L’ouverture vers Cuba: une promesse d’Obama, un symbole pour sa fin de mandat

Barack Obama est à La Havane pour un voyage qui marquera l’Histoire, après plus de 50 ans d’embargo américain sur l’île voisine. Depuis l’annonce de la reprise des relations entre les Etats-Unis et Cuba en décembre 2014, les choses se sont accélérées : voyages facilités, échanges financiers accrus, et bientôt reprise des vols quotidiens et des liaisons par ferries.

C’est sous des trombes d’eau que Barack Obama est arrivé à La Havane ce dimanche, mais les Cubains disent que c’est de bon augure. Et le président américain a bien besoin de ce présage car les enjeux sont importants en termes de politique intérieure américaine : c’est un voyage qu’il accomplit contre sa majorité républicaine au Congrès, contre les candidats conservateurs unanimes, qui ont promis de revenir sur cette ouverture avec Cuba s’ils sont élus en 2016.

Et ce, même si les opérateurs économiques n’y croient pas. Tous les hommes d’affaires rencontrés estiment que le rapprochement avec Cuba, après 50 ans d’un embargo très dur et inefficace, est irréversible.

A Miami en Floride, plusieurs compagnies de ferries ont par exemple reçu l’autorisation de rétablir les liaisons avec la Havane. Les négociations avec les Cubains ont beaucoup avancé, restent les infrastructures à terminer. Daniel Berrebi est le président de la compagnie Baja Ferries, il a obtenu la licence n°1 et pour lui, les mentalités ont changé : « Il y a quatre ou cinq ans, on a décidé de sortir et de mettre un autocollant sur toutes les voitures qui acceptaient, disant “ferry ici”. On s’est dit : on va voir combien de voitures vont être cassées. Et non, pas de tout. Les gens nous arrêtaient : “Ah bon il y a le ferry, mais quand est-ce qu’il commence ? C’est fantastique.” Et petit à petit, on a senti cet effort monter et c’est vrai qu’il n’y a pas un jour où on n’a pas un appel de gens qui [veulent] savoir quand est-ce que le ferry commence. »

L’appui de l’opinion

En effet, dans la communauté cubaine, on est majoritairement favorable à cette ouverture. Le dernier sondage de l’université de Floride montre que 75{4dc923cd63e751b42aa703ccc2cfc295a40edc50c57eadfcd3f2310cf389fcf9} des Cubains américains se prononcent en faveur du rapprochement avec La Havane. C’est la démographie qui parle : les jeunes d’origine cubaine sont nés après le début de l’embargo et ils ne comprennent pas cette situation. Ils se rangent du côté de l’ouverture et l’on peut dire que le président des Etats-Unis a l’opinion avec lui.

Mais c’est une promesse que Barack Obama a bien failli ne pas pouvoir tenir. Les négociations avaient avancé en 2009, mais Alan Gross, cet ancien agent de l’USAID, l’Agence américaine pour le développement international, a été emprisonné par les Cubains pour espionnage, et il a fallu tout recommencer à zéro.

Ce rapprochement avec Cuba est un symbole, un concentré de sa philosophie de politique étrangère. C’est le multilatéralisme et la négociation avant tout. Ce n’est pas un coup de tête mais l’aboutissement d’une réflexion.

Barack Obama souhaitait rester dans l’Histoire comme le président qui en a fini avec une politique qu’il juge absurde. Il souhaitait laisser l’image du premier président américain sur le sol cubain, c’est fait. Et les critiques des républicains – pas de tous d’ailleurs- ne l’ont pas du tout déstabilisé…

-CPI: Jean-Pierre Bemba coupable de crimes contre l’humanité, un verdict inédit

Jean-Pierre Bemba a été déclaré coupable par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Le chef du Mouvement de libération du Congo (MLC) a été reconnu responsable de meurtres, pillages et viols commis par ses troupes en Centrafrique, parties soutenir le régime chancelant du président centrafricain de l’époque, Ange-Felix Patassé, entre octobre 2002 et mars 2003. Quatorze ans après les faits, six ans après le début du procès, ce verdict était très attendu. La procureure Bensouda a qualifié le jugement d’« historique ».

A l’énoncé du verdict, Jean-Pierre Bemba est resté de marbre, dans la même position que durant l’heure et quart qu’a duré la lecture du jugement. Bras croisés, attentif, il n’a pas sourcillé quand le juge l’a reconnu coupable de cinq chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Il aura fallu près d’un an et demi à la Chambre pour délibérer. Il faut dire que c’est la première fois que la CPI devait déterminer la responsabilité pénale d’un accusé, en tant que commandant militaire, pour les crimes commis par ses troupes dans un pays tiers. « Un jugement historique », a même déclaré Fatou Bensouda, procureure de la CPI.

