicosa Paulémon, coordonnateur exécutif de Konbit peyizan Grandans (Kpga), basée à Jérémie.

En plus de leurs prix élevés, qui posent problème, les bâches n’ont aucune résistance face aux intempéries et aux vents, fustige-t-il, debout sur le toit d’une maison, qui donne vue sur la mer et les vestiges d’autres bâtiments, recouverts également de bâches.

Impuissance des autorités et manque de contrôle des Ong

« Dans la Grande Anse, il y a une absence d’autorité. Dans certaines institutions, les gens ne connaissent pas forcément leur rôle. Durant la période d’après Matthew, la mairie de Jérémie a été quasiment dysfonctionnelle », rapporte le sociologue Estève Eustache.

Se tenait debout dans la cour d’une église, Eustache nous montre, du doigt, les troncs d’arbres centenaires, arrachés par les vents, lors du passage du cyclone Matthew.

Après l’ouragan, une vague d’organisations internationales, sans pour autant avoir de fonds disponibles, ont submergé la Grande Anse, dans le but de recueillir suffisamment d’informations pour aller monter des projets.

« La question de reconstruction et de relocalisation ne saurait être attribuée aux Organisations non gouvernementales (Ong). C’est la responsabilité de l’État, qui devrait profiter de la catastrophe pour pouvoir réaménager le département (de la Grande Anse) », avance le sociologue Eustache.

Au moment des prochaines saisons cycloniques, les habitantes et habitants risquent d’être beaucoup plus exposés à ces phénomènes. Par conséquent, les autorités doivent s’assurer de la protection de la population, parce qu’il y a un niveau de réparations que les Ongs ne pourront pas fournir, poursuit-il.

La veuve de Dénisil Saint-Vil, qui a péri en mer, lors du passage du cyclone Matthew, ne cache pas son indignation face aux déboires essuyés.

Dans la commune les Irois, elle avait un commerce florissant et un toit pour pourvoir aux besoins de ses enfants.

Debout devant une résidence en béton, non loin de la mer, elle rapporte n’avoir rien pu sauver lors des intempéries. Voilà pourquoi elle a été contrainte d’aller se réfugier chez un voisin, en attendant de se reprendre en main.

La reconstruction et l’accompagnement des femmes vulnérables, une priorité

« Au lieu de distribuer de l’aide, il serait préférable de penser à la manière d’aider la population victime à reconstruire leurs maisons et de permettre aux femmes, qui ont perdu leur commerce, de se recapitaliser », plaide la militante de droits humains, Marie Thérèse Pacaud, interviewée dans sa résidence à Jérémie.

Des accompagnements, comme l’octroi de semences et d’argent, doivent surtout être fournis aux victimes, notamment les femmes qui œuvrent dans l’agriculture, souhaite-t-elle.

La responsable du Rezo òganizasyon fanm lakay demande aux autorités de mettre en œuvre un projet de reconstruction de maisons, dans les zones défavorisées, en faveur des familles sinistrées.

Des femmes, privées de moyens économiques, se livreraient à la prostitution pour avoir des bâches et des feuilles de tôles, regrette-t-elle.

« L’absence de terrains, pour relocaliser les populations à risques, est un obstacle majeur pour la reconstruction des villes côtières de la Grande Anse », affirme Kettie Jean Klefeker, la coordonnatrice du secteur shelter et cluster « Abris et biens non-alimentaires » pour la Grande Anse, au sein de la branche en Haïti, à Jérémie, de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim).

« Le groupe de travail « abris » est en train de définir une stratégie avec les partenaires du secteur, pour pouvoir assurer le projet de la réparation des toitures et des maisons endommagées par le cyclone Matthew », fait savoir l’haitiano-vietnamienne.

« La plupart des communautés, affectées par le cyclone Matthew, sont restées sur leur lieu d’origine, ou ont été hébergées par la famille et les voisins. Certaines ont trouvé refuge dans des bâtiments publics et privés », souligne un rapport du secteur Shelter Cluster de l’Oim, pour la période allant du 4 octobre au 4 décembre 2016.

« De nombreuses communautés restent encore coupées de tout accès, surtout dans les régions montagneuses et côtières éloignées. Elles nécessitent une aide immédiate en abris et biens non-alimentaires », alerte la branche à Jérémie de Oim-Haïti.

« Un total de 370 mille logements ont été affectés par l’ouragan, dont 286 mille en zones rurales et 30,182 logements détruits », lit-on dans un document, relatif à la réponse humanitaire apportée à la Grande Anse, deux mois après le passage du cyclone Matthew.

