Tchad: Idriss Déby investi pour un cinquième mandat dans un climat tendu

Au pouvoir depuis 26 ans, le président tchadien Idriss Déby a été investi ce lundi matin au poste de président de la République pour un cinquième mandat. Une quinzaine de chefs d’Etat africains et le ministre français de la Défense ont participé à cette cérémonie à Ndjamena. La cérémonie s’est déroulée sous haute sécurité.
Idriss Déby a lu pour commencer l’article 66 de la Constitution au terme duquel il a prêté serment pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête du Tchad. Il a ensuite prononcé un discours programme pour les cinq années à venir devant les quatorze chefs d’Etat et de gouvernement.

Etaient invités à la cérémonie : l’Ougandais Yoweri Museveni, le Soudanais Omar el-Béchir, le Congolais Joseph Kabila, le Guinéen Alpha Condé, le Nigérien Mahamadou Issoufou, le Rwandais Paul Kagamé, le Malien Ibrahim Boubacar Keïta, le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, le Béninois Patrice Talon et le Nigérian Muhammadu Buhari.

Etaient également présents à Ndjamena le Centrafricain Faustin-Archange Touadéra, l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang, le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et le ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian.

Les appels à la sécurité régionale sont revenus assez souvent dans le discours du président tchadien et aussi sur le plan intérieur, le développement de l’agriculture. Mais en introduction de ce que sera son programme, le président tchadien a tenu à rappeler le contexte tendu dans lequel se passe cette investiture. Il a parlé de concorde nationale et a tenu à rappeler qu’ « à partir d’aujourd’hui malgré ce qui s’est passé, je reste le président de tous les Tchadiens ».

Ce qui doit ressembler donc à un appel à l’apaisement en direction de l’opposition. L’opposition qui a maintenu son opération journée « ville morte ». Dimanche, un jeune Tchadien a été tué par balle alors qu’il manifestait à NDjamena à l’appel de l’opposition. Un rassemblement qui avait été interdit par le pouvoir.

L’opposition conteste la réélection de Idriss Déby au premier tour de la présidentielle en avril dernier avec près de 60{4dc923cd63e751b42aa703ccc2cfc295a40edc50c57eadfcd3f2310cf389fcf9} des voix, loin devant son premier poursuivant, Saleh Kebzabo (12,77{4dc923cd63e751b42aa703ccc2cfc295a40edc50c57eadfcd3f2310cf389fcf9}. Une élection que l’opposition qualifie de « hold-up » électoral.

-Pakistan: attentat meurtrier dans un hôpital revendiqué par les talibans
Plus de 70 personnes ont été tuées et des dizaines ont été blessées ce lundi lorsqu’un kamikaze taliban a fait détonner sa charge explosive au milieu d’une foule en deuil devant un hôpital à Quetta, la capitale de la province instable du Baloutchistan dans le sud-ouest du Pakistan. Le groupe jihadiste Jamaat-ul-Ahrar, branche pakistanaise des talibans, a revendiqué l’attaque.

Le terroriste a déclenché sa bombe au moment où une cinquantaine de personnes, en majorité des avocats, rentraient dans le service des urgences pour accompagner la dépouille du bâtonnier du Balouchistan, assassiné ce lundi matin par des inconnus alors qu’il sortait de chez lui.

Le Premier ministre Nawaz Sharif, qui s’est rendu sur place, a condamné l’attentat. « Nous ne laisserons personne troubler dans cette province la paix qui y a été restaurée grâce aux nombreux sacrifices des forces de sécurité, de la police et du peuple », a-t-il indiqué selon un communiqué de son bureau. L’armée a été déployée dans les hôpitaux de Quetta.

« Le bilan a atteint 70 morts et 112 blessés », a indiqué à la presse le Dr Massoud Nausherwani, chef des services de Santé du Baloutchistan.

Revendication

L’attentat a été revendiqué par voie électronique par le groupe Jamaat-ul-Ahrar dissident des talibans Pakistanais. Ce groupe a pu par le passé revendiquer des attentats qu’il n’avait pas commis. « Le Tehreek-e-Taliban Pakistan Jamaat-ur-Ahrar (TTP-JA) revendique cet attentat et s’engage à continuer à mener ce genre d’attaque. Nous publierons bientôt une vidéo à ce sujet », a déclaré son porte-parole, Ehsanullah Ehsan, dans le communiqué.