Car, durant les cinq mois de 2002-2003 durant lesquels les hommes du MLC avaient commis meurtres, viols et pillages en Centrafrique, Jean-Pierre Bemba était, lui, basé en République démocratique du Congo (RDC). Mais la Cour a jugé qu’il avait bien le contrôle et l’autorité effectifs sur ses hommes, qu’il était informé de leurs crimes, mais qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour empêcher ces crimes ou en punir les auteurs.

C’est un verdict inédit qui pourrait donc faire jurisprudence, s’il est confirmé, car les avocats de la défense ont trois mois pour faire appel et ce n’est qu’une fois le jugement confirmé que les juges détermineront la peine à appliquer à Jean-Pierre Bemba.

Dans l’intervalle, l’ancien vice-président de RDC n’en a pas fini avec les procédures à la CPI puisqu’il est depuis septembre dernier en procès dans un second dossier : avec quatre co-accusés, dont son avocat Maître Kilolo, il est accusé de subornation de quatorze témoins de l’affaire pour laquelle il vient d’être condamné.

-Une fuite dans la presse aurait précipité l’arrestation d’Abdeslam

L’Obs a révélé, vendredi , que des empreintes digitales de Salah Abdeslam avaient été découvertes dans l’appartement perquisitionné à Forest, et qu’il serait peut-être l’une des deux personnes qui auraient pris la fuite mardi. La police belge a dû réagir rapidement et lancé l’assaut au pire horaire, 16h30, juste à côté d’une école dans une rue bondée. On a évité le pire, assure Claude Fontaine, directeur général de la police judiciaire belge.

Le directeur général de la police judiciaire belge est formel : si l’intervention de la police du Royaume pour arrêter Salah Abdeslam s’est déroulée vendredi après-midi, et non samedi matin, comme les forces de l’ordre le souhaitaient, c’est à cause des révélations de L’Obset de la chaîne belge VTM.

« C’est vrai qu’une information publiée beaucoup trop tôt dans la presse nous a causé quelques soucis. Maintenant, nous sommes des professionnels, donc on anticipe les évènements », relativise-t-il quand même, au micro de RFI.

Mais le patron de la police judicaire de fustiger « l’irresponsabilité » d’une « certaine presse »  : « On offre sur l’autel de l’audimat la sécurité de mon personnel, et ça je n’accepte pas, et la sécurité publique de la population. Vous savez qu’une des hypothèses sur laquelle on travaillait, et c’est celle qui a retenu notre attention sur la décision qui a dû être prise dans le cas l’interpellations de ces personnes, c’est le fait qu’elles pouvaient sortir avec une ceinture d’explosifs et mettre non seulement les policiers en danger, mais également la population environnante. Mais qu’est-ce qu’on veut ? On veut des résultats. Le résultat, on l’a. Alors il faut nous aider à obtenir le résultat. »

D’où la question des policiers : « Si la présence de la presse, anticipée par rapport à l’intervention, a pour conséquence que les personnes que l’on souhaite interpeller disparaissent dans la nature, qu’est-ce qu’on nous dira le lendemain ? Ça fait quatre mois qu’ils sont là, et vous n’êtes pas capables de les trouver ? »

Salah Abdeslam, arrêté vendredi, a passé sa première nuit en prison en Belgique où,malgré son refus, les procédures nécessaires à son transfèrement vers la France vont se poursuivre. Selon le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, le suspect clé des attentat du 13 novembre à Paris préparait sans doute une action à partir de la capitale belge, avec un « nouveau réseau ».

-L’accord est entré en vigueur, mais les migrants continuent d’arriver en Grèce

Tous les migrants arrivés en Grèce depuis ce dimanche sont désormais susceptibles d’être renvoyés en Turquie. L’accord passé entre la Turquie et l’Union européenne est entré en vigueur. Selon la chancelière allemande, Angela Merkel, aucun renvoi n’aura lieu avant le 4 avril. En attendant, les migrants continuent pourtant d’arriver sur les îles grecques et Athènes a prévenu qu’il faudrait du temps pour s’organiser.

Dans l’après-midi, dimanche, rien que sur l’île de Lesbos, 800 personnes avaient débarqué. Selon la police grecque, ces traversées ont fait quatre morts en mer Egée. Parmi eux, deux fillettes d’environ un et deux ans. Des migrants qui continuent d’être enregistrés normalement avant la mise en place de la nouvelle procédure qui devra permettre d’identifier ceux qui seront renvoyés en Turquie, selon l’accord conclu le 18 mars par l’Union européenne et la Turquie.

