Haïti-Politique: Quand Notre Chère Patrie dirigera encore par des Fraudeurs et Voleurs Professionnels en Séries au Sein d’une Justice déjà Corrompue?

Parquet de Port-au-Prince.

L’interdiction de départ contre Wilson Laleau levée par un juge.

Au palais de justice Wilson Laleau s’est rendu au parquet de Port-au-Prince au moment où l’on s’y attendait le moins. C’était la semaine dernière. L’ancien ministre du Commerce, de l’Économie et des Finances était confiant.

Cependant, tout aurait pu basculer en un clin d’œil. Car, à n’importe quel moment, l’invité peut devenir l’inculpé. Heureusement tel n’était pas le cas pour Wilson Laleau.
Publié le 2016-05-23 | Le Nouvelliste

Accompagné de son avocat, Me Josué Pierre-Louis, ancien ministre de la Justice et de la Sécurité publique, M. Wilson Laleau était au bureau du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Jean Daton Léger.

Il s’y est rendu en vue de répondre aux questions du parquet relatives à sa gestion à la fois comme ministre du Commerce, de l’Économie et des Finances sous la présidence de Michel Joseph Martelly. Il a été accueilli par le commissaire du gouvernement lui-même.

Celui-ci l’avait invité à s’asseoir à la salle de conférence du parquet où se trouvaient des substituts du commissaire du gouvernement et un juge de paix, assisté de son greffier, à qui étaient confiée la mission de l’auditionner sur l’épineuse question des fonds de PetroCaribe.

Me Reynold Georges, un de ses avocats, n’était pas présent dans la salle. L’affaire remonte à l’époque où il occupait la fonction de ministre du Commerce, fait-on savoir.

Certains ont déclaré que, selon la Constitution de la République, les ministres ne sont pas justiciables des tribunaux de droit commun, mais de la Haute Cour de justice qui est une juridiction politique. L’audition s’est bien déroulée. La procédure a été respectée.

Autant de faits qui ont renforcé la confiance de M. Laleau en la justice de son pays. Il a quitté le parquet bien détendu après une audition de plus de trois heures. Il s’est enfin acquitté de ses obligations envers le parquet de Port-au-Prince. Par ailleurs, la décision du juge des référés Bernard Saint-Vil a été rendue.

Le juge a ordonné la mainlevée de la mesure d’interdiction de départ prise par le parquet de Port-au-Prince à l’encontre de M. Laleau, à charge par ce dernier de se présenter ou de se faire représenter à toute réquisition de la justice.

En raison de l’urgence qui caractérise la juridiction des référés, la décision ordonnant la mainlevée de l’interdiction de départ est exécutoire sur minute, nonobstant toutes les voies de recours.

L’huissier Josué Cadet est commis pour l’accomplissement des formalités. Il devra signifier la décison à la Direction de l’immigration et de l’émigration.

Wilson Laleau revient à la tête du ministère de l’Économie et des Finances.

Neuf mois après avoir quitté le ministère de l’Économie et des Finances, Wilson Laleau a repris ses charges. Habitué de la maison, M. Laleau dit que le moment est venu de décréter l’état d’urgence économique dans le pays, et de faire tout ce qui est possible pour ressusciter l’espoir dans l’avenir.

L’ancien titulaire du ministère du Commerce et de l’Industrie a été installé dans ses nouvelles fonctions par le Premier ministre Évans Paul.
Publié le 2015-01-20 | Le Nouvelliste

Economie – Le nouveau titulaire du ministère de l’Économie et des Finances, Wilson Laleau, a été installé, le mardi 20 janvier. Le Premier ministre Évans Paul, qui a procédé à son installation, dit attendre du nouveau ministre un état des lieux des finances publiques de l’État.

M. Paul a indiqué que le ministre de l’Économie et des Finances a toute sa confiance.

« Wilson Laleau est une référence et aussi un atout pour permettre au gouvernement de bien résoudre les problèmes économiques », a témoigné le chef du gouvernement, qui a mis l’accent sur l’honnêteté.

Le Premier ministre dit admirer le nouveau ministre de l’Economie et des Finances pour sa capacité de maîtriser ses dossiers et sa large vision de la chose publique.

