L’arrivée de Macron et le départ de Hollande : Protocole, hommages et discours : Les premiers pas d’Emmanuel Macron.

Tout a commencé par la traditionnelle marche sur le tapis rouge déployé dans la cour d’honneur de l’Elysée. Emmanuel Macron, arrivé à bord d’une Renault Espace blindée, François Hollande, qui l’attendait sur le perron, ont rejoint dans la foulée le bureau présidentiel – le Salon d’or du premier étage – pour une discussion d’une bonne heure.

Pour Matignon, le nom du juppéiste Édouard Philippe circulait avec insistance.

Emmanuel Macron aime les surprises. Et jusqu’à la dernière minute, tout peut encore changer pour le choix de son premier ministre.

Car le président de la République doit résoudre une équation quasiment insoluble: trouver un profil suffisamment expérimenté pour piloter un gouvernement et une majorité composite – de gauche, de droite et de la société civile et incarnant, de surcroît, le renouvellement.

Le nom du nouveau locataire de Matignon sera annoncé lundi matin et la composition du gouvernement mardi. Il s’agit là d’un savant Meccano, dont le moindre changement bouscule l’équilibre d’ensemble.

Dimanche, certains noms revenaient avec beaucoup d’insistance, comme celui du député maire LR du Havre, Édouard Philippe, pressenti pour Matignon. Un premier ministre de droite permettrait au nouveau président de disloquer cette famille politique. Car, le juppéiste …

Emmanuel Macron se rend ce lundi 15 mai à Berlin afin de rencontrer la chancelière Angela Merkel. Il suit ainsi la tradition désormais bien établie voulant que le premier déplacement à l’étranger du président de la République soit pour l’Allemagne. Mais auparavant, il lui faut nommer son Premier ministre.

Le choix d’Emmanuel Macron est arrêté depuis plusieurs jours. Un homme, ou une femme mais pas issu de la société civile c’est la seule certitude. Emmanuel Macron veut quelqu’un avec une expérience de la politique.

« Des compétences, dit-il, pour diriger une majorité parlementaire et animer un collectif gouvernemental ». Cette équipe devrait être connue demain et mêlera société civile et politiques, débutants comme chevronnés.

Plusieurs noms circulent, mais l’un revient avec insistance, il s’agit de celui d’Edouard Philippe, 46 ans, le député-maire Les Républicains (LR) du Havre, un proche d’Alain Juppé.

Edouard Philippe a eu sa carte au parti socialiste durant deux ans quand il était étudiant. L’homme est issu du même moule que le président : Sciences Po puis l’ENA ; il en est sorti dans les 15 premiers. Edouard Philippe se prévaut d’une expérience dans le privé : un cabinet d’avocat américain et chez Areva.

Le maire du Havre est un passionné de boxe qui écrit des fictions politiques, tout comme Bruno Le Maire, dont on parle pour un portefeuille ministériel.

L’élu normand s’est abstenu lors du vote pour le mariage pour tous. Il s’est enfin placé en retrait de la campagne de François Fillon après les révélations sur l’affaire Penelope.

Au total, un homme issu des rangs de la droite, au tempérament centriste… C’est un signal, bien sûr, pour les législatives, pour convaincre les électeurs de sa capacité à rassembler sur une ligne ni à droite ni à gauche.

Un geste aussi pour faire venir à lui d’autres élus de la droite. La date limite de dépôt des candidatures c’est ce vendredi. Il reste encore 148 investitures à accorder.

Visite importante à Berlin

Le nouveau président français aura un entretien avec la chancelière allemande avant une conférence de presse commune suivie d’un diner officiel.

Au cours de cette première rencontre, le nouveau couple franco-allemand abordera les questions auxquelles ils tiennent tous deux, tels la sécurité, l’économie et les investissements, ainsi que la protection sociale et la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles.

Mais les deux dirigeants européens sont attendus sur le renforcement de l’Union européenne et tout particulièrement celui de la zone euro, un des thèmes de campagne d’Emmanuel Macron.

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble est plutôt favorable à son idée d’un Parlement européen de la zone euro, consultatif. Mais les autres propositions d’un budget de la zone euro, d’un Trésor européen, d’un ministre des Finances de la zone euro ne suscitent pas le même enthousiasme outre-Rhin.

Macron déjà décrié à Berlin

Le nouveau président français a bénéficié d’un soutien massif durant sa campagne de la classe politique allemande et des médias, mais depuis une semaine, certaines critiques ont été émises sur ses propositions européennes, rapporte notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut.

Après Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, Angela Merkel, l’éternelle chancelière, accueillera donc ce lundi soir à Berlin le nouveau président français. Elle l’avait reçu en mars et l’a ouvertement soutenu durant sa campagne comme la majorité de la classe politique et des médias allemands.

L’engagement pro-européen d’Emmanuel Macron et sa volonté de coopérer avec Berlin ont été salués. Mais à peine son élection passée, certains conservateurs critiquent des propositions de réformes de la zone euro comme des transferts supplémentaires de l’Allemagne ou une mise en commun des dettes.

L’hebdomadaire Der Spiegel titrait ce week-end en Une avec un portrait d’Emmanuel Macron : « Un ami cher » – cher au sens financier – précisant : « Il sauve l’Europe, mais l’Allemagne doit payer ».

Les sociaux-démocrates, à commencer par le ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, un proche du président français, s’enflamment pour les propositions de Paris. En cette période préélectorale en Allemagne, les chrétiens-démocrates sont plus sur la réserve pour ne pas irriter des électeurs peu enclins de payer pour les voisins.

Un compromis entre les deux pays pourrait donc devoir attendre les élections générales allemandes de septembre pour être trouvé.

Alors que le déménagement se termine à l’Elysée pour faire place nette au nouveau président de la République, Emmanuel Macron investi ce dimanche, la Cour des comptes fait le point sur la gestion du Palais.

Elle est meilleure avec une enveloppe de 100 millions d’euros annuels respectée. Des économies ont même été faites, précisent les auteurs du rapport. Mais les Sages préviennent : les travaux de restauration du Palais, classé au titre des monuments historiques, doivent être menés rapidement.

Ce dimanche, le Palais de l’Elysée accueille un nouvel hôte, Emmanuel Macron. C’est à lui et à sa nouvelle équipe que s’adresse la Cour des comptes dans cet ultime rapport. Selon les magistrats, il faudra poursuivre les efforts budgétaires menés sous le quinquennat Hollande comme la réduction de la masse salariale.

Ces efforts ont permis de respecter la dotation de 100 millions d’euros annuels et d’augmenter les réserves disponibles: 16 millions d’euros fin 2016.

Mais, déplore la Cour, sur ces 16 millions, 10 ont été reversés au budget de l’Etat au lieu de servir à financer des opérations importantes. Ainsi, le schéma immobilier du Palais, qui doit s’étaler sur 7 ans et coûter 100 millions d’euros, n’a toujours pas été lancé.

Les Sages de la rue Cambon appellent le nouveau locataire à ne plus repousser l’échéance des travaux titanesques dont a besoin le site, classé monument historique. Repousser encore les opérations de conservation, selon les magistrats, c’est prendre le risque d’accroître encore les coûts nécessaires à la restauration du palais.

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