Les réfugiés arrivés avant le 20 mars doivent quant à eux quitter les îles. Mais beaucoup restent méfiants. Un ferry spécialement affrété par le gouvernement est parti à moitié plein de Lesbos ce dimanche, avec 1 400 personnes à bord. Un jeune Syrien présent dans un camp de cette île explique que beaucoup craignent d’être envoyés dans des camps fermés ou de perdre le fil de leur demande de relocalisation ou de réunification familiale débutée à Lesbos.

Sur place, les autorités tentent de leur expliquer que tout continuera comme prévu pour eux, mais depuis le continent. Parallèlement, sur place, la police tente de convaincre les nationalités qui sont considérées comme migrants économiques de se faire enregistrer elles aussi. Beaucoup refusaient jusqu’ici par crainte d’être enfermés dans des centres de rétention pour migrants et d’être renvoyés dans leur pays.

-Russie: la lecture du verdict du procès de la pilote ukrainienne a commencé

Elle s’appelle Nadia Savtchenko et son dossier empoisonne les relations déjà tendues entre Kiev et Moscou. La pilote d’hélicoptère de 34 ans, militaire ukrainienne est accusée par la justice russe du meurtre de deux journalistes russes dans l’est séparatiste de l’Ukraine. Elle risque plus de 20 ans de prison pour ces accusations qu’elle nie en bloc. Kiev et les Occidentaux dénoncent un procès politique orchestré par le Kremlin.

Le juge a confirmé ce lundi 21 mars les accusations contre la pilote ukrainienne : « motivée par la haine, Nadia Savtchenko et un groupe de personnes ont perpétré le meurtre des deux journalistes Igor Korneliouk et Anton Volochine ». Dans la procédure russe, le juge doit relire l’ensemble de la procédure avant de prononcer le verdict. Avant la pause de 13h, il a lu 27 pages sur 300. L’audience a été suspendue et reprendra mardi matin.

Les avocats ne se font aucune illusion, même s’ils notent que le juge emploie beaucoup le conditionnel, quand il évoque l’implication de Nadia Savchenko dans la mort des deux journalistes russes.

La jeune femme est apparue, inflexible, comme à son habitude : « j’ai le droit de tout faire, même de mourir », a-t-elle lancé au tribunal avant la suspension de l’audience. Selon l’un de ces avocats, elle se porte plutôt bien, malgré deux semaines de grève de la faim.

L’accusée amaigrie mais présente au tribunal de Donetsk

Nadia Savtchenko est arrivée dans le petit tribunal de Donetsk, petite ville du sud de la Russie, deux heures avant le début du procès. Portant son habituel T-shirt blanc avec le trident symbole de l’Ukraine, elle est apparue amaigrie, mais plutôt en forme malgré la grève de la faim qu’elle suit depuis plus de deux semaines. Sa sœur est présente, ainsi que le consul ukrainien et le conseiller de presse de la présidence ukrainienne. Plusieurs diplomates de l’Union européenne, notamment britanniques, espagnols, francais, allemands, polonais assistent aussi au procès ainsi que des représentants de la Suisse et de la Commission européenne.

Le procès se déroule sous haute sécurité. La rue où se trouve le tribunal est barrée, et les forces de l’ordre patrouillent avec des chiens. Devant le tribunal quelques dizaines de manifestants brandissent le portrait des journalistes tués, et exigent un verdict sévère. A Moscou, interrogé par la presse, le porte-parole du Kremlin a affirmé qu’il ne ferait pas de commentaire avant l’énoncé du verdict.

La saga Nadia Savtchenko vue de Kiev

A Kiev, le procès russe a été dénoncé depuis le début comme un cas de persécution politique, raconte notre correspondant en UkraineSébastien Gobert. L’avocat de Nadia Savtchenko est lui persuadé qu’elle sera condamnée, mardi ou mercredi, à plus d’une dizaine d’années de prison. La femme du président ukrainien, Marina Porochenko, a d’ores et déjà appelé à l’aide la Première Dame des Etats-Unis, Michelle Obama, pour atténuer la peine de la pilote ukrainienne.

On évoque les possibilités d’une grâce présidentielle de la part de Vladimir Poutine, ou encore d’un échange de prisonnier de guerre. Mais en commençant la lecture de son verdict, le juge russe a insisté sur la haine politique de Nadia Savtchenko dans l’exécution des crimes qui lui sont reprochés, ce qui présage d’une lourde sentence.

Nadia Savtchenko, un enjeu diplomatique

Aussi, en Ukraine, les espoirs sont bien maigres d’une libération de Nadia Savtchenko, ainsi que d’autres prisonniers politiques ukrainiens, qui sont désormais considérés comme des héros nationaux. Comme un signe de représailles, les Ukrainiens affirment eux enquêter sur une centaine de soldats russes impliqués dans la guerre dans l’est de l’Ukraine.

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