« M. Laleau est un passionné de la bonne gouvernance », a martelé M. Évans Paul, devant un parterre de fonctionnaires économiques, dont le gouverneur de la Banque centrale, la secrétaire exécutive du Comité interministériel d’aménagement du territoire (CIAT), venus assister à cette cérémonie d’installation.

Dans son discours d’installation, Wilson Laleau a souligné que c’est avec humilité et un grand sentiment du devoir qu’il revient à la tête du ministère de l’Économie et des Finances pour continuer un travail entamé par lui-même ainsi que par sa prédécesseure.

« Je reviens au MEF neuf mois après en être parti pour remplacer la ministre qui m’a succédé, après que j’ai moi-même à lui succéder.

Les philosophes appellent cela des coïncidences signifiantes », a indiqué l’ancien titulaire du ministère du Commerce et de l’Industrie, soulignant qu’au-delà de la personnalité et des valeurs intrinsèques des ministres, cet état de fait est symptomatique d’un pays qui se cherche, en mal de gouvernance, d’une société tourmentée qui se cherche pour l’équilibre et le progrès social.

Le ministre Laleau a indiqué que les déséquilibres structurels de l’économie du pays se sont approfondis malgré plus de trente ans de programme de stabilisation et d’ajustement structurels non tout à fait assumés, non tout à fait mis en œuvre.

Il regrette que les niveaux de croissance réalisés restent en-dessous de ceux auxquels le pays devrait normalement avoir droit. « Nous devons cesser de faire de la politique en amnésiques inconscients de notre réalité…

Que d’occasions perdues ! Que de rendez-vous manqués ! Que d’opportunités gaspillées. En matière de gestion de l’économie, le pays s’est laissé prendre au piège d’un aveuglement volontaire, d’un emprisonnement mental, une sorte d’enfermement fanatique », a expliqué Wilson Laleau. En peu de mots, le nouveau titulaire du MEF a fait état de la situation des finances publiques du pays.

« La contrainte budgétaire s’est resserrée, les ressources de PetroCaribe se raréfient, le désastre financier de l’EDH est devenu insoutenable, la notation très défavorable du pays sur les marchés financiers internationaux lui interdit l’accès à des capitaux privés non concessionnels et le condamne à dépendre davantage de l’aide internationale alors que l’ensemble des pays donateurs rencontrent des difficultés internes majeures en matière d’équilibre des finances publiques », a-t-il fait savoir.

M. Laleau indique qu’il devient crucial que l’ensemble des acteurs concernés par la gestion des finances publiques prennent la mesure de la fragilité de cette situation et s’engagent à faire que chaque dollar dépensé ait un maximum d’impact social positif.

« Pour ce faire, je m’engage à mobiliser l’ensemble des parties prenantes intéressées comme les autres ministères, les banques, les associations patronales, les groupements associatifs urbains comme ruraux, les bailleurs, la société civile pour convenir d’une feuille de route des actions et politiques à mettre en œuvre en vue d’assurer les conditions d’une relance durable de l’économie », a-t-il assuré, soulignant que l’accent sera porté sur la poursuite des réformes en vue d’améliorer l’efficience et la productivité des différents champs fiscaux.

Le ministre Laleau promet de soumettre au Premier ministre Évans Paul un « Pacte pour l’emploi et la croissance économique » qui sera rédigé avec l’ensemble des acteurs concernés de l’économie.

Il dit compter sur ses collègues du gouvernement pour travailler en bonne intelligence dans un contexte de ressources particulièrement limitées.

Que d’opportunités gaspillées. En matière de gestion de l’économie, le pays s’est laissé prendre au piège d’un aveuglement volontaire, d’un emprisonnement mental, une sorte d’enfermement fanatique », a expliqué Wilson Laleau. En peu de mots, le nouveau titulaire du MEF a fait état de la situation des finances publiques du pays.

« La contrainte budgétaire s’est resserrée, les ressources de PetroCaribe se raréfient, le désastre financier de l’EDH est devenu insoutenable, la notation très défavorable du pays sur les marchés financiers internationaux lui interdit l’accès à des capitaux privés non concessionnels et le condamne à dépendre davantage de l’aide internationale alors que l’ensemble des pays donateurs rencontrent des difficultés internes majeures en matière d’équilibre des finances publiques », a-t-il fait savoir.

