Les MTV Europe music Awards sacrent Justin Bieber mais boudent Beyoncé

Justin Bieber, absent de la cérémonie dimanche soir, a décroché trois récompenses dont celui de la meilleure chanson avec son tube “Sorry”.

Le Canadien Justin Bieber s’est adjugé la part du lion dimanche lors de la cérémonie des MTV Europe Music awards, remis cette année aux Pays-Bas, devant Lady Gaga, la surprise venant de l’autre favorite Beyoncé qui est elle repartie les mains vides. Conçus comme une alternative aux traditionnels MTV Music Awards et visant un public plus large, les MTV Europe Music Awards restent tout de même dominés par les stars nord-américaines.

Trois prix pour le jeune Canadien. Justin Bieber a décroché trois prix dont celui de la meilleure chanson pour son tube Sorry et celui de l’artiste totalisant le plus grand nombre de fans. L’excentrique Lady Gaga a elle été primée comme meilleure artiste féminine et pour son “look”. Ni l’un ni l’autre n’était présent pour récupérer leurs récompenses, lors de la cérémonie qui s’est tenue à Rotterdam.

The Weeknd coiffe Beyoncé. En revanche, Beyoncé, qui avait été la grande gagnante fin août des Video Music Awards (VMA), et qui avait été nommée dans cinq catégories, notamment pour son clip Formation, s’est vu devancer par The Weeknd, primé pour le clip de Starboy, que le groupe a joué sur scène avant de partir en tournée l’année prochaine.

Et les autres récompensés ? L’autre chanteur canadien de la soirée, Shaw Mendes, âgé de 18 ans, a chipé à son compatriote Justin Bieber le prix du meilleur artiste masculin. Le duo américain Twenty One pilots a raflé de son côté deux récompenses, celles du meilleur concert et du meilleur artiste de musique alternative.

Le groupe de rock californien Green Day s’est vu attribuer le prix de l’icône internationale et en a profité pour interpréter son dernier titre, Bang bang. La foule a également fêté le DJ néerlandais Martin Garrix, deux fois primé, élu meilleur artiste de musique électronique. Quant au prix de la révélation 2016, il est allé à la chanteuse suédoise Zara Larsson.

-Le prix Décembre 2016 récompense l’écrivain Alain Blottière
« Comment Baptiste est mort », cette histoire d’un adolescent enlevé par des jihadistes a gagné ce lundi 7 novembre le prix Décembre, avec 30 000 euros le mieux doté de tous les prix littéraires en France. L’écrivain Alain Blottière s’est inspiré pour son récit oppressant d’un drame survenu en février 2013, une famille française kidnappée par Boko Haram dans le nord du Cameroun.

C’est l’histoire d’un revenant, un jeune survivant de la terreur jihadiste. Baptiste, kidnappé par les terroristes, devient pendant sa captivité Ymaï. Le livre s’ouvre sur un dialogue hallucinant entre l’univers des jihadistes et notre monde :

« – Baptiste, raconte comment cette histoire a commencé.
– Maintenant je m’appelle Yumaï.
– Yumaï ?
– Oui ils m’ont donné ce nom.
– Baptiste, maintenant cette histoire est finie tu veux bien revenir parmi nous ? »

Écrit souvent sans ponctuation, laissant beaucoup de place aux silences et à l’inconnu, le récit nous fait revivre le retour d’un adolescent de 14 ans à une réalité qu’il ne reconnaît plus vraiment. Enlevé avec sa famille, ses parents et ses deux petits frères, par les jihadistes, Baptiste est le seul libéré après plusieurs semaines, mais peine à trouver l’issue dans sa tête et à reconstruire une réalité. Comme il n’arrive pas à se défaire de ce prénom Yumaï, le nom d’un renard du désert, qui lui a été donné par ses ravisseurs.

Autant de mystères que de réponses

Lors du « débriefing », le psychologue l’appelle alors souvent Yumaï pour obtenir une réponse de la part de Baptiste. Peu à peu, les traumatismes subis remontent à la surface : « il m’a visé avec son AK-74 » ; « il m’a attaché à une moto, au soleil, et je n’ai pas eu le droit de boire pendant toute la journée du lendemain » ; « j’avais toujours peur qu’il me tue ».

Pourquoi les ravisseurs ont-ils seulement donné à Baptiste un autre prénom ? L’ont-ils aimé ? Surgissent alors des questions cruelles comme la séparation de ses parents et des réalités surprenantes : « trois fois par jour tout le monde priait en même temps / chacun sa religion, à cinq mètres de distance ». Sans surprise, l’insistance du psychologue suscite autant de mystères que de réponses. « Tellement de choses sont arrivées / tellement de choses que vous ne croirez pas ».

Les souvenirs affluent, entrelacés avec des introspections et des aveux terribles : « ils m’ont dit que si je voulais vivre, il fallait que je sache tuer ». Enfermé pendant des jours entiers dans une grotte en plein désert, Baptiste est confronté à lui-même d’une façon très violente.

Mais c’est aussi là où jaillissent des vérités cruelles et l’intrigant paradoxe du livre : Yumaï a également connu des moments lumineux dans le désert. Il a apprécié la magie des dessins préhistoriques découverts dans la grotte. Comment se reconstruire avec ce vécu de moments exquis et d’inspirations transcendantes intimement liés à une terrible captivité ?

Alain Blottière, de « Saad » à « Comment Baptiste est mort »

Plusieurs fois déjà sélectionné pour le prix Médicis et Renaudot, Alain Blottière, né en 1954 à Neuilly-sur-Seine, est un écrivain bien connu des initiés, mais beaucoup moins du grand public. Ce grand amoureux de l’Egypte et du lointain a commencé sa carrière avecSaad, un hommage à Rimbaud couronné par le prix littéraire de la Vocation en 1981.

Après il avait mis sa plume beaucoup au service des autres, avant de se concentrer sur ses propres romans comme Le Point d’eau (1985), Intérieur bleu (1990) ou L’Enchantement en 1995, distingué par le prix Louis Barthou de l’Académie française.

Après Tombeau de Tommy (2009) où Alain Blottière esquissait le portrait du jeune résistant Thomas Elek, l’écrivain avait parlé aussi en 2012 d’une manière très originale de l’univers de l’adolescence. Rêveurs (2012) raconte les tourments d’une jeunesse à travers la rencontre entre Nathan, un adolescent de la banlieue parisienne, et de Goma, un jeune Égyptien du Caire pendant la révolution 2011.

Le prix Décembre

Avec le prix Décembre pour Comment Baptiste est mort, l’écrivain succède à Christine Angot, distingué en 2015 pour Un amour impossible. Le jury du prix Décembre, présidé cette année par Eric Neuhoff, se compose de Laure Adler, Pierre Bergé, Michel Crépu, Charles Dantzig, Cécile Guilbert, Patricia Martin, Dominique Noguez, Amélie Nothomb, Josyane Savigneau, Philippe Sollers et Arnaud Viviant.

► Alain Blottière : Comment Baptiste est mort, éditions Gallimard, 208 pages.

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