Cinéma : Décès de Raoul Coutard, l’opérateur mythique de Godard, Truffaut et Schoendorffer

Il avait été l’opérateur de quelques-uns des grands films du cinéma français, dont “A bout de souffle”, de Jean-Luc Godard.

L’une des figures du cinéma français, Raoul Coutard, opérateur de Jean-Luc Godard, François Truffaut, Pierre Schoendorffer et Costa-Gavras, est décédé mardi soir à l’âge de 92 ans près de Bayonne. Il avait été l’opérateur de quelques-uns des grands films du cinéma français : “A bout de souffle”, de Jean-Luc Godard, film emblématique de “la Nouvelle Vague”, “Jules et Jim” de François Truffaut, “La 317e Section” et “Le Crabe-Tambour” de Pierre Schoendorffer, “Lola” de Jacques Demy, “L’aveu” et “Z” de Costa-Gavras. Atteint d’un longue maladie, il vivait depuis plusieurs années au Boucau, près de Bayonne.

Une longue collaboration avec Jean-Luc Godard. Après l’armée, il travaille comme photographe pour Paris-Match et Life, puis se lie avec le metteur en scène Pierre Schoendorffer pour ses premiers pas cinématographiques: il est ainsi l’opérateur de “La passe du Diable” (1958), “Ramuntcho” (1959) et “Pêcheur d’Islande” (1959). Son expérience de la Guerre d’Indochine sera au coeur de “La 317e Section”, réalisé en 1965.

En 1959, c’est le coup de tonnerre avec “A bout de souffle” et Jean-Luc Godard, ainsi que Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg dans les rôles principaux, le film qui marque la naissance de “La Nouvelle Vague”. Suivront avec Godard, 14 films au total, dont “Une femme est une femme”, avec Jeanne Moreau, Jean-Paul Belmondo et Anna Karina, “Le Mépris” avec Brigitte Bardot, “Le Petit soldat”, “Pierrot le Fou”, de nouveau avec Jean-Paul Belmondo, “La Chinoise”, “Alphaville”, avec Eddie Constantine.

Egalement réalisateur. Parallèlement, il est aussi l’opérateur de François Truffaut dans “Tirez sur le pianiste” (1960) avec Charles Aznavour, “Jules et Jim” (1961) avec Jeanne Moreau ou encore de Jacques Demy dans “Lola” (1960) avec Anouk Aimée. Viendront ensuite deux grands films avec Costa-Gavras : “Z” (1969) avec Yves Montand, sur la dictature des colonels en Grèce, et, en parallèle, “L’Aveu” (1970), sur le stalinisme et les procès de Prague, toujours avec Yves Montand. Comme metteur en scène, il avait réalisé “Hoa-Binh” (1970), sur la Guerre d’Indochine, et “La Légion saute sur Kolwezi” (1980).

-Vrai ou faux Caravage ? Une toile qui fait polémique exposée à Milan

Découvert dans les environs de Toulouse en 2014, “Judith et Holopherne” est une toile que de nombreux spécialistes attribuent à Caravage, mais des expertises sont toujours en cours.

La décision d’un grand musée italien d’exposer un tableau attribué au Caravage, découvert il y a deux ans dans une maison du sud de la France, ravive le débat sur l’authenticité de cette oeuvre qui divise les experts. “Notre volonté n’est pas de prendre partie dans ce débat mais plutôt de permettre une comparaison entre des œuvres contemporaines du Caravage”, a expliqué une porte-parole de la pinacothèque de Brera, à Milan.

Une authenticité de circonstance. À partir de jeudi et jusqu’au 5 février, le musée présentera Judith et Holopherne, une toile découverte par hasard en 2014 dans le grenier d’une maison de la région toulousaine (sud-ouest). L’oeuvre est attribuée au Caravage par plusieurs experts mais son authenticité est contestée par d’autres spécialistes. À la pinacothèque de Brera, la légende de la toile l’attribue au maître italien (1571-1610) mais une astérisque renvoie à une note plus nuancée sur le catalogue de l’exposition. Cette attribution “était la condition du prêt mais ne reflète pas nécessairement la position officielle du musée”, précise la note.

Un exercice comparatif ? La précision n’a pas suffi à calmer les esprits, certains spécialistes critiquant la décision du musée d’associer une authentique toile du Caravage à une oeuvre dont l’auteur n’est pas encore unanimement reconnu. Un membre du conseil consultatif du musée, l’historien de l’art Giovanni Agosti, a ainsi donné sa démission. Balayant toute polémique, le directeur du musée, James Bradburne a expliqué que le fait d’exposer un vrai tableau du Caravage à côté d’œuvres sur lesquelles il existe un doute était une occasion unique pour les historiens de l’art de “créer une nouvelle connaissance”.

L’avis des experts. Dévoilée officiellement en avril à Paris, Judith et Holopherne est une huile de grand format réalisée entre 1600 et 1610. “Oui, je dis que c’est un Caravage authentique parce que j’ai vu le tableau à plusieurs reprises”, avait alors déclaré Nicola Spinosa, expert mondialement reconnu du peintre lombard. Selon lui, la toile est passée entre les mains de plusieurs autres spécialistes, dont Keith Christiansen, président du département des peintures européennes au musée Metropolitan de New York.

Et tous sont affirmatifs : il s’agit bien d’un original.
Une conviction toutefois tempérée par d’autres connaisseurs de l’oeuvre du peintre, dont certains attribuent le tableau à Louis Finson, peintre flamand (1580-1617) contemporain du Caravage. Des expertises sont actuellement menées par des spécialistes internationaux, sous l’égide du musée du Louvre.

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