M. Laleau indique qu’il devient crucial que l’ensemble des acteurs concernés par la gestion des finances publiques prennent la mesure de la fragilité de cette situation et s’engagent à faire que chaque dollar dépensé ait un maximum d’impact social positif.

« Pour ce faire, je m’engage à mobiliser l’ensemble des parties prenantes intéressées comme les autres ministères, les banques, les associations patronales, les groupements associatifs urbains comme ruraux, les bailleurs, la société civile pour convenir d’une feuille de route des actions et politiques à mettre en œuvre en vue d’assurer les conditions d’une relance durable de l’économie », a-t-il assuré, soulignant que l’accent sera porté sur la poursuite des réformes en vue d’améliorer l’efficience et la productivité des différents champs fiscaux.

Le ministre Laleau promet de soumettre au Premier ministre Évans Paul un « Pacte pour l’emploi et la croissance économique » qui sera rédigé avec l’ensemble des acteurs concernés de l’économie.

Il dit compter sur ses collègues du gouvernement pour travailler en bonne intelligence dans un contexte de ressources particulièrement limitées.

Wilson Laleau : « La politique entrave l’économie »
La politique envahit tout et s’immisce partout. Mais, quand elle empiète sur l’économie, elle casse l’évolution de celle-ci. Le ministre de l’Économie et des Finances, Wilson Laleau, ne dit pas le contraire.

« Il y a des anticipations autoréalisatrices. Les détracteurs du pouvoir veulent trouver des raisons pour mettre des bâtons dans les roues du gouvernement et l’accusent de tous les maux du pays.

Ils provoquent des désordres et empêchent les agents économiques de fonctionner », s’insurge le grand argentier de la République, au cours d’une interview accordée à des journalistes qui ont participé à une séance de formation organisée à l’intention des professionnels de la presse par le ministère de l’Économie et des Finances (MEF), le jeudi 17 décembre, à l’hôtel Le Plaza.

La surchauffe qui existe dans le change est provoquée, selon le ministre Wilson Laleau, par les mouvements de manifestation des rues qui entraînent aussi des scènes de violence. « Quand quelqu’un identifie des problèmes ayant rapport avec l’économie, il doit questionner aussi son comportement.

L’économie est une science sociale. Quand il y a des désordres dans le pays, les touristes et les investisseurs vont éviter de venir chez nous. Cela aurait des répercussions sur la rentrée des devises », se plaint le titulaire du MEF, précisant que plus de 70% des dépenses effectuées dans le pays sont consacrées à l’achat des biens étrangers.

Quand le taux de change varie à la hausse, le prix des biens augmente aussi dans le pays, reconnaît le ministre qui, pour défendre le gouvernement dont il fait partie, rappelle que, sous la présidence de Michel Martelly, le taux d’inflation était maintenu au-dessus de 5% pendant les quatre premières années. Actuellement, le taux d’inflation passe à 10,3%.

Pour le ministre, cette augmentation du taux d’inflation est le résultat des problèmes politiques qui secouent le pays.

« Il y a un problème, il faut le gérer institutionnellement. Ce n’est pas nécessaire de vouloir bloquer le pays à tout prix», soutient M. Laleau, précisant que les désordres éclatés sur la voie publique pourraient stopper le secteur touristique dans son élan.

Il a rappelé que plusieurs investisseurs avaient fermé leurs entreprises en Haïti pour aller les implanter ailleurs à cause des troubles politiques. Le ministre a pris l’exemple de l’usine Famosa qui avait mis fin à ses activités en Haïti, pour étayer ses propos.

« Lorsqu’il y a un problème politique dans le pays, il faut le résoudre sur un terrain politique. Cela n’a pas de sens de chercher à résoudre un problème politique sur le terrain économique », objecte le titulaire du MEF, soulignant que les casses des pare-brise et les incendies de véhicules ne vont pas solutionner le problème. M. Laleau a affirmé qu’il est difficile de mettre en confiance un investisseur quand il y a des desordres.

Le grand argentier de la République a fait savoir que la crise qui prévaut actuellement dans le pays a fait croître les incertitudes.

« On ne peut avancer avec les balises qu’on est en train de jeter pour permettre aux PME d’avoir accès au crédit, ni avec la réforme du secteur de l’énergie et de l’EDH », s’indigne le ministre, soulignant que l’ambiance politique empêche les institutions de fonctionner. Gérard Junior Jeanty Source Le Nouvelliste.