Jamaat-ul-Ahrar a prêté allégeance à l’organisation Etat islamique, et c’est lui qui a revendiqué l’attentat de mars dernier dans un parc à Lahore, qui avait fait 70 morts, en majorité des femmes et des enfants. Le groupe terroriste a promis ce lundi de multiplier les attaques « jusqu’à l’instauration d’un système islamique au Pakistan ».

En 2010, dans la ville de Karachi dans le sud, un attentat avait déjà fait 13 morts en suivant le même mode opératoire : les proches de victimes d’une autre attaque venaient voir les blessés à l’hôpital lorsqu’une bombe avait explosé.

Le Balouchistan, frontalier de l’Iran et de l’Afghanistan, fait l’objet d’attentats ciblés depuis plus de dix ans. Cette province abrite une rébellion séparatiste, mais aussi des talibans, sans parler des violences entre sunnites et chiites.

Les avocats réagissent

« Nous venons de nous réunir à la Haute Cour de Lahore et nous avons décidé de manifester contre ce qui s’est passé à Quetta, et nous appelons à la grève des avocats, parce que ce genre d’incident n’avait jusqu’ici jamais visé des avocats. Et les avocats dans tout le Pakistan vont aussi manifester. Le gouvernement n’a donné absolument aucune protection à la communauté des avocats. Nous pensons qu’il s’agit d’une attaque planifiée, ce meurtre du président du barreau de Quetta et ensuite celui des avocats qui étaient venus le voir à l’hôpital. Le gouvernement doit comprendre que c’était planifié », a déclaré l’ancien président du barreau de Lahore.

-En Allemagne, un touriste Chinois devient demandeur d’asile malgré lui
Un touriste chinois a fait par erreur un séjour dans un foyer de réfugiés avant de reprendre son voyage à travers l’Europe. Une histoire insolite.

Ce touriste chinois qui voyageait seul n’avait pas réservé cette option pour son voyage à travers l’Europe. A l’arrivée, il a pu découvrir l’efficacité à tous crins de la bureaucratie allemande et profité durant 12 jours d’un hébergement gratuit au confort certes sommaire.

L’homme qui ne parle ni allemand, ni anglais s’était fait voler son portefeuille. Pour des raisons obscures, il s’est retrouvé non pas à la police, mais dans un service de la mairie de Heidelberg où de fil en aiguille, on lui a fait signer une demande d’asile. « Il a mis une machinerie en marche d’où il n’a pas pu sortir », raconte le responsable de la Croix-Rouge gérant le foyer de réfugiés près de Dortmund où il finit par arriver..

D’autres auraient fait un scandale. Le touriste chinois reste placide et poli. Quelques jours plus tard, le responsable du foyer trouve que ce monsieur bien mis détonne. Une application sur son téléphone portable traduit du mandarin vers l’allemand : « Je veux marcher à l’étranger ». En clair « je veux poursuivre mon voyage en France et en Italie ».

Commencent alors des recherches compliquées, car le visa du touriste n’avait pas été placé dans le bon dossier. Le demandeur d’asile malgré lui a pu poursuivre son voyage sans râler en ajoutant juste : « Je m’étais imaginé l’Europe autrement ».

-Etats-Unis: les soutiens de Trump tentent de décrédibiliser Hillary Clinton
Aux Etats-Unis, les spots télévisés sont un élément incontournable des campagnes électorales. Hillary Clinton a ainsi déjà dépensé 60 millions de dollars, et prévoit d’en investir 100 millions de plus d’ici novembre. Donald Trump, qui a longtemps eu du mal à financer sa campagne, n’a pas encore eu recours à ces mini-films. Mais ses groupes de soutien, les super PAC, le font à sa place, non pour défendre son programme, mais pour attaquer Hillary Clinton. Cette semaine, démarre ainsi la diffusion d’un spot sur l’enrichissement, sous-entendu frauduleux, de la candidate démocrate.