Haïti-Insécurité : Un mort et plusieurs blessés, lors d’affrontements entre gangs armés à Gran Ravin

Un mort et plusieurs blessés ont été enregistrés lors d’affrontements entre gangs armés, notamment à Gran Ravin, quartier situé à Martissant (sud de la capitale), suite au meurtre d’un présumé chef de gang dénommé « Roro », le dimanche 29 janvier 2017.

Depuis trois jours, de vives tensions règnent dans les zones de Savann Pistach, Fort Mercredi, Fontamara, Gran Ravin et Ti-bois (Martissant), suite à la mort du chef de gang.

Les hostilités ont repris à la suite de la mort de « Roro », un bandit qui voulait remplacer Junior Decimus alias Tèt Kale à la tête du gang de Gran Ravin, rapporte un habitant de la zone.

Le chef de gang de Ti-Bois, connu sou le surnom de « Krisla », qui serait le commanditaire du meurtre, a vu dans la mort de Roro, une possibilité d’étendre son pouvoir.

Avec la force des armes, il aurait donc assiégé la zone de Gran Ravin, dont les membres de gangs ont fui vers Savann Pistach et Fort Mercredi.

Le gang de Fort Mercredi aurait décidé de refouler ces fuyards.

Il s’en serait suivi de très violents affrontements entre ces gangs rivaux, poursuit le résident.

Pour l’heure, la population vit toujours dans la terreur, même si elle connaît une journée de trêve apparente.

Les riveraines et riverains disent craindre le pire.

Selon des rumeurs, Krisla envisagerait, disent-ils, de contrôler tout le sud de la capitale.

Certains ont déjà abandonné leurs maisons et leurs petites entreprises.

Une descente d’agents de la Brigade d’opération et d’intervention départementale (Boid) dans la zone de Fort Mercredi a ramené un semblant de calme.

Haïti-Société : Des organisations souhaitent la poursuite de la mobilisation ouvrière.

Plusieurs organisations syndicales et sociales encouragent les ouvrières et ouvriers à poursuivre leur mobilisation en faveur d’un salaire minimum à 800 gourdes (à la place des 300.00 gourdes actuelles / US $ 1.00 = 65.00 gourdes ; 1 euro = 78.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui).

Dans un communiqué en date du 02 juin 2017, transmis à l’agence en ligne AlterPresse, elles appellent également les travailleurs dans les autres domaines, comme la santé et l’éducation, à se mobiliser pour l’augmentation de leur salaire et de meilleures conditions de travail.

Entè sendikal premye me Batay ouvriye (Espm Bo), l’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (Unnoh), la Fédération nationale des travailleurs de la santé (Fenatras), le Mouvement de liberté, d’égalité des Haïtiens pour la fraternité (Moleghaf), le Mouvement démocratique populaire (Modep), le Cercle d’étude en littérature gramscienne (Cercle Gramsci) exhortent les ouvriers à ne pas céder au chantage et à l’intimidation des patrons.

Elles dénoncent les actes répressifs des policiers commis sur les ouvriers ainsi que les manœuvres dilatoires du pouvoir actuel envers les syndicats d’enseignants et les travailleurs de la santé.

Elles demandent à l’État de fixer sans délai le salaire des ouvriers à 800 gourdes et aux patrons de réintégrer immédiatement tous les ouvriers révoqués dans le cadre des mouvements de mobilisation.

Pour sa part, l’organisation « Antèn Ouvriye » se dit également solidaire des revendications des ouvriers, dans une note en date du 1er juin 2017.

Elle condamne les répressions exercées dans les manifestations contre les ouvriers qui réclament de meilleures conditions de travail, comme la création de cafétérias, l’accès à des moyens de transports et au logement social.

Une séance de travail est prévue, le lundi 5 juin 2017, entre le patronat, les syndicats ouvriers et le titulaire du Ministère des affaires sociales et du travail (Mast), Roosevelt Bellevue, en vue de trouver une issue à la crise.

Cette séance de travail fait suite à une rencontre tenue, le mercredi 31 mai 2017, entre la commission des affaires sociales du sénat et le ministre, a indiqué le sénateur de l’Ouest, Antonio Chéramy, également président de ladite commission.

Haïti-Sous-traitance : Les syndicats ouvriers observent une trêve…

Possibilité de reprise de la mobilisation ouvrière le 12 juin 2017, au cas où leurs revendications ne seraient pas satisfaites.

Les syndicats ouvriers observent, à partir de cette semaine, une trêve au profit des discussions engagées, depuis le lundi 5 juin 2017, avec le patronat et le gouvernement. .

C’est ce qu’a indiqué le secrétaire général de la Centrale autonome des travailleurs haïtiens (Cath), Fignolé Saint Cyr, joint au téléphone par l’agence en ligne AlterPresse.