Wilson Laleau et Eustache Saint-Lot interdits de quitter le pays.

Deux anciens hauts cadres du régime de Michel Martelly, l’ex-ministre de l’Economie et des Finances, Wilson Laleau et le directeur général du Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (BMPAD), Eustache Saint-Lot sont frappés de mesures d’interdiction de départ.

Une décision du chef du Parquet de Port-au-Prince, Me Jean Danton Léger indiquant avoir passé, le jeudi 7 Avril, des instructions en ce sens à la Direction de l’Immigration et de l’Emigration.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président provisoire Jocelerme Privert n’a cessé de dénoncer l’état catastrophique des finances publiques et la gestion des fonds Petro caribe, réduits en peau de chagrin.

Avant l’ex-Ministre des Finances Wilson Laleau et le directeur du BMPAD, Eustache Saint Lot, le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port- au-Prince avait pris des mesures d’interdiction de départ contre le directeur général de l’Autorité Portuaire Nationale (APN), Alix Célestin et l’homme d’affaires Marc Antoine Acra.

Le directeur de l’Autorité portuaire Nationale doit s’expliquer sur un contrat conclu avec un consortium pour la manutention d’un montant oscillant entre 700 et 800 millions de gourdes sans appel d’offres.

Marc Antoine Acra, lui, est cité dans l’affaire Manzanares, un bateau battant pavillon panaméen à bord duquel la Brigade de lutte contre le trafic des stupéfiants (BLTS) avait trouvé de la cocaïne et de l’héroïne. Source Reference.

Aimons Haïti notre patrie, la terre de nos ancêtres.

Idées & Opinions – Kern E. JEAN-FRANCOIS ‘’De tous les plaisirs, de tous les palais de rois, même s’il est humble, rien ne vaut un chez soi’’ John Howard Payne Je t’aime, « ô Haïti, plus beau qu’un rayon de l’aurore ».

Quand on apprendra combien tu m’es chère, ô Haïti mon pays, où le ciel a voulu déposer mon berceau, plus d’un croira à une folie. Et mon indifférence aura pitié d’eux.

D’autres en seront étonnés et ne me comprendront pas mieux. Pourquoi, diront les uns, s’attache–t-il tant à l’objet de son amour ? Pauvre malade, soupireront les autres. Est-il donc incurable, ce mal qui le ronge? N’eût–il pas mieux fait de s’en guérir le plus vite ?…

Mais que m’importe l’opinion ! Seul m’est doux, cet amour inépuisable que tu m’inspires; seul fait mes délices, comme un long et tendre baiser de la femme adorée, ce je ne sais quoi, cette ivresse que tu m’apportes chaque jour, plus pénétrante. Mon amour pour toi reste ignoré de la fiancée troublée ou de l’épouse passionnée qui ne saurait offrir un pareil à l’élu de son cœur. Je suis fier de toi.

Le sang que tu versas dans mes veines naissantes, frémit d’un noble amour à l’écho de ton nom. Tes saisons me paraissent plus vigoureuses et plus belles que nulle part.

J’aime ta parure d’hiver, ta vigueur au printemps plus verdoyant. J’adore ton été plus fleuri, le tapis de tes gazons plus garni de ‘’boutons d’or’’ le parfum de tes fleurs plus enivrant et tes alizés plus frais …

La douceur de ton automne m’enchante, quand la feuille flétrie vogue et sombre sans choc ; quand l’émigrant ailé nous jette un cri dolent et qu’un voile endeuillé drape le ciel de mauve et de mélancolie…

Une évidence s’impose: la faculté d’aimer existe dans chacun de nous.C’est un sentiment absolument naturel, c’est l’âme humaine tout entière. En effet, l’amour est le premier sentiment qui nait chez l’homme.

Les parents aiment leurs enfants. Ils leur prodiguent les soins utiles à leur formation. Ils veillent à leur bien-être et entourent leur berceau de leur vigilance et de leurs caresses. La mère est chargée de l’intérêt du présent et le père de celui de l’avenir.

