Ouverture de la tombe du Christ : “Ça a été un grand moment d’émotion”

Que renferme le tombeau du Christ ? Pour la première fois depuis près de deux siècles, le tombeau de Jésus à Jérusalem a été ouvert samedi, afin notamment d’être rénové. Surtout, l’opération va permettre aux scientifiques d’analyser les matériaux qui composent le tombeau et d’observer de près la surface rocheuse qui constitue le lit funéraire sur lequel, selon la tradition chrétienne, le corps du Christ a été déposé après la Crucifixion.

Un lieu fondateur. Une tradition qui remonte aux premiers temps du christianisme, explique au micro d’Europe Midi Jean-François Colosimo, historien des religions. “Lorsque l’empereur Constantin se convertit au christianisme en 312, il envoie sa mère Hélène sur les lieux saints, et elle identifie ce lieu comme le lieu où Jésus-Christ a été enterré. Pourquoi ? Parce qu’il y une communauté chrétienne depuis le Ier siècle à Jérusalem, et cette communauté garde le souvenir de ce lieu”, raconte-il.

Comme des poupées russes. Le tombeau est protégé par un double édifice, une petite structure de marbre, elle-même surmontée d’une église, le Saint-Sépulcre. “C’est une basilique. Et dans cette basilique, qui est une rotonde, il y a un endroit central que l’on appelle l’édicule, qui représente une grotte en marbre, et lorsque l’on rentre à l’intérieur de cet édicule, on tombe sur une dalle recouvrant le rocher où le Christ aurait été enterré”, détaille le spécialiste. “L’endroit est une carrière de pierres qui se trouvait à l’extérieur des murailles de Jérusalem, mais qui servait aussi de cimetière puisque l’on y creusait les tombes dans la roche”.

Querelles entre communautés. “Il faut savoir qu’il y a plusieurs Églises en présence dans le Saint-Sépulcre”, relève Jean-François Colosimo,” elles se disputent souvent les lieux, mais la préséance revient au patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem”. C’est donc une équipe de l’école polytechnique de Grèce qui conduit les travaux.

Les appareils électromagnétiques se sont affolés
“Ça a été un grand moment d’émotion quand cette dalle a été ouverte”, note l’historien. “La chef de l’équipe d’archéologues, Antonia Moropoulo, a déclaré que lorsque l’on a soulevé la dalle, tous les appareils électromagnétiques se sont affolés et certains ont même cessé de marcher.”

Le mystère de la Foi. “Il faut noter que le christianisme ne s’oppose pas à la science”, souligne encore Jean-François Colosimo. “Elle peut apporter des éléments de datation, des éléments de concordance, dire si cette attribution est de l’ordre du possible. […] Mais pour ce qui est de la Résurrection même du Christ, c’est une affaire de foi, bien sûr.”

-L’affaire des e-mails d’Hillary Clinton peut-elle lui coûter la Maison-Blanche ?
On la pensait jouer d’avance. L’élection américaine pourrait peut-être basculer après une nouvelle enquête du FBI sur les e-mails d’Hillary Clinton.

La relance surprise de l’affaire de sa messagerie personnelle place Hillary Clinton dans une situation délicate. Vendredi, James Comey, le directeur du FBI a annoncé dans une lettre au Congrès que ses enquêteurs avaient découvert de nouveaux messages potentiellement liés à l’affaire classée en juillet. Celle-ci concerne la messagerie privée que la candidate démocrate a utilisée pendant quatre ans au département d’Etat. Une pratique interdite qui aurait pu mettre en danger la sécurité nationale.

Le FBI n’a cependant pas encore regardé ces e-mails dans le détail. Il vient d’obtenir un mandat spécial pour enquêter. Si rien ne prouve pour l’instant que ces nouveaux courriels concernent directement Hillary Clinton, cette affaire pourrait bien faire basculer l’élection.

Pourquoi une simple affaire d’e-mails crée-t-elle autant de remous outre-Atlantique ?

C’est une question de principe. Plus que la pratique en elle-même, c’est l’attitude d’Hillary Clinton vis-à-vis de la loi qui est ici dénoncée. “Pour les Américains cette affaire prouve que l’ancienne secrétaire d’Etat se moque de la loi et l’adapte pour elle”, analyse Jean-Eric Branaa, maître de conférence en politique à Paris 2-Assas, spécialiste de États-Unis.” Or, aux États-Unis on ne transige pas avec la loi. Les citoyens doivent l’appliquer à la lettre et cela tient aussi pour les élus.”