« La commission affaires sociales du sénat est saisie de la question. Nous sommes engagés dans un processus de négociation. Donc, nous attendons », déclare Saint-Cyr, qui souhaite la prise en compte des revendications du secteur syndical, en vue d’une issue à la crise sociale.

Au cas où les revendications des ouvrières et ouvriers ne seraient pas satisfaites, la mobilisation sera reprise, d’ici le lundi 12 juin 2017, prévient-il.

Depuis plusieurs semaines, des organisations ouvrières réclament un ajustement du salaire minimum à 800.00 gourdes, au lieu des 300.00 gourdes actuelles (US $ 1.00 = 65.00 gourdes ; 1 euro = 78.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui) pour huit heures de travail par jour et de meilleures conditions de travail, comme la création de cafétérias, l’accès à des moyens de transport et aux logements sociaux.

Aucune entente n’a été trouvée, a l’issue de la tenue de la première séance de travail, le lundi 5 juin 2017, entre les syndicats ouvriers, le patronat et le gouvernement, informe Saint-Cyr.

La réunion s’est terminée en queue de poisson, suite à une prise de gueule entre le président de la commission affaires sociales du sénat, Antonio Chéramy, et le directeur général du Ministère des affaires sociales et du travail (Mast), Rudy Hérivaux, rapporte-t-il.

Sur le dossier de la mise en place du Conseil supérieur des salaires (Css), le titulaire du Mast, Roosevelt Bellevue, aurait laissé entendre que l’arrêté, nommant les membres du Css, serait prêt.

Bellevue n’était pas en mesure de citer les noms des membres du nouveau Conseil, fait-il savoir.

Tout en plaidant en faveur du respect des droits des ouvrières et ouvriers, la Centrale autonome des travailleurs haïtiens dit espérer que ce nouveau Conseil pourra répondre aux desideratas de la population, notamment aux revendications du mouvement des ouvrières et ouvriers.

Pour sa part, l’organisation Konbit ayisyen pou lojman altènatif (Kayla) se dit solidaire des revendications des ouvriers.

Kayla dénonce la répression, exercée par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh) sur certains ouvriers, lors des manifestations.

Kayla appelle à une mobilisation générale contre la cherté de la vie, le chômage et la faim, entre autres.

Haïti-Justice : Audition prévue, ce 20 janvier, du président de la Bnc, concernant les soupçons de blanchiment d’argent sur Jovenel Moïse.

P-au-P, 20 janv. 2017 Le président du conseil d’administration de la Banque nationale de crédit (Bnc), Fernand Robert Pardo, sera entendu, ce vendredi 20 janvier 2017, dans le cadre de l’enquête concernant les soupçons de blanchiment d’argent qui pèsent sur le nouveau président élu, Jovenel Moïse.

Il sera auditionné par le juge d’instruction Breddy Fabien, en charge du dossier, informe le journal Le Nouvelliste, citant des sources judiciaires.

Lors d’une conférence de presse le mercredi 18 janvier, le directeur général de l’Unité centrale de renseignements financiers (Ucref), Sonel Jean-François a confirmé avoir reçu de la Bnc le formulaire d’ouverture de compte 0340 000272 en dollars alors que les avocats de Moïse soutiennent que ce montant est en gourdes.

Jovenel Moise lui-même a rejeté les conclusions de l’Ucref lors d’une rencontre avec la presse le 19 janvier.

Une attestation signée le 10 janvier 2017 a été communiquée par les avocats pour certifier que la Bnc a « ouvert dans ses comptes, à Port-de-Paix, un compte d’épargne en gourdes, enregistré sur le même numéro de compte.

Ce compte est enregistré au nom de Jovenel Moise ou madame Marie E. Martine dont la balance est de 1, 773.50 htg.

Cette attestation serait « authentique, correcte », d’après ce qu’a confié une source proche de la Bnc au Nouvelliste.

Des unités monétaires Gourde et Dollar auraient été confondues, mettent en avant les partisans du président élu dont la prestation de serment est prévue le mardi 7 février 2017 alors que le rapport qui le soupçonne de blanchiment d’argent est au cabinet d’instruction.

Ce rapport a fait état de transactions financières, suspectes ou douteuses de Jovenel Moïse, du 5 mars 2007 au 31 mai 2013.

« Il n’y a eu aucune erreur dans le rapport de l’Ucref » soupçonnant Moïse de blanchiment d’argent, soutient le directeur général de l’Ucref.

Si la Banque nationale de Crédit (Bnc) s’est trompée, elle peut toujours envoyer une rectification à l’Ucref qui a pour devoir d’être honnête et de la transmettre au juge instructeur chargé du dossier comme élément supplémentaire d’information, a-t-il déclaré.

Aucune réaction officielle n’a été faite par la Bnc sur ce dossier controversé.

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