Haïti-Élections: Le BCEN de plus en plus dans l’impasse! La bataille fait rage notamment sur les réseaux sociaux.

Avec la récusation en masse des membres du CEP qui ont signé et qui n’ ont pas signé les résultats préliminaires, la mise en place du BCEN devient pratiquement impossible. Pour parvenir à un déblocage de la situation, le CEP, de plus en plus discrédité et affaibli, opte pour la négociation.

En ce sens, les avocats et réprésentants de Jude Célestin, de Maryse Narcisse et de Moise Jean Charles seront reçus ce Samedi à 10 heures AM en audience spéciale au local du CEP à la rue Stephen Archer en vue de trouver un compromis sur la mise en place du Bureau du Contentieux Electoral National.

Les avocats et réprésentants du PHTK seront eux mêmes reçus à Midi au CEP.

N.B: Haïti : Trois partis revendiquent la victoire à l’élection présidentielle!

(Archives) Jean-Michel Caroit (Saint-Domingue, correspondant) Journaliste au Monde.

La tension est montée en Haïti dans l’attente des résultats des élections présidentielle et législatives, qui se sont déroulées dimanche 20 novembre dans le calme et sans incident majeur. Léopold Berlanger, le président du conseil électoral provisoire (CEP), a annoncé que les résultats seraient rendus publics dans un délai de huit jours après le scrutin. Selon la loi haïtienne, seul le CEP est habilité à publier les résultats.

Mais dès lundi, le Parti haïtien Tèt Kale (PHTK), fondé par l’ancien président Michel Martelly, a proclamé la victoire de son candidat, Jovenel Moïse. « Jovenel Moïse est le président élu d’Haïti, le pays le sait, le monde entier le sait, ce n’est pas un mystère », a affirmé Rudy Hérivaux, porte-parole du PHTK, lors d’une conférence de presse.

Cette annonce a provoqué la colère de plusieurs centaines de partisans de Maryse Narcisse, la candidate de la Fanmi Lavalas, le parti de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide. Aux cris de « Maryse présidente » et « Non au coup d’Etat électoral », ils se sont rassemblés devant l’église Saint-Jean Bosco, où le père Aristide officiait dans les années 1980 avant de se diriger vers le siège de la présidence, et où aujourd’hui la foule venue des quartiers les plus pauvres a été dispersée à coups de gaz lacrymogènes et de tirs en l’air.

Une abstention d’environ 78 %

Plusieurs des 27 candidats à la présidence, dont Jean-Henry Céant et le journaliste Clarens Renois, ont reconnu leurs défaites. Selon les observateurs nationaux et internationaux, les opérations de vote se sont déroulées dans des conditions satisfaisantes. Beaucoup mieux que le scrutin du 25 octobre 2015, qui avait été annulé à la suite du rapport d’une commission d’enquête faisant état de « fraudes massives ».

Epuisée par une crise qui n’a cessé de s’aggraver et découragée par un processus démocratique chaotique et sans résultats concrets, la population a largement boudé les urnes. Selon la coalition d’observation électorale, formée par six organisations de la société civile, la participation n’a été que de 21,69 %.

En Haïti, un scrutin dans un climat d’urgence.

L’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie (OCID), un autre consortium de la société civile financé par l’agence de coopération des Etats-Unis, l’Usaid, a calculé un taux de participation de 23,3 %. Contrairement à ce qu’on pouvait craindre, la participation a été supérieure dans les régions du Sud dévastées par l’ouragan Matthew, il y a un mois et demi.

Selon l’OCID, elle y a atteint 25,9 % contre 22,5 % pour le reste du pays.
Dirigée par l’ancien sénateur uruguayen Raul Ferreira, la mission d’observation de l’Organisation des Etats américains, forte de 130 observateurs, a salué les améliorations apportées aux opérations de vote, mais s’est inquiétée du faible taux de participation.

Bénéficiant de l’appui de la plupart des riches familles de l’oligarchie haïtienne et du soutien discret d’entreprises de la République dominicaine voisine, Jovenel Moïse a disposé de moyens financiers beaucoup plus importants que ses compétiteurs. Selon l’OCID, le PHTK avait des représentants dans 71,6 % des bureaux de vote le jour du scrutin.

La Fanmi Lavalas était présente dans 54,4 % des bureaux, le Pitit Dessalines, le parti de l’ancien sénateur Jean-Charles Moïse, dans 39,9 %, et le Lapeh, du candidat Jude Célestin, dans 39,1 %. Le déséquilibre des moyens financiers au bénéfice du PHTK est également manifeste sur les panneaux d’affichage et dans la bataille qui fait rage notamment sur les réseaux sociaux.

Haïti-Élections : Vers la mise en place d’un collège électoral pour statuer sur la formation du BCEN:

Le Conseil électoral provisoire (Cep) devra constituer une sorte de collège électoral, pour statuer sur la formation du Bureau du contentieux électoral national (Bcen), indique à AlterPresse le vice-président de l’institution électorale, Carlos Hercule.

Ce collège électoral devra comprendre six membres pour entendre les requêtes en récusation des avocats du parti politique Fanmi lavalas, de la plateforme Pitit Dessalines et de la Ligue alternative pour le progrès et l’émancipation haïtienne (Lapeh), concernant la demande de renvoyer les conseillers – siégeant au sein du Bcen -, qui ont signé les résultats partiels de la présidentielle du 20 novembre 2016.

Les partis politiques contestataires demandent de déporter, de la composition du tribunal électoral, la conseillère électorale Marie Hérolle Michel et le conseiller électoral Frinel Joseph, pour cause de conflit d’intérêt.

Ce même motif a été mis en avant, par le Parti haïtien tèt kale (Phtk), pour exiger le remplacement du conseiller électoral Kenson Polynice par Frinel Joseph au Bcen, arguant que ce conseiller n’a pas signé les résultats de la présidentielle du 20 novembre 2016.

« Les membres, siégeant au niveau des instances de contentieux du Conseil électoral provisoire, ne doivent, en aucun cas, se trouver en situation de conflit d’intérêt. Ce, sous peine d’être écartés de la composition », stipule l’article 18-2 du décret électoral de 2015.

Les avocats des trois partis politiques (Fanmi lavalas, Pitit Dessalines et Lapeh), contestataires des résultats préliminaires de la présidentielle du 20 novembre 2016, ne veulent pas que les membres du Cep, signataires des résultats préliminaires de la présidentielle du 20 novembre 2016, fassent partie du tribunal électoral, pour cause de conflit d’intérêt, conformément à l’article 18-2 du décret électoral de 2015.

« Ce ne sont pas les contestations des partis (politiques) contestataires, qui sont transférés par devant le Cep. Ce sont, de préférence, les requêtes en récusation du Parti haïtien tèt kale (Phtk), à travers son cabinet d’avocats », précise Carlos Hercule.

Le Collège électoral devrait siéger, le plus rapidement possible, afin de prendre une décision.

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