Donald Trump joue de son image de businessman accompli, mais il pourrait être moins riche que ce qu’il prétend. A l’inverse, les Clinton n’ont aucun intérêt à étaler leur confort financier : ils n’ont jamais travaillé dans le privé. Et puis il y a leur fondation, à but humanitaire, écologique et philanthropique, qui reçoit des fonds controversés, de l’Arabie saoudite, d’Oman ou du Qatar.

Alors justement, un groupe de soutien à Trump s’engouffre dans la brèche avec une vidéo de 28 secondes. Le clip commence avec une interview d’Hillary Clinton, juste après qu’elle ait quitté la Maison Blanche. L’ex-première dame affirme que le couple est alors endetté, et une voix off enchaîne. « Cela n’a pas duré longtemps. Une fondation a été créée, et l’argent a commencé a afflué. Conférences, connexions et donations. Régimes misogynes, membres de Wall Street, dictateurs corrompus. Ils ont tous eu quelque chose en commun : leur argent a été accepté. Les Clinton possèdent désormais plus de 100 millions de dollars ».

Que les Clinton aient fait fructifier leur situation depuis 15 ans, c’est indéniable. Que leur patrimoine s’élève aujourd’hui à 100 millions de dollars, c’est, selon plusieurs études, très exagéré. Le groupe de soutien à Trump est, lui, prêt à investir 3 millions de dollars pour la diffusion nationale de ce clip, et surtout pour le marteler dans trois Etats-clés disputés : l’Ohio, la Caroline du Nord et la Floride.

-Jour du dépassement: les ressources annuelles de la Terre sont épuisées
L’overshoot day (« jour du dépassement ») de 2016 tombe ce lundi 8 août. Il s’agit du jour où l’humanité a consommé la totalité des ressources que la planète Terre peut renouveler en un an. Selon l’ONG Global Footprint Network, qui a réalisé ce calcul, nous vivrons à crédit jusqu’au 31 décembre prochain.
La Terre pressée comme un citron. C’est l’image utilisée par l’ONG environnementale Global Footprint pour alerter sur ce « jour du dépassement ». Il intervient de plus en plus tôt dans l’année. En 2015, l’overshoot day était intervenu le 13 août soit cinq jours plus tard que cette année. Quand on regarde un peu plus loin dans le rétroviseur, le constat est effrayant. En 1970, l’humanité n’avait épuisé les ressources annuelles de la Terre que le 23 décembre.

Nous consommons donc chaque année de plus en plus les ressources naturelles de notre planète. « Pour subvenir à nos besoins, nous avons aujourd’hui besoin de l’équivalent de 1,6 planète » par an, relèvent Global Footprint et WWF. Ce que révèle ce calcul, c’est qu’en huit mois, les hommes ont émis plus de carbone que ce que les océans et les forêts ne peuvent absorber en un an, ils ont pêché plus de poissons, coupé plus d’arbres, fait plus de récoltes, et consommé plus d’eau que ce que la Terre peut produire sur cette même période.

« Nous mangeons de plus en plus de viandes et de poissons »

Si les ressources renouvelables se font de plus en plus rares, c’est parce que « l’on consomme de plus en plus du fait de l’augmentation de la population », explique Arnaud Gauffier, responsable agriculture et alimentation au WWF France (Fond mondial pour la nature), « nous mangeons de plus en plus de viandes et de poissons. Les modes de production de notre alimentation ont aussi un énorme impact sur la planète ».

Le calcul de l’overshoot day sert principalement à marquer les esprits. Car, là encore les émissions, de CO2 sont les principales responsables de ce dépassement prématuré. Des émissions de gaz à effets de serre que la communauté internationale s’était engagée à réduire lors de la COP 21 en décembre dernier.

« Il y a aussi des raisons d’y croire », souligne Arnaud Gauffier, « si ces engagements sont mis en oeuvre, en 2030, le jour du dépassement pourrait intervenir le 16 septembre ». Au contraire, si les émissions mondiales de CO2 ne diminuent pas l’humanité aura englouti son « budget écologique » dès le 28 juin 2030.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

For security, use of Google's reCAPTCHA service is required which is subject to the Google Privacy Policy and Terms of Use.

I agree to these terms.