Visée par une enquête, Hillary Clinton peut-elle toujours être candidate ?

Aujourd’hui, la candidate démocrate est visée par une enquête. Elle n’est ni mise en examen, ni condamnée et il est peu probable qu’elle le soit d’ici le 8 novembre. Légalement, elle a donc le droit de se présenter à l’élection présidentielle. Dans les faits, il est également trop tard pour qu’elle ne soit plus candidate. “Son nom est sur tous les bureaux de vote, et environ 10 {4dc923cd63e751b42aa703ccc2cfc295a40edc50c57eadfcd3f2310cf389fcf9} des Américains ont déjà voté de manière anticipée. Hillary Clinton est candidate quoi qu’il arrive”, assure Jean-Eric Branaa.

Cette affaire peut elle l’empêcher d’être élue ?

“Oui, si les électeurs votent par passion. Beaucoup de citoyens américains n’en peuvent plus. Les deux candidats sont particulièrement impopulaires”, note le spécialiste des États-Unis. La Floride, l’un des États indécis a basculé rapidement pour Donald Trump après la révélation du directeur du FBI vendredi. Dimanche, Donald Trump était à 46{4dc923cd63e751b42aa703ccc2cfc295a40edc50c57eadfcd3f2310cf389fcf9} des intentions de vote dans cet Etat du sud contre 42{4dc923cd63e751b42aa703ccc2cfc295a40edc50c57eadfcd3f2310cf389fcf9} pour Hillary Clinton, selon un sondage New York Times Upshot/Siena College.

“On est dans une guerre des tranchées. Les Américains votent, avec en tête, le mur de Trump et les e-mails de Clinton. Ils votent sur la forme plus que sur le fond”, ajoute Jean-Eric Branaa. Et malgré les affaires que Donald Trump traîne comme des boulets – les impôts fédéraux qu’il n’aurait pas payé depuis près de 20 ans, les accusations d’agressions sexuelles – les électeurs continuent de voir en lui une figure anti-système. “Dès le début de sa campagne Donald Trump s’est placé dans une posture de gentil, du côté du peuple, contre les politiciens, c’est cela sa force. Rien ne prend vraiment avec Donald Trump. C’est ce que j’ai appelé la grande Trumperie”, décrypte le spécialiste.

Toutefois, selon Vincent Michelot, spécialiste de l’histoire politique des États-Unis, si cette affaire peut avoir un léger effet dans les urnes, elle ne devrait pas être dévastatrice pour la candidate démocrate. “Certains Américains se sont déjà faits leur opinion. Et ils sont plusieurs millions à avoir déjà voté”, nuance-t-il.

En cas de victoire, Hillary Clinton pourra-t-elle être destituée si l’enquête conclut à sa culpabilité ?

Ce serait uniquement une volonté politique. Hillary Clinton présidente peut se retrouver face à une Chambre des représentants composée d’élus républicains très remontés. “Ils peuvent faire voter l’impeachment, une mise en accusation qui, dans certains cas, aboutit à la destitution. Mais pour être effective, cette procédure doit être validée par le Sénat qui agirait alors comme une cour de justice et organiserait le procès”, détaille le maître de conférence. Cela dépendra donc de la volonté politique des sénateurs.

-États-Unis: la mairie de New York en campagne contre l’islamophobie
La mairie de New York a lancé à la fin du mois de septembre dernier une campagne contre l’islamophobie. Elle a utilisé les réseaux sociaux pour promouvoir la diversité de la ville et dénoncer les discriminations dont les musulmans sont victimes du fait du climat politique ambiant aux États-Unis. Et cela juste après l’attentat dans le quartier de Chelsea à New York qui avait fait une trentaine de blessés en septembre et le meurtre d’un imam et de son assistant dans le Queens au mois d’août.

Depuis le début de la campagne présidentielle et les propos du candidat républicain Donald Trump extrêmement virulents, la parole « anti-musulmans » s’est libérée aux États-Unis et se déverse à longueur de tweets ou de posts sur les réseaux sociaux. La mairie de New York et surtout Bill de Blasio, ont donc eu l’idée de lancer une contre-offensive avec cette campagne qui cible spécifiquement la communauté musulmane.