C’est à eux qu’il appartient de transmettre à leur progéniture les vertus ou les vices qui font le bonheur ou la ruine des nations. L’enfant en grandissant consentis à un certain moment l’importance des bienfaits reçus et la valeur des sacrifices consentis à son profit.

A son tour, il se fait le protecteur de la famille et le pilier de la vieillesse. L’animal qui reçoit les caresses de son maître s’attache à son foyer et lèche cette main qui le nourrit. Tout dans la vie est un tableau vivant de l’amour.

‘’Les animaux voyageurs reviennent toujours aux lieux qui les ont vu naître‘’. Le pigeon qu’on transporte sur d’énormes distances vient ‘’instinctivement retrouver sa demeure’’. Enseignement éloquent de l’amour du foyer.

Nous aussi, nous avons pour devoir de nous attacher à la grande famille à laquelle nous appartenons, « la patrie ». C’est de l’amour de la patrie que je désire vous entretenir. Savez-vous ce que c’est que la patrie ?

C’est ce nom qui résonne en nos cœurs comme les pas connus ou la voix d’un ami. La patrie, c’est la chambre où votre mère vous embrassa pour la première fois, c’est la maison qui a entendu vos premiers vagissements et les premiers roulis de votre berceau ; c’est cette fenêtre près de laquelle, hier encore, vous assistiez au lever du soleil.

La patrie, ce sont les femmes haïtiennes qui, par leur beauté exquise et leur coquetterie émouvante, embellissent notre terroir ; c’est La Gonâve qui est là, tout près comme une immense corbeille de verdure dans le firmament bleu…

c’est le jardin, ce sont les champs et les sentiers où, l’an dernier, vous égariez vos pas d’enfants. La patrie, c’est le passé, c’est le présent et c’est l’avenir, ce sont les succès et les échecs, ce sont les souffrances et les joies.

La patrie, c’est le paysan, c’est l’ouvrier, c’est le petit employé de commerce ou le petit fonctionnaire, ce sont ces mille et une choses simples mais vraies, mais durables qui attachent les uns aux autres et créent cette âme immense où vient se refléter la vie de la nation.

Parée de clarté ou d’obscurité, elle reste la même idée, le même symbole, cette continuité visible et invisible, présente et renouvelée où se forme, se réforme l’action de l’homme. Et c’est parce qu’elle est ainsi vivante qu’elle est exclusive, n’admet ni de partage, ni de divisibilité.

La patrie, c’est l’église de votre baptême, de votre première communion, c’est l’école où vous apprenez à lire, à aimer Dieu et votre pays;

la patrie, c’est votre père, c’est votre mère, vos petits frères, vos petites sœurs, vos parents et vos amis, c’est le cimetière où dorment de leur dernier sommeil les aïeux que nous ne pouvons jamais oublier ;

la patrie, la grande patrie, celle qui est teinte du sang de nos soldats et de nos martyrs, c’est le pays que nous aimons le plus au monde, et le plus beau, pour lequel nous serions prêts à mourir.

La patrie pour nous, c’est Haïti. Comme une mère, elle ne cesse de veiller sur nos destinées. C’est elle qui nous a vu naître. Nous devons l’aimer de toute notre âme.

Quand, au seuil des douloureux évènements qui devaient lui coûter la vie, Dessalines le Grand, excédé par les réclamations injustes des profiteurs de l’ancienne colonie de Saint-Domingue, s’était écrié :

« Et les pauvres noirs d’Afrique », l’ancêtre sublime savait ce qu’il disait et se rendait exactement compte que le nègre haïtien ne pouvait aspirer à atteindre sa finalité que dans le milieu qui a été créé pour lui et arrosé de sa sueur et de son sang.

Il est vain de croire qu’on puisse être mieux ailleurs. Sainte-Beuve avait raison lorsqu’il disait : « il est bon de voyager : le voyage étend les idées et rabat l’amour-propre. » Nous ajoutons qu’il préserve aussi des dangers d’une xénophilie outrancière.

Le contact avec les centres étrangers nous permet de mieux jauger notre pays, de nous rendre compte de ses avantages et, par conséquent, de mieux l’apprécier. Le monde est beau certes, agréable et séduisant, mais il n’y a rien qui puisse remplacer la patrie au cœur des nationaux.

