Guerre médiatique des avocats des parties en cause, le juge en charge du dossier jette l’éponge Publié le samedi 3 mars 2007 par [Sony Bastien/Radio KISKEYA].

(Archives)! Résumé de deux interviews accordées à Sonny Bastien, l’une par Me Jacques Lochard et l’autre par Me Reynold Georges, dans le cadre de l’affaire Ronald Georges/PROMOBANK

L’affaire Ronald Georges/PROMOBANK a rebondi cette semaine avec le retrait du juge Brédy Fabien chargé de conduire le procès.

Selon Me Reynold Georges, avocat de Martine De Catalogne Zenny, associée dans un premier temps à son ex-patron Ronald Georges dans une affaire de détournement de fonds au préjudice de la PROMOBANK, Brédy Fabien ne s’est pas déporté volontairement de l’affaire.

Il a été contraint de le faire suite à une action en récusation entreprise par sa cliente Martine De Catalogne Zenny. C’est cette situation qui a conduit d’abord Me Jacques Lochard dans les studios de KISKEYA et Me Reynold Georges ensuite, pour lui donner la réplique.

C’est au mois de Septembre 2004 que Ronald Georges, ex-PDG de PROMOBANK, a été arrêté sous l’accusation de détournement de fonds au préjudice de l’institution bancaire qu’il dirigeait.

Ronald Georges aurait, de concert avec un certain Gino Bitard, actuellement en cavale, soulagé les caisses de la banque d’un montant de 4.5 millions de dollars américains.

Les opérations incriminées ont été réalisées à la succursale de la rue du Quai, à Port-au-Prince, où aboutissaient les ordres de paiement signés de la main du PDG et adressés à Martine De Catalogne Zenny, alors directrice de l’agence.

Ronald Georges et Martine De Catalogne Zenny avaient été arrêtés au mois de Septembre 2004, apparemment sur ordre de la Direction générale de la banque.

Me Jacques Lochard, avocat de M. Ronald Georges, qualifie d’illégale l’arrestation de son client vu qu’elle a été faite sur demande de deux avocats sans qu’une procuration spéciale signée de la Direction générale de la banque ne l’ait accompagnée.

Etant donné que son client a restitué plus de 2 millions de dollars à la banque et que les assureurs de l’institution lui ont fourni le reste de la somme prétendument détournée, Me Jacques Lochard s’estime en droit de dire que son client ne peut plus être poursuivi pour la raison expliquant son emprisonnement vu sa bonne foi, vu aussi le fait qu’il ne demande qu’à être jugé, alors que ce droit lui est dénié.

Il pense aussi que son client a épuisé derrière les barreaux le temps légal de privation de liberté associée à l’infraction reprochée.

De plus, il conteste à Martine De Catalogne Zenny le droit de se constituer partie civile dans le procès opposant les dirigeants de la PROMOBANK à cette institution, en raison du fait que M. Ronald Georges et Mme Zenny ont été mis en cause dans la même affaire et que tous deux ont été arrêtés sur demande de la Direction générale de la PROMOBANK.

Me Jacques Lochard s’en prend donc ouvertement à Me Reynold Georges qu’il accuse d’avoir fait des pressions pour forcer le juge Fabien à se déporter de l’affaire.

Il lui reproche aussi de manquer aux règles de l’éthique pour avoir essayer de s’imposer à son client à titre d’avocat et enfin de vouloir soutirer de l’argent, soit la somme de un million de dollars américains, à un homme totalement ruiné qui a contribué cependant à enrichir d’autres grands actionnaires d’une banque dont tout le monde tait les noms, jusqu’à présent.

Ces manitous à qui profite le crime, Ronald Georges, selon son avocat, devrait faire la lumière sur leur implication dans ce vilain dossier. Voila pourquoi il doit rester en prison, ce à quoi contribue Me Reynold Georges, selon les dires de Me Jacques Lochard.

Me Reynold Georges, de son coté, réaffirme le droit de sa cliente, Mme Zenny, à poursuivre Ronald Georges, quelqu’un qui l’a piégée, alors quelle n’était qu’une subalterne.

Mme Zenny, toujours selon son avocat, tout en exécutant les ordres du conseil d’administration en la personne de son président et de la Direction générale, avait pris soin de classer et de conserver toutes les petites notes.

Se sentant donc abusée par son ex-patron pour son honneur et celui de sa famille, elle s’est constituée partie civile en vue d’obtenir des réparations de la personne incriminée.

Me Reynold Georges pense que, lors même qu’un avocat ne peut avoir d’état d’âme, il a lui-même essayé d’aboutir à une solution à l’amiable entre Mme Zenny et M. Ronald Georges compte tenu de l’amitié liant sa femme et celle de l’intéressé.

Mais, contre toute attente, poursuit-il dans cette interview qu’il nous a accordée, Ronald Georges s’est moqué de lui et de sa cliente.

Dès lors, il va changer de ton et d’attitude à son égard. Une action en récusation sera entreprise par sa cliente à l’encontre du juge Brédy Fabien chargé de l’affaire lequel, selon l’avocat, manifestait un intérêt trop marqué pour la partie adverse.

Me Reynold Georges réclame de Ronald Georges, ex- PDG de la PROMOBANK, la somme de un million de dollars américains à titre de réparation en faveur de sa cliente.

Il paiera ou il restera en prison, dit encore Me Reynold Georges qui nous confie que, dans le cadre de ce dossier, de nombreuses personnes ont été assignées et qu’à coté de Ronald Georges, il y a d’autres barons du Conseil d’administration de la PROMOBANK qui auront des comptes à rendre.

Pour Reynold Georges, le fait que la PROMOBANK ait été absorbée par la SOGEBANK ne cause pas de problème, des avertissements clairs, selon lui, avaient été lancés aux futurs acquéreurs de la PROMOBANK à l’époque de la tourmente.

Les nouveaux propriétaires paieront quand viendra le moment de payer …

Affaire à suivre …[Sony Bastien/Radio KISKEYA]

Lire aussi :

Haïti – Justice : Libération des deux américains emprisonnés en Haïti
07/07/2012 08:45:53

Suite à l’audience au Palais de justice de Port-au-Prince, avec le Juge Bredy Fabien, et deux Américains :

Jason William Petrie (dit Zeke), 39 ans originaire de Barberton [Ohio] et Steven Parker Shaw, 57 ans, originaire de Dighton [Massachusetts], qui avaient été arrêtés, le vendredi 18 mai lors d’un défilé de personnes en treillis militaire et emprisonnés depuis près de 2 mois, ont été relâché par décision de justice.

« Vous savez quoi, c’est une belle chose d’être libre – c’est ce que je peux vous dire » a déclaré Petrie.

Rappelons qu’à l’époque Réginald Delva, Secrétaire d’État à Sécurité avait fait savoir que ces 2 hommes étaient accusés de complot et d’avoir apporté un soutien logistique aux individus armés.

Des accusations qui avaient été rapidement rejetées donnant lieu à de nouvelles accusations, cette fois-ci d’association de malfaiteurs et de tentative de meurtre…

Le juge Bredy Fabien a expliqué dans sa décision, que les accusations portées contre ces deux américains, ont été abandonnées en raison de l’insuffisance de preuves.

Toutefois, le juge a précisé, qu’il s’agissait d’une libération conditionnelle et que ces deux personnes devaient rester à la disposition de la justice pour un nouvel interrogatoire, si nécessaire.

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