Visible uniquement sur Instagram, Twitter et Facebook, cette campagne met en avant cinq portraits de new-yorkais de confession musulmane : l’une des femmes est voilée, l’autre non. Un des hommes est noir, l’autre porte la barbe. L’idée est de casser les préjugés et les stéréotypes sur les musulmans. Les photos sont accompagnées d’un petit texte qui pourrait se résumer à « tous différent/ tous Newyorkais » et qui rappelle que la discrimination est illégale. Évidemment; la mairie de New York invite les utilisateurs à partager cette campagne sous le hashtag#IammuslimNYC, c’est-à-dire «je suis musulman de New York».

La mairie de New York , qui ne va pas dire autre chose évidemment, assure que cette campagne a touché des millions de personnes. De l’autre, des chiffres assez faciles à vérifier de partages et de retweets. Il suffit d’abord de taper le hashtag #IammuslimNYC pour se rendre compte que la campagne n’est absolument pas devenue virale alors qu’elle a été lancée il y a un mois maintenant. Au mieux, certaines des photos ont été retweetées ou postées entre 200 et 300 fois.

La communauté musulmane à New York compte entre 500 000 et 600 000 personnes. Et puis il y a des sites qui vous permettent une analyse moins empirique et les chiffres sont formels : au mieux, la circulation de cette campagne a touché 11 000 personnes. Onze utilisateurs se sont évertués à partager cette campagne et bien sûr, il s’agit notamment de la mairie de NY et de sa commissaire aux droits de l’homme.

#IammuslimNYC, une campagne qui fait un flop

Les chiffres sont très décevants et pour une raison principale résumée en un tweetlaconique d’une militante : « beaux visuels, une belle intention mais la cible n’a pas été atteinte… » La preuve, c’est que cette campagne a été vue et partagée principalement par les associations américano-musulmanes ou au contraire par des militants tendance droite extrême qui n’hésitent pas à parodier le hashtag avec des images associées au 11 septembre 2001.

-Italie : le séisme a fait des milliers de sinistrés
Après avoir été frappés par un nouveau séisme dimanche, les habitants des régions sinistrées sont pris en charge par milliers par la protection civile italienne.

Ils ont passé leur première nuit dehors. Des milliers de personnes ont été chassées de leur maison dans le centre de l’Italie par le tremblement de terre le plus puissant depuis 1980. Ils ont grossi les rangs des milliers d’autres déjà frappés par deux puissants séismes fin août et mercredi dernier, dans cette même région montagneuse du centre de la péninsule, une des nombreuses zones sismiques à risque de l’Italie.

La protection civile a indiqué lundi être venue en aide à plus de 15.000 personnes, frappées dimanche par ce séisme de magnitude 6,5 dont l’épicentre se trouvait à six km au nord de Norcia, bourgade pittoresque classée parmi les 150 plus beaux villages du pays.

Des conteneurs pour loger la population. Quelque 1.100 personnes sont toujours hébergées dans des structures d’urgence depuis le 24 août, mais les estimations dans la presse italienne vont de 30 à 40.000 personnes désormais sans toit. Beaucoup ont préféré dormir dans leur voiture plutôt que de prendre le risque de s’éloigner, mais les nuits sont froides dans cette région de montagne, et les autorités cherchent à convaincre tout le monde de quitter les lieux, au moins provisoirement.

Conscient de la volonté de nombreuses personnes de rester sur place, le chef du gouvernement Matteo Renzi a annoncé lundi soir l’envoi de conteneurs pour loger la population, et permettre aux gens d’attendre le printemps 2017 où ils seront alors logés dans des maisons en bois en attendant la véritable reconstruction.

Une facture salée. A Norcia beaucoup de maisons sont encore debout, mais les autorités doivent les inspecter une par une. Un travail long et minutieux déjà entamé après le séisme mercredi et qu’il faut reprendre à zéro. Dimanche, Matteo Renzi avait promis devant la presse que “chaque église, chaque maison, chaque magasin” seraient reconstruits.

La semaine dernière, le gouvernement avait débloqué en urgence 40 millions d’euros, mais le coût total de cette reconstruction, dans une zone qui s’est considérablement élargie depuis fin août, devrait atteindre plusieurs milliards d’euros.

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