Devant l’ONU, Michaëlle Jean «préoccupée» par la coupure de RFI et Okapi en RDC

En RDC, le signal de RFI est toujours coupé à Kinshasa et celui de la Radio Okapi, la radio de l’ONU, est brouillé. La secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean a tenu à exprimer son inquiètude devant le Conseil de sécurité de l’ONU.
A New York, Michaëlle Jean vient de s’exprimer devant le Conseil de sécurité des Nations unies. La secrétaire générale de la Francophonie s’est dite « préoccupée » par la coupure du signal de RFI et le brouillage de Radio Okapi en République démocratique du Congo : « Ceci est inquiétant et ceci est à éviter au nom de la liberté de la presse et de la liberté d’expression », a-t-elle déclaré.

Ces perturbations ont commencé dans la nuit de vendredi à samedi 5 novembre alors qu’était prévu ce même jour à Kinshasa un rassemblement de l’opposition, interdit par les autorités. RFI reste accessible sur les ondes courtes, via son site internet et les applications mobiles.

-Les prix RSF décernés à des journalistes dissidents syrien et chinois
Un journaliste indépendant syrien et des médias numériques chinois ont été distingués lundi pour leur combat pour la liberté de la presse.

Les prix Reporters sans frontières-TV5 Monde 2016 pour la liberté de la presse ont été attribués lundi au Syrien Hadi Abdullah, journaliste indépendant qui couvre les zones de conflit dans son pays, au site d’information chinois 64Tianwang et à deux blogueurs chinois, Lu Yuyu et Li Tingyu. La remise des prix aura lieu mardi soir à Strasbourg, dans le cadre du Forum mondial de la démocratie organisé par le Conseil de l’Europe.

Journaliste de l’année, Hadi Abdullah était élève-infirmier en 2011, lorsqu’a débuté la guerre civile en Syrie. Le jeune homme originaire de Homs a dès lors abandonné ses études pour se consacrer au journalisme et “témoigner des horreurs subies par la population syrienne”, indique RSF dans un communiqué. N’hésitant pas à s’aventurer dans les zones dangereuses, il est l’une des sources d’information pour les médias occidentaux et a été grièvement blessé, par une bombe artisanale, en juin dernier.

“Thermomètre de la colère sociale en Chine”. Dans la catégorie Médias, RSF distingue 64Tianwang, un site internet fondé en 1998 qui “continue de subir la répression systématique des autorité chinoises”, selon l’organisation non gouvernementale. Cinq de ses journalistes, qui couvraient les manifestations organisées lors du sommet du G20, les 4 et 5 septembre à Hangzhou, ont été “enlevés” et sont toujours détenus, précise-t-elle. Son fondateur, Huang Qi, avait obtenu le prix “cyber-dissident” de RSF en 2004.

Lu Yuyu et Li Tingyu, couple récompensé par le prix “journalistes-citoyens”, alimentent, de leur côté, un site internet dédié en informations sur la situation sociale, offrant “un thermomètre inédit et hautement sensible de la colère sociale en Chine”, indique RSF. Accusés de “troubles à l’ordre public”, ils ont été arrêtés en juin dernier et détenus au secret pendant plus de trois semaines, ajoute l’organisation.

-Pourquoi la bataille de Raqqa est-elle déclenchée maintenant ?
L’offensive pour libérer Raqqa des mains des djihadistes du groupe Etat islamiquea commencé dimanche midi. Cette bataille, menée par la force arabo-kurde et soutenue par les Etats-Unis, débute trois jours seulement après l’entrée de l’armée irakienne dans le cœur de la ville de Mossoul, capitale de l’EI en Irak. Cette simultanéité n’a rien d’un hasard, souligne Didier François, journaliste spécialiste des questions stratégiques à Europe 1.

Eviter les vases communicants. “L’État islamique s’appuie sur deux bastions : Mossoul en Irak et Raqqa en Syrie. C’est ce que les militaires appellent des ‘centres de gravité’, où les djihadistes ont concentré leurs moyens, leurs combattants, leurs chefs, leurs postes de commandement”, explique le journaliste.

“Il est donc intéressant de les attaquer simultanément pour éviter d’éventuelles bascules d’efforts entre l’un et l’autre, en fixant les islamistes dans leurs positions défensives. Cela empêche par exemple les djihadistes de Raqqa de venir aider ceux de Mossoul ou de permettre aux djihadistes de Mossoul de s’enfuir vers Raqqa”, assure Didier François.

Empêcher les djihadistes de se rendre en Europe. La stratégie adoptée pour reprendre Raqqa est différente de celle choisie pour Mossoul. “La ville est dix fois plus petite”, note Didier François. “En revanche, il y aurait le même nombre de djihadistes à l’intérieur, avec d’ailleurs une forte proportion de djihadistes français”.

Sur Europe 1 dimanche, Jean-Yves Le Drian avait plaidé pour déclencher rapidement les opérations sur Raqqa. “La bataille contre le califat annoncé est en train de passer dans une phase majeure avec la bataille de Mossoul mais il y a un ensemble territorial qui englobe aussi Raqqa. C’est de Raqqa que sont venus les ordres et les orientations qui ont amenés le drame et la barbarie” du 13-Novembre”, avait-il déclaré.

Pour Didier François, cette offensive simultanée va permettre de “verrouiller les voies d’accès à la frontière turque et à l’Europe” et de “mettre le couvercle sur Raqqa pour empêcher les djihadistes de s’enfuir et d’aller perpétrer des attaques en France et en Europe”.

-Facebook attaqué en justice à Munich pour incitation à la haine

Facebook suscite en Allemagne de nombreuses polémiques. Le réseau social se voit reprocher de ne pas réagir ou pas assez rapidement pour supprimer des propos haineux sur son site. Le gouvernement fait pression sur le géant de l’Internet. Une nouvelle plainte vient d’être déposée et une enquête est ouverte pour «incitation à la haine» à Munich.

Ironie du calendrier, Facebook publie ce lundi matin dans différents journaux allemands des pages entières de publicité sur la protection des données privées. La confirmation par le parquet de Munich de l’ouverture d’une enquête contre le patron du réseau social, Marc Zuckerberg, ainsi que d’autres dirigeants, est elle moins flatteuse pour Facebook.

L’avocat allemand spécialisé dans ces dossiers et qui a déposé la plainte salue l’ouverture de cette enquête pour incitation à la haine, la dernière procédure qu’il avait engagée également en Allemagne ayant échoué il y a quelques mois.

Facebook juge les accusations infondées et affirme qu’il n’y a pas de place pour la haine sur son site. Pourtant, le géant de l’internet est régulièrement critiqué en Allemagne. Il se voit reprocher de ne pas effacer ou de façon trop parcimonieuse des propos haineux et racistes publiés en ligne. Des propos qui ont augmenté avec l’arrivée de nombreux réfugiés.

Le ministre de la Justice, tout comme Angela Merkel, ont demandé lors de rencontres avec les responsables de Facebook des améliorations, mais s’impatientent. Un proche de la chancelière a récemment proposé un système d’amendes si les propos haineux n’étaient pas supprimés assez rapidement.

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