Et le grand conventionnel Danton constatait déjà qu’on ne peut emporter la patrie à la semelle de ses bottes. C’est quand on s’éloigne de la terre natale qu’on éprouve le plus le besoin de la patrie, tant il est vrai que les hommes peuvent être mauvais, mais le sol jamais.

Et c’est pourquoi la peine du bannissement dans l’ancien temps aura été l’une des épreuves les plus terribles que les peuples aient infligées à leurs ressortissants. On préfère le sol natal à toutes les autres contrées, fussent-elles plus belles et plus prospères.

Lamennais ne nous l’a-t-il pas démontré dans ‘’les paroles d’un croyant’’ l’Exilé : « ces arbres sont beaux, ces fleurs sont belles, mais ce ne sont ni les fleurs, ni les arbres de mon pays, ils ne me disent rien.

L’exilé partout est seul. La grave erreur de l’Haïtien consistera toujours dans cette infirmité de croire qu’il habite un pays moins favorisé par le sort, où tout est difficile et décevant.

Cependant, à bien réfléchir, jamais la nature ne se sera montrée si prodigue à l’endroit d’un peuple prédestiné qui a seulement besoin de mieux se connaître pour mieux s’orienter. Au prix de sacrifices inouïs, les preux nous ont légué une patrie dont les avantages naturels ne se comptent pas.

A nous de travailler à son développement et à sa prospérité ; et cela ne peut être une tâche au-dessus de nos forces. Il n’y a pas de labeur impossible pour un peuple déterminé à vivre et à affirmer son existence.

Si la patrie est vraiment une création continue, les fils doivent se ceindre les reins pour faire fructifier l’héritage des pères,et c’est la seule manière d’exécuter le testament des ancêtres. Le bonheur n’existe point pour ceux qui vivent loin de la ‘’patrie’’. Mais comment devons-nous aimer Haïti ?

Pour répondre à cette question, je crois nécessaire d’offrir quelques conseils à mes chers compatriotes. Sans aucun doute, nous traversons une époque absolument délicate dans notre vie de peuple.

A la veille des prochaines joutes électorales où les nerfs sont à fleur de peau et les passions exacerbées pour l’accaparation du pouvoir, nos hommes politiques doivent transcender, s’élever à la dimension d’hommes d’Etat afin d’éviter au pays de Jean Jacques Dessalines une catastrophe dont les conséquences sont imprévisibles.

Comme le bon marin qui navigue au fort de la tempête, notre attention doit être soutenue.
Il convient d’éviter les grandes vagues. Malheur à ceux qui veulent mettre leur bonheur dans les jouissances matérielles ! Les plaisirs du monde détruisent à la longue les sentiments du bon citoyen. Et un grand écrivain, à cet effet, a laissé ces lignes de grande portée morale :

« Quand la jeunesse et les passions emportent l’homme dans les tourbillons de la vie, l’amour du sol natal s’efface quelquefois. Alors, des goûts aventureux, des « projets de fortune séduisent l’imagination. » De grâce ! Qu’il n’en soit pas ainsi.

Aimons Haïti, comme nous aimons nos parents, c’est-à-dire donnons-lui notre reconnaissance et notre vénération. Nous aimons sincèrement ceux qui nous sont chers quand toute notre vie est un témoignage de ce sentiment. Aimons Haïti ! Malgré ses erreurs et ses fautes, car elle a droit à notre attachement inviolable.

Toutes les nations, comme elle, a connu aussi de mauvais jours. Que cet amour suprême se résume en ces grands mots : paix, union et fraternité !

Sachons, par esprit de concorde, voir dans chaque Haïtien un frère, quels que soient porte son rang, sa fortune ou sa misère ! Luttons et travaillons sans relâche à notre développement économique et moral.

En fait de souvenirs nationaux, nous dit Ernest Renan, « les deuils valent mieux que les triomphes, car ils imposent des devoirs, ils commandent l’effort en commun. »

Aimons donc Haïti de toutes nos forces et que toute notre pensée soit pour elle Unissons-nous pour le salut de ce coin de terre si longtemps décrié.

Pour terminer, il ne me reste qu’à souscrire volontiers à cette formule finale consacrée, utilisée par certains de nos chefs d’Etat dans leur adresse à la nation : « Que les dieux tutélaires veillent sur la patrie